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24/02/2012

30 propositions pour une société créaliste

Texte d'abord publié le 11/04/2010

 

Merci à la centaine de présents à la soirée de ce vendredi, qui se sont donnés au jeu des règles pour une société autre. Voici un pot-frais de ce qui est ressorti de leur stylo. Co-création politique :

1 - Dire oui au passage du dedans vers le dehors et vice versa.

2 - S'employer à gommer son ego.

3 - Rien n'est vrai, tout est possible.

4 - Règle d'apprentissage : partir d'un domaine éloigné pour se rapprocher du point à enseigner.

5 - Ne jamais imaginer la réponse de l'autre avant de l'entendre.

6 - Avoir toujours, partout et à chaque contact, de la bienveillance.

7 - Dream you heart forth. Take action to instill your reality.

8 - Prendre son voisin par les bras et le faire voler comme un papillon.

9 - La vraie vie doit commencer très tôt.

10 - Efforcez-vous de voir l'autre en vous.

11 - Parler pour créer.

12 - Censurer la censure.

13 - Ne respirer qu'avec le ventre.

14 - Être responsable de ses actes, assumer les conséquences de ses choix.

15 - La liberté est une valeur fondamentale non négociable.

16 - Toujours se demander : Que penserais-je de ce que je suis en train de faire si j'étais quelqu'un d'autre ?

17 - Chercher son bonheur dans quelque chose qui ne s'achète pas.

18 - Interdire des domaines à l'économie.

19 - Répondre aux propositions de faire l'amour selon son désir. Arrêter de considérer le désir comme une perversion.

20 - Abolir les frontières et remettre la calèche au goût du jour.

21 - Encourager et valoriser le développement des particularités propres de chaque individu naissant pour qu'il puisse offrir sa fleur unique au monde (au lieu d'abraser ces particularités pour en faire un être standardisé).

22 - Arrêter de faire la gueule sans raison et respirer sous l'eau comme les raies mantas.

23 - Rendre le déraisonnable obligatoire.

24 - Identité internationale pour tous. Possibilité d'aller travailler n'importe où.

25 - Respecter et préserver les lieux d'expression artistique.

26 - Arrêter de marcher pour danser dans la rue. Se donner des fleurs en échangeant des mots courtois.

27 - La fin ne doit jamais justifier les moyens.

28 - Se faire des baise-mains érotiques.

29 - Chaque personne qui émet un jugement critique doit aussitôt faire une contre-proposition positive.


30 - Et vous, quelle est votre règle pour une société créaliste ?

12:00 Publié dans philosophie, Science | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : créalisme, règles, co-création | |  Facebook | |  Imprimer

Commentaires

"Ne jamais PENSER à faire à autrui, ce que nous ne voudrions pas qu'autrui pense à nous faire !"

Écrit par : Diapason | 12/04/2010

...Être présent ! ...en corps ,esprit et vitalité créative...Comme la grand Vortex de tous les possibles !...Habitant pleinement notre merveilleuse présence...et tout peut être Vraie !..puisque tous est possible !..Mais Rien n'est Certain !...donc place au plaisir d'Être !

Écrit par : Hector Toro | 15/04/2010

sur tout cultiver l'humour, rire et chanter a volunte

Écrit par : Eponine | 25/04/2012

Ne pas me laisser dicter ce que je dois faire !

Écrit par : Connex | 11/05/2012

bonjour,

Je reviens sur votre proposition 21 : permettre à chaque enfant dans le cadre de sa famille mais surtout à chaque élève à l'école de faire éclore et développer chacune des singularités qui sont propres à l'être humain unique née tel jour à telle heure de tel et tel parent, lui-même -

Amitiés,

Nath

Écrit par : Nath | 25/09/2012

Rester toujours 33 minutes de plus à partir du moment où on a décidé de partir.

(P.S. 33 en valeur ressentie. Ne pas profiter de cette règle pour commencer à se promener avec une montre! - demander l'heure au voisin à la limite.)

Écrit par : Xique | 07/10/2012

Bonjour,

Après avoir découvert le "créalisme", je souhaiterais partager avec vous ma "réflexion" sur les liens entre le "créalisme" et la souffrance humaine...

Le « créalisme » serait-il un luxe réservé à quelques individus exceptionnels ?

Je me suis d’abord demandé pourquoi la Source de Vie avait décidé de se subdiviser en des entités distinctes qui ont oublié qu’elles provenaient toutes de la même Source...Pourquoi La Source a-t-elle permis l’existence du sentiment de séparation, et donc la naissance de l’ego, engendrant la crainte pour sa propre vie et la crainte des autres, sans parler des inégalités sociales, de l’indifférence quotidienne envers la misère et nos semblables, et surtout des guerres et des atrocités qui ont eu lieu et continuent d’avoir lieu ? En un mot, pourquoi la Source a-t-elle permis la souffrance, qui nous semble tellement intolérable et injuste ?

