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06/11/2009

CRÉER OU MOURIR

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La scène politique française offre ces temps-ci un spectacle tantôt ahurissant, tantôt désolant. Au mieux, on est surpris par le manque d’élévation et de cohérence programmatique des propos. Si l’on est optimiste, on se dit : « Tiens, quelque chose de nouveau se prépare. Tout cela ne peut qu’imploser. »

 

Je ne voudrais pas ajouter au flux des discours et des opinions. La critique du spectacle fait partie du spectacle. Ce qui m’intéresse, c’est de tenter de sentir si derrière l’apparent chaos, par-delà la manifeste monstruosité du corps politique français contemporain, le germe d’une période nouvelle se dessine.

 

Voici une première piste : la gestion immédiatiste des gouvernements actuels, qui a atteint son climax sous la figure de Sarkozy, est tombée si bas dans le confusionnisme qu’elle prépare, a contrario, un immense désir d’ordre chez les français, donc l’avènement d’un nouveau fascisme.

 

Deuxième piste : ce nouveau fascisme est déjà en place, mais c’est un néo-fascisme qui a appris de ses avatars précédents. Sa forme n’est plus celle de la répétition d’un ordre impérial, d’une hyperdiscipline mais au contraire l’apparence du désordre. Ce serait là une ruse extrême de la raison capitaliste : faire passer l’embrigadement des masses derrière une apparence de sympathique improvisation.

 

Autre hypothèse, connexe de la deuxième : le désordre est la forme actuelle de l’ordre. L’humain serait en train de vivre un processus de rebiologisation, de retour à l’état animal, c’est-à-dire de régression vers l’état où il est incapable de créer ses propres ordres. C’est à quoi l’on assisterait de manière épiphénoménale sur les scènes politiques du monde : la gesticulation d’une humanité qui ne sait plus créer, c’est-à-dire qui ne sait plus se donner de nouvelles lois, de nouvelles règles, de nouveaux espaces d’existence et de durable spiritualité. Pendant ce temps, un ordre s'étend toujours, qui n'a pas besoin de nous pour proliférer : l'ordre numérique, la logique des chiffres, des mesures d'ingénierie, du profit.

 

Je ne crois évidemment pas à la fatalité de cette période. Je crois que si notre impératif créatif sait se doter d'un programme, s'il sait devenir autre chose qu'une pratique instantanéiste de l'extase, nous pourrons allier liberté et ordre, aventure et édification, jouissance et civilisation.

 

 LdM

 

11:47 Publié dans philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fascisme | |  Facebook | |  Imprimer

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