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17/05/2009

Mon sosie jouit-il plus que moi-même ?

"En 1923, Joseph CAPGRAS et Jean REBOUL-LACHAUX avaient isolé un syndrome très curieux, qu'ils ont appelé syndrome d'illusion des sosies. Pour arriver au syndrome d'illusion des sosies, Capgras avait remarqué chez une persécutée délirante, un petit quelque chose qui l'avait retenu. Il disait voilà, c'est une persécutée, mégalomane, délire de persécution et de grandeur, tout cela c'est classique, mais il y a quelque chose qui ne colle pas dans ce genre de tableau, c'est que cette femme à chaque fois qu'on lui présente la même personne, elle dit : 'C'est pas la même personne, je reconnais les traits, c'est à peu près le même visage, c'est à peu près la même apparence, mais en réalité, ce n'est pas la même personne c'est un sosie'."

"Dans le syndrome d'illusion des sosies, au fond, ce que les psychiatres ont repéré c'est quelque chose comme : le même est toujours autre. C'est assez caractéristique, la patiente du cas princeps d'illusion des sosies, on lui présenta sa fille cent fois dans la journée, et elle disait : 'J'ai eu affaire à cent sosies différents de ma fille, ce n'est pas ma fille, c'est un sosie'."

A contrario, "ce qui caractérise le névrosé, c'est que la réalité qu'il connaît, il la reconnaît au prix de ne rien identifier. Et il est vrai que notre rapport à la réalité n'est supportable qu'à la condition d'être fondamentalement, on peut dire ça comme ça, abruti. Il faut que nous soyons relativement abrutis pour supporter la réalité. Vous savez que Lacan désigne cela sous des termes spécifiques mais très précis, puisque ce que nous refoulons, ce que nous tempérons ainsi, en identifiant jamais rien ou si peu dans la réalité, c'est ce que Lacan appelait la jouissance. La jouissance, ce n'est pas du tout quelque chose qui nous est familier, contrairement d'ailleurs à ce que pourrait nous laisser croire l'époque dans laquelle nous vivons, une époque, qui, pour des raisons complexes, qui tiennent aux modalités contemporaines du marché, de l'échange, du commerce, etc., nous vivons une époque qui tendrait plutôt à dire au sujet: 'Eh bien vas-y, tu peux jouir, tu peux jouir autant que tu veux !' On pourrait penser que cet impératif est un impératif plaisant, agréable. En réalité, il n'en est rien. Nous constatons en clinique, aussi bien chez chacun qu'à l'échelle sociale, que cet impératif moderne est essentiellement angoissant. Pourquoi ? Parce que nous ne supportons pas la jouissance, je veux dire les névrosés, les gens ordinaires ne supportent la jouissance que dans la mesure où elle est tempérée, c'est-à-dire dans la mesure où elle nous permet d'éprouver notre être comme un corps et comme un corps ayant une unité, comme un corps que nous nous représentons comme permanent, comme le même."

Extraits d'un article de Stéphane Thibierge

16:22 Publié dans philosophie | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : lacan, sosie, jouissance, syndrôme | |  Facebook | |  Imprimer

Commentaires

La deconcretisation du crealisme me rend fou !

Écrit par : merde! | 17/05/2009

bravo, "merde", tu mets les pieds sur le bon chemin !

Écrit par : Luis | 17/05/2009

souvent en rue ou faisant mes courses on me dit :"hier ou il y a a 1 mois bien fier meme pas bonjour" .Alors que j'étais à x lieues de là.

Écrit par : szyanowski | 05/07/2009

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