J’adhère à la théorie du « créalisme »» proposée par Luis de la Miranda, un philosophe contemporain. Selon lui, la vie est un « flux immanent invisible et disparate qui crée incessamment tous les possibles et les impossibles ». Or, si on se rappelle ce qu’a dit Bergson dans « la conscience et la vie », la Source de Vie a pour but de devenir consciente d’elle-même ; cela signifie qu’elle veut parvenir à une connaissance d’elle-même. Or, cette naissance à la conscience, cette « co-naissance » ne peut se réaliser que par des expériences dans un monde créé, un monde fait de matière qui présentera des défis à relever pour la Source, grâce auxquels elle progressera peu à peu de l’inconscience jusqu’à la conscience incarnée. Il est donc possible que la Source désire se donner le maximum de chances possibles de réaliser cet objectif. Elle aurait donc créé des mondes de matière et des formes de vie autonomes capables de reproduire la vie contenue en elles. Ces formes de vie, comme on l’a constaté sur la planète Terre, ont été de plus en plus élaborées et de plus en plus créatives. Pour pouvoir se connaître elle-même, la Source aurait donc choisi délibérément de se compartimenter en canalisant l’énergie de Vie dans des points précis. L’énergie de la Source, ainsi contenue et délimitée dans des corps séparés, aurait alors la possibilité de prendre conscience de son activité sur le monde, afin de devenir consciente d’elle-même pour au final se transformer et se dépasser, dans une perspective de création infinie.
Pour revenir à la philosophie du « créalisme », ce sont les humains qui ont le rôle d’actualiser et de transformer en réalité la Source de vie. « L’humain est le principe ordinateur, la force qui agence, qui ordonne, qui nomme ». En somme, l’être humain a la noble mission de transformer le chaos originel en conscience ordonnée. Pour moi, c’est dans cet objectif que la Source de Vie aurait décidé de créer des Ego séparés, comme autant de centrales énergétiques, réceptrices et transformatrices de l’énergie de Vie. Ainsi chaque humain serait un « noeud » où viendrait s’accumuler et se concentrer l’énergie de la Source, afin de permettre aux humaines de devenir conscients de l’énergie de Vie qu’ils portent pour devenir eux-mêmes sources de Vie consciente. Nous serions donc des laboratoires où viendrait se transformer l’énergie de la Source pour le meilleur (arts, amour, joie, fraternité...) dans le meilleur des cas.
Comme on peut le remarquer, la Terre n’est pas un monde où le bonheur est permanent. Chaque être vivant lutte pour sa survie. L’autre représente un danger potentiel. Ici-bas, le dessein de la Source n’aboutirait donc que de façon exceptionnelle. Très peu d’être humains seraient en effet capables de transformer l’énergie de la Source qui vient se cristalliser en eux. Seuls quelques être ont pris pleinement conscience de leur responsabilité, celle qui incombe plus ou moins consciemment à chaque humain : faire quelque chose d’intéressant de cette énergie, lui donner forme, la traduire dans un langage. On trouve bien quelques artistes et quelques bienfaiteurs de l’humanité, mais la plupart des humains vivraient ce cumul d’énergie comme un fardeau, une charge trop lourde à porter, une responsabilité à laquelle ils ne pourraient pas faire face pour diverses raisons. L’énergie serait bloquée chez beaucoup d’entre nous, ce qui nous rendrait incapables de la transformer en conscience, nous rendant malheureux.
Mais la Source de Vie l’aurait prévu depuis toujours, et c’est pour cela qu’elle aurait démultiplié le nombre d’individus, afin de se donner le maximum de chances possibles d’aboutir à son but ultime, la conscience d’elle-même. Le prix à payer pour les êtres humains ne parvenant pas à transformer l’énergie de la Source de manière positive serait donc la souffrance, la solitude, la peur et l’ignorance. La Source serait donc prête à sacrifier le bonheur de la plupart des êtres incarnés pour réaliser son but. Selon certains religions, la souffrance aiderait même la Source a réaliser ses fins dans la mesure où elle exigerait des individus des ressources morales inattendues (courage, solidarité, créativité...), qu’ils n’auraient sûrement pas mises en oeuvre s’ils n’avaient pas rencontré d’obstacles sur leur chemin de vie... Qui a dit que la fin de devait pas justifier les moyens ? Ainsi, la souffrance et la séparation entre les Ego seraient une ressource pour le créalisme... Qui a dit que la fin de devait pas justifier les moyens ?

Écrit par : Raph | 24/01/2014

Bonjour Raph,

Pour apporter quelques éléments à votre questionnement, fondamental, je joins ici un extrait de mon dernier livre, L'être et le néon (c'est un copier-coller de PDF donc certains mots risquent d'être séparés par des traits d'union incongrus) :

La matière première de l’univers créel est une vibratoire effervescence, une turbulence entropique, ou encore, selon l’expression du physicien John Wheeler, une « mousse quantique ». Au sein de ce devenir multiple, sur terre, nous assistons pourtant à l’émergence d’êtres s’exprimant à la première personne et, malgré la désintégration chaosmique, se ressentant comme plus ou moins intègres. Si nous voulons expliquer le monde, nous ne pouvons nous contenter de l’image des flux et des vibrations : il faut expliquer comment des corps singuliers se forment, comment des êtres se constituent, pourquoi il y a de l’Un et de l’étant.
L’intégrité, étymologiquement, désigne la pureté, le caractère de ce qui n’est pas mélangé, souillé, altéré. Est intègre en ce sens ce qui est un, entier, non disparate. Nous pourrions croire, en jouant à peine avec les mots, que mériterait l’attribut d’intégrité un corps, une structure, une entité qui n’aurait pas été intégrée par des éléments exogènes. Mais cette notion d’intégrité comme inviolabilité originelle nous apparaît naïve : ne serions-nous pas plutôt des êtres « ultraviolés », traversés par les rayons cosmiques, la surabondance vitale, agités par les tempêtes du chaos qui nous constitue ? Si nous nous en tenons par exemple à la lumière, composée de quantas de photons, chaque mètre cube de l’univers, y compris celui qu’occupe notre corps en ce moment, contient en moyenne quatre cents millions de photons, qui composent le vaste océan des radiations micro-ondes. La cohérence d’un corps, d’une idée, d’un groupe, ne semble pas pouvoir désigner une origine virginale, mais un équilibre plus ou moins éphémère conquis sur les turbulences, les probabilités, et sans cesse remis en jeu. Comme l’a dit un jour Richard Feynman, spécialiste de la mécanique quantique, prix Nobel et joueur de bongo, chaque événement est le résultat d’une « sommation sur tous les chemins possibles ». Si l’on observe le mouvement de grands objets, à une échelle non chaotique, des balles de tennis, des pianos ou des planètes, tous les possibles s’annulent dans la durée, sauf un – et encore ce un est une asymptote, une valence dont on s’approche indéfiniment sans jamais coïncider tout à fait avec cette limite identitaire. L’être est devant nous et nous tire, tandis que le créel nous pousse. L’intégrité d’un être, l’harmonie d’une entité, est une forme qui s’élabore, se constitue, s’édifie, se modèle à l’aune de l’idéal d’unité.
On peut dire d’une personne qu’elle est intègre lorsqu’elle se comporte avec cohérence, c’est-à-dire lorsqu’elle est fidèle à une axiologie, à un microsystème de principes, de valeurs, à un sens interne de ce qui est juste, à une devise. Est intègre celui ou celle qui tente de rester honnête avec soi-même, ce qui ne veut pas dire nécessairement accommodant avec les autres. Il y a un devenir intègre de celui ou celle qui subordonne l’apparent vacarme cosmique à son tempo.
Que le multivers créel n’aille nulle part, qu’il soit en constante transformation tout en laissant place à des édifications locales, loin d’être une idée décourageante, semble nous mettre face à notre désir, à notre responsabilité et à la possibilité toujours renouvelée de changements individuels, politiques, sociaux. Le créalisme est l’exception qui configure la règle. L’intégrité serait un filtre, un style, une devise, une vérité itérative, une formule magique, une autolégitimation toujours remise sur le métier par l’épreuve du réel. Le monde devient ce que l’on répète. La capacité à élaborer du réel, c’est-à-dire à composer les ondes, à cristalliser les vibrations serait inégale selon les points du multivers : plus l’intégrité d’un microsystème est forte, plus il sera créateur de réel.
Une part de notre énergie vient du mouvement de novation, de l’émotion créatrice qui nous constitue tous absolument, la vibration originelle continuée et ses divers modes de résonance. Une autre part de notre force d’aimantation provient de notre sensation d’être légitime, qui elle-même découle de notre inté- grité, de notre accord avec une constance intuitive ou logique, de notre fidélité à un idéal de cohérence plus ou moins lucide. À l’origine, dans l’univers, il n’y aurait pas l’Un, ni la relative fixité d’un monde ordonné, mais cette multiplicité vibratoire, pour l’essentiel humaine- ment invisible. Ce « chaosmos » (néologisme propulsé par l’écrivain James Joyce), à chaque instant originel, d’hier, d’aujourd’hui et de demain, nous le disons créel pour insister sur son caractère fécond et autant qualitatif que quantitatif. On pourrait aussi parler de « désirdre » (désir en désordre).
C’est l’une des beautés de la science physique du xxe siècle que de renoncer peu à peu au déterminisme qui pourtant la fonde. Aussi bien Edward Witten, père de la théorie M (avancée récente dans la théorie des cordes) que Stephen Hawking, auteur de Y a-t-il un grand architecte dans l’univers ?, de plus en plus de physiciens délaissent l’idée que l’histoire du cosmos serait écrite à l’avance, prévisible, réductible à des observations objectivistes. Ils tentent d’intégrer dans leurs descriptions cosmologiques le principe de renouveau permanent. Sans cesse de nouvelles informations sont produites, sans cesse d’autres sont perdues : « La plupart des physiciens, a déclaré Hawking lors d’un colloque à Amsterdam en 1997, veulent croire que l’information n’est pas perdue, car cela assurerait que le monde est un lieu sûr et prévisible. Mais je crois que si l’on prend au sérieux la relativité générale, on doit accepter que l’information se perde dans ses replis. »
Pourquoi poser, au commencement, la multiplicité propulsive, l’éparpillement comme chair sonique du cosmos, plutôt que de s’appuyer confortable- ment sur un ordre logique réglé une fois pour toutes par un maître horloger absolu ? C’est pour la psyché créaliste une intuition éthique, liée au désir d’une humanité la plus libre possible : nous préférons dire qu’à l’origine est un devenir divers et une richesse vivante plutôt que l’inertie minérale d’une direction préétablie ou d’une mécanique déterministe qui ferait de nous les automates du destin. En tombant dans le domaine public, l’idée de création a sécularisé l’idée d’ordination. L’ordre social est notre responsabilité, et non plus celle des églises.
Outre que l’hypothèse du Créel est confortée par la science physique, ce choix semble donc stratégiquement, politiquement, le plus raisonnable et harmonieux. Le paradigme créatif est plus souhaitable, pour faire une société juste, que le schème déterministe. On sait que le marxisme a préféré le déterminisme : l’homme du capitalisme (ouvrier socialiste ou bourgeois) n’étant qu’un moment, un instrument du destin communiste, il devenait possible, et l’URSS ne s’en est pas privée, de le sacrifier au nom de la Cause. Car l’intégrité est tantôt cultivable par un individu – au risque de l’ascétisme –, tantôt par un groupe – au risque de l’intégrisme. Ascétisme et intégrisme procèdent de la conviction que l’unité parfaite peut être de ce monde. L’hédonisme et le relativisme contemporains, à l’opposé, procèdent de la croyance que l’éclatement total, la disparation, peuvent être de ce monde. Pour le créalisme, unité et hétérogénéité totales sont des asymptotes jamais absolument atteignables, les deux extrêmes de cette courbe de Gauss ondulatoire qu’est le réel.
Le processus créel désigne la logique des multi- vers, une profusion immanente infranimale, un éparpillement infravégétal, une novation incessante, un proto-gaz, un flux d’interférences multicentré qui n’est pas qu’une idée, mais qui est plus physique que la matière, plus réel que la réalité, plus spirituel que l’esprit, plus naturel que la nature, plus sensible que les sens, plus charnel que la chair. Le Créel est le terreau vibratoire, sonique, de toutes les actualisations, l’informe de toutes les formes, l’antichambre de tous les possibles, entre naissance et réalité.
Cette constante explosion que nous disons créelle est une hypothèse sensible plutôt que seulement intellectuelle. Mais le Créel nous reste pour l’essentiel caché, invisible, virtuel, car chaque époque humaine n’en actualise, n’en réalise, n’en cristallise qu’une infime partie. Le devenir créel est toujours plus vaste et riche que ce que nous en percevons et concevons. Les physiciens s’accordent souvent pour dire, on l’a vu, que nous ne connaissons que 5 % à 25 % de l’uni- vers, et que le reste est composé d’« autre chose », de quelque chose de mystérieux encore et toujours, de non corpusculaire.
Dans le premier paragraphe du manifeste du créalisme, la formule suivante est donc centrale : « Le monde est/doit être ma création. » Cette phrase étant offerte à l’appropriation de tous, d’une part, et dotée d’une tournure éthique, d’autre part, elle n’est de fait pas qu’une formule solipsiste, un simple énoncé égotiste ou métaphysique, ni seulement une formule pragmatique de la prise personnelle de pouvoir. Un « monde » n’est pas le Créel, c’est une société, une mise en forme locale du chaosmos, une structuration parmi d’autres de l’explosion vitale, un « créordre » selon la terminologie des économistes Nitzan et Bichler dans leur ouvrage Le Capital comme pouvoir. Il y a effective- ment plusieurs mondes possibles, comme l’affirmait le philosophe Leibniz, même si l’harmonie n’est pas préétablie. Dans la phrase « le monde est/doit être ma création », c’est, on l’a vu, un je collectif qui parle, un corps commun : il est l’expression de l’esprit de notre temps, de cette volonté de devenir, en partie du moins, les auteurs d’un environnement dans lequel nous reconnaîtrions nos aspirations, nos emportements, nos ivresses, notre effort, notre soif de justice et d’entente. La formule créaliste selon laquelle la réalité doit être notre création s’apparente à la catégorie sociologique de la « capacitation », ou « autonomisation », déjà prônée par Aristote. Le créaliste cesse de seulement s’adapter à tout prix à une réalité existante considérée comme l’analogue de la vérité ; il s’empare, lentement, non sans difficultés et errances, non sans obstacles et combats, des forces de production du réel, de façon à ce que demain la réalité réponde davantage, sinon à l’intégralité, du moins à l’intégrité de son désir.
« Le monde est/doit être ma création » : ne pourrait- on pas trouver cet impératif contradictoire avec la
notion de Créel ? Est-ce l’univers (le multivers) qui crée ou l’homme ? Cette question véhicule une erreur dualiste si elle sépare les humains du continuum créatif : les humains sont l’une des manifestations du processus créel. Ils sont le lieu qui, au sein du Créel, est motivé par la passion dialectique de l’ordre et de l’éclatement, de la symétrie et de sa brisure. Ordo ab chaos, disaient déjà les latins, inspirés par les Grecs : l’ordre naît du chaos, par l’action.
Nous pourrions croire que lorsque l’humain met sa volonté entre parenthèses, il est le plus créatif : c’est la proposition des surréalistes. Lorsque je crée, ce serait le mouvement créel en moi qui produirait du réel (ça crée, ça vibre), à tel point que l’on pourrait écrire (et c’est en quoi le créalisme n’est pas un technicisme, un posthumanisme exagérément technophile) : « Moins j’agis, plus je suis créel. » Il faut pourtant nuancer cette assertion par une meilleure définition de ce qu’est l’action. On songe trop au lâcher-prise des mystiques orientaux, au dionysiaque nietzschéen, à la ligne de fuite deleuzienne. Selon nous, le créalisme n’est pas qu’un abandon des sujets à l’éparpillement vital, à la diffraction ondulatoire, c’est plutôt une discipline d’équilibre entre désintégration et intégration, entre
devenir multiple et devenir un. La vertu est au milieu, comme le disaient les Antiques. À cet égard, garder l’esprit trop « ouvert » peut relever du grand écart périlleux et paralysant, au même titre que rester fermé sur ses répétitions. Si vous ne vous occupez pas de l’ordre des choses, d’autres le feront à votre place. Lorsque je compose, c’est aussi le créel qui en un lieu s’organise, mais ce n’est pas le même moment de la vie qui d’une part jaillit, fuse, explose et d’autre part qui ordonne, nomme, codifie et délimite. Nous avons à imaginer le caractère dual, dynamique, bipolaire du Créel comme une dialectique entre l’un et le multiple, ou plutôt entre le presque un et le presque disparate.
Le philosophe et mathématicien Whitehead a forgé en 1929 un néologisme heureux : plutôt que de sujet, il parle de « superjet ». Imaginons l’explosion vitale, la turbulence chaosmique : il n’y a aucune raison pour que celle-ci soit homogène. Il est infiniment plus probable, mais surtout il est plus conforme au divers sous-tendu par l’idée même de devenir créel que certains de ses jets d’énergie, de ses cordes vibratoires, de ses projections, aient davantage de dynamisme que d’autres, momentanément. Certaines cordes, certains filaments vibratoires entrent en phase autour d’unefréquence particulière et forment un corps. Chaque vibration a sa fréquence et la vitesse de vibration, dans la théorie physique des cordes, entraîne des réalités différentes selon qu’elle est élevée ou lente. Certaines ondes ont plus d’énergie, contiennent davantage de surabondance, et, si l’on en croit le principe d’équiva- lence proposé par Einstein entre l’énergie et la masse, entre la vitesse et la gravitation, entraînent donc davantage une partie de leur environnement proche. Un ordre, toujours local, construit et provisoire, est l’effet d’une subordination toujours temporaire de sujets mineurs à un superjet dominant, possédant l’équivalent d’une énergie créelle plus forte et donc une capacité d’influence, comme une tonalité musicale ordonnant une sonate. Ce superjet, on l’a vu, n’est pas nécessairement un individu de chair et d’os – ce peut être une idée, un groupe, une situation, un dispositif, un corps au sens large.
« Chaque occasion manifeste son coefficient d’élan créateur à proportion de son coefficient d’intensité subjective », écrit Whitehead. Mais comment définir cette subjectivité ? C’est ici que la notion d’intégrité révèle son importance. Elle nous apparaît d’abord comme une affirmation et une négation. Il est probable que plus le superjet local attire et incorpore des éléments moins dynamiques du multivers créel, plus il se sent intensifié, distinct et aspire à augmenter la perception et la perfection de son unité. Il ne peut persé- vérer dans son être qu’en édifiant des digues d’irrigation, des remparts à sa dissolution, et en affirmant un petit nombre de valeurs axiales. Le superjet – cet (attr)acteur en propulsion ondulatoire – se retrouve donc dans cette situation dialectique où il absorbe l’altérité tout en aspirant à l’homogène. Autrement dit, le « dividu » (ou même le « multividu »), premier, aspire, à mesure qu’il éprouve sa puissance, à devenir individu. Mais l’individu sait aussi qu’il doit se ressourcer auprès du Créel pour ne pas s’étioler. L’énergie ondulatoire devient matière et inversement.
Ce que nous venons d’écrire pourrait apparaître comme un début de légitimation de la puissance vitale brute à l’encontre de l’ordre social. Si la virtu dominante de certains est un jet de vitalité pure, si certains dominent du fait qu’ils sont davantage mus par la puissance du Créel, ne faut-il pas y déceler un renoncement à l’égalitarisme et un retour à l’innéisme, à la doctrine de la prédestination, ou toute autre manière d’innocenter l’ascendant quel qu’il soit, de déculpabiliser les hégémonies ? Une conception dynamique et déterministe de l’intégrité ne scelle- t-elle pas un retour à une suprématie d’inspiration nietzschéenne, au constat qu’il existerait certains individus au pouvoir légitime, qui ont à peine besoin de vouloir la puissance ou l’harmonie, car ils en seraient intrinsèquement porteurs ?
Non – nous ne croyons pas que l’unité du superjet soit donnée par sa seule énergie cinétique. De fait, la pétulance dans la propagation est autant à même de susciter des ramifications divergentes que ne l’est l’effondrement. Il ne suffit pas d’avoir de la puissance pour devenir intègre. Il s’agit surtout de se maintenir le plus unifié possible, par un travail de purge et d’entraînement constant, spirituel, une discipline d’écoute, d’entente. Tous les aliments ne sont pas des accroissements d’individuation.
L’aspiration à l’Un doit sans cesse être reconduite d’une manière sensée et sensible, par un logos. Il n’y a pas d’intégrité sans autolimitation, sans autodiscipline, sans ténacité ni résistance, de la même façon qu’il n’y a pas composition musicale sans certains protocoles tonals. Plus un superjet sera puissant dans sa propul- sion, plus il lui sera difficile de canaliser son intégrité loin du bruit et de la dispersion. Ce n’est pas la seule force explosive qui fait le pouvoir. L’individu créaliste ne vise pas a priori la domination des autres, mais d’abord une maîtrise harmonieuse et ouverte de soi, fût-elle ambitieuse.
Par ailleurs, le créalisme n’est pas qu’une esthétique de soi, mais aussi une cosmopolitique, une vigilance collective. Au « tout s’écoule » d’Héraclite, nous ajoutons que tout s’écoute. Pour persévérer dans leur être et constituer la société qui leur ressemble, les superjets doivent lutter contre l’explosion, le bruit, la cacophonie qui les engouffre de l’intérieur, en se regroupant, en collaborant, composant, triant, nommant, écartant, épurant, élaguant, édifiant, selon diverses tonalités possibles. Plutôt qu’une économie ou une écologie trop cloisonnées (le préfixe éco- vient du grec ancien oîkos, « la maison »), le créalisme est une « échonomie » : une culture cosmopolitique de la composition, dans laquelle l’ouïr est une loi vivante contre la désintégration ou l’intégrisme.
Ouïr, c’est écouter joyeusement (en français, à la première personne du singulier, j’ois). Pour qualifier la motivation de l’avancée créatrice ubiquitaire, les philosophes du xxe siècle parlent souvent d’un « manque », d’un « principe d’inquiétude », d’un « désir d’actualisation », rejoignant en partie l’intuition de Spinoza ou du mystique Jakob Böhme, pour qui le désir est l’essence des créatures. Mais si, au niveau local des sujets et des superjets, on peut signaler un conatus, un effort, une appétition, au niveau du Créel c’est progresser que de parler, comme Jacques Lacan, de jouissance, ou, dirait-on mieux, de « joissance » (un néologisme formé par Hélène Cixous pour désigner la complétude physique et spirituelle du plaisir féminin). Il y a, dans un séminaire de Lacan, L’Envers de la psycha- nalyse, cette phrase-clé : « La seule chance de l’existence de Dieu, c’est qu’Il – avec un grand I – jouisse, c’est qu’Il soit la jouissance. » Le Créel, en tant qu’absolu vital, en tant que continuum métamorphique du plurivers, serait pure jouissance vibratoire (ce qui n’évacue pas le sentiment subjectif de cruauté et la souffrance locale). À l’échelle de la panphonie cosmique, le Créel est joissance, orgasme vibratoire infini, par-delà le bien et le mal. Certes, des philosophies plus chastes furent jadis de rigueur. On comprend qu’un Kant ait au xviiie siècle préféré interdire la connaissance de l’absolu plutôt que de dire que celui-ci était un orgasme cosmique.
Pour éviter l’assimilation de la jouissance à un jouir éjaculatoire, à la résolution ponctuelle d’une tension, et pour pointer le caractère sans cesse renouvelé et florissant de la joissance créelle, la langue anglaise nous fournit un terme intéressant, et comme sa construction est latine, nous pouvons le franciser : « exhilaration » (hilaros en grec ancien signifie à la fois « joyeux » et « propice »). Au sein du processus créel, le devenir, ivre, gai, vibrant, ne cesse de sortir de soi, de s’« ex-poser », de s’expatrier, de s’exploser, de se donner ou d’absorber par surabondance.
Mais posons une fois de plus cette question : pourquoi le chaos exhilarant n’est-il pas resté un chaos ? Comment expliquer que certains lieux de la vie, et pas seulement des lieux humains, donnent des signes d’or- ganisation ? Une réponse simple serait celle qui, dans la terminologie psychanalytique, distingue la jouissance du « principe de plaisir ». C’est ce que Lacan nomme l’économie animale : « La possibilité de se mouvoir pour obtenir surtout le moins de jouissance. [...] Ne restons pas là où on jouit, parce que Dieu sait où ça peut nous mener. » Lorsque le superjet se laisse absorber par la jouissance ubiquitaire, lorsqu’il renonce à la maîtrise pour répondre anarchiquement à l’appel de l’absolu
vibratoire, l’individu se dissout, il remet en jeu sa cohé- rence, sa ligne d’intégrité. Inversement, trop de volonté de maîtrise conduira aussi au chaos, par la voie de la rigidité morbide.
Toute organisation est proprement rempart contre la folie du mouvement créel. Les castors construisent des digues, les termites des châteaux de terre, les humains élaborent des grammaires et des codes sociaux, tout cela pour éviter que la puissance du Créel ne dissolve les identifications, n’éteigne complètement les néons, ne pulvérise les cristaux du réel qui solidi- fient et emprisonnent les ondes. Autrement dit – si nous voulons répondre à la question de Spinoza, « Que peut un corps ? » –, un corps peut soit se dissoudre dans le devenir créel, et dès lors il jouit mais compromet son individualité, soit contrer cette dissémination, et dès lors il scande avec un modéré plaisir, construit, agence, illumine ou élimine, pour fortifier son intégrité. Nous reconnaissons ici la distinction nietzschéenne entre le dionysiaque et l’apollinien. L’intégrité apollinienne est ce moment subjectif où la vie résiste à son éclatement en affirmant une légitimité, une loi locale, une certaine perspective, où la volonté de cohérence et de projec- tion de valeurs propres dans le réel tente de prendre le dessus sur l’« exhilaration » dionysiaque, quitte à s’imposer à d’autres volontés par l’objectivation et la séparation.
Mais quelle force garantit l’unification ? Si, en certains de ses lieux et moments, le Créel manifeste un désir d’individualité, ne peut-on entendre que ce désir-là soit aussi une composante du Tout ? Pour qu’une intégration, une formalisation de la joissance puisse se composer au sein de ce qui est le pur lieu de la création (ou de la physis, disaient les Grecs), ne faut-il pas une force contraire égale à celle du processus créel – c’est-à-dire, puisque rien n’est plus fort, la complicité du Créel même ?
Oui, s’il y a à la fois du un et du multiple, c’est que le Créel est une tendance duale, un devenir dialectique, une danse parfois violente des contraires, comme l’ont senti Héraclite puis Hegel. Pour qu’il y ait explosion et éparpillement, il faut, logiquement, admettre l’idée d’unité, même si cette unité totale du chaosmos n’a jamais vraiment lieu. Tout simplement parce que les idées mêmes de multiplicité, de diversité, d’hétéro- généité supposent l’idée d’unité. On ne saurait dire « ceci est plusieurs » si l’on ne concevait pas l’idée de l’Un. L’unité et la symétrie sont l’horizon logique tracé par la profusion du Créel. Le désordre est inconcevable sans la notion d’ordre.
Le seul fait que nous concevions l’idée d’unité la rend universelle. Car à moins d’être un dualiste ou un philosophe analytique qui séparerait le langage du réel, il faut accepter que ce qui est logique est tout aussi réel que ce qui est physique. Les idées sont des êtres de l’univers au même titre que les trous noirs.
L’individualité locale est cette partie énergétique et ordinatrice du Tout qui désire persévérer dans l’unification et la purification de son être, à mesure qu’elle plie son environnement à sa densité, à ses tonalités, rappelant l’« attracteur étrange » de la physique quantique. Cogito cosmique du superjet : là où une partie du Créel refuse la dissolution, y résiste, nous décelons la formation d’un je primitif, d’une proto-singularité, d’un champ qui devient un chant. Peu à peu, ce jet créel prend conscience de lui- même, à partir de l’émotion créatrice et d’impressions qui s’affinent, se structurent, s’unifient. Il se perçoit à la fois comme résistance cohérente à l’éclatement et conviction de composition singulière. Il va être aussi, par antithèse, conscient de son désir de jouir, c’est- à-dire de rejoindre, en se laissant aller, la joissance créelle. Cette dualité engendre ce que le philosophe Gilles Deleuze appelle la « fêlure du je ». Être ou ne pas être ?
Du point de vue créel, l’intégrité comme unité et cohérence est sublime, car elle est l’Autre, la pure cohérence. Du point de vue du superjet qui se découvre « presque un » en résistant à la dissolution, le Créel est sublime, car il est l’Autre qui s’éclate, qui jouit. Amour absolu, admiration jamais totalement consommée. Couple primordial entrelacé du devenir multiple, chair de la chair, et du devenir un, esprit de l’esprit. Passion ontologique, symphonie tragicomique. On peut ici entendre l’écho d’Héraclite et de son fragment 50 : « Le Tout est divisé indivisé, engendré inengendré, mortel immortel... »
À ceux qui réfuteraient qu’il y ait de l’Un, pour reprendre la formule lacanienne, nous répondons qu’il n’est pas tant important de prouver que l’Un est. Vouloir imposer à tous une vision de l’Un relève de l’intégrisme. Ce qui importe et élève, c’est de reconnaître simplement que les humains aspirent à l’unité autant qu’ils aspirent au divers (cette remarque a bien entendu des conséquences politiques, et explique notamment que la France soit à moitié de droite et à moitié de gauche).
Le souci de cohérence cosmologique, et la volonté que cette cohérence s’applique aux affaires de la Cité nous paraît plus noble qu’un relativisme pur, qu’une vision gestionnaire du réel enfantée par la comptabilité analytique, la gestion qui plus rien ne conçoit et tout décompte sans ferveur ni vision.
Les nihilistes sont des superjets que l’amoindrisse- ment de leur force vitale rend moins conscients de la plénitude du Créel. Dès lors, là où l’invisible est saturé de possibles, de pulsations généreuses et de tourbillons infranimaux, ils subodorent des zones de vide et de manque, ils établissent ce que le psychiatre et philosophe Félix Guattari nommait des « réifications d’abolition », des « rapports trous noirs » ou des « déterritorialisations catastrophiques ». En tant que sujets sociaux, trop sociaux, c’est-à-dire ayant tendance à naturaliser l’ordre dans lequel nous vivons, à confondre réalité locale et vérité, nous sommes tous plus ou moins nihilistes, puisque aucun ordre ne saurait se prétendre exhaustif sans fatiguer notre ouverture au devenir créel et dès lors produire des vides là où il devrait y avoir des différences vivantes, des potentialités fécondes. Héraclite encore dirait (fragment 18) : « Si l’on n’attend pas l’inattendu, on ne le trouvera pas, car il est difficile à trouver. »
Plus la multiplicité créelle est multiple, plus elle attirera, dessinera, comme une effigie au revers d’une médaille, l’idée d’univocité plutôt que de néant. L’intégrité est musicale, c’est une ritournelle permettant à la fois une ténacité ordinatrice et une ouverture enfantine à la richesse créaliste. Pour Deleuze et Guattari, la ritournelle désigne un axe d’individuation territorialisant, la devise, la persistance enchantée par quoi un sujet résiste à l’abolition. C’est ce que Guattari a aussi appelé la « transistance », une stance, une tenue, une autodiscipline permettant d’être traversé par des tempêtes sans sombrer, « exactement comme, quand tu fais une poésie, une musique ou un rythme, tu cherches à faire tenir là, loin de l’équilibre du langage ordinaire, des choses extrêmement singulières, qui ne tiendraient absolument pas par ailleurs ».
Nous ne sommes pas que des néons, nous sommes aussi des transistors ; le quidam – vous et moi – n’est jamais tout à fait sage comme une image. Il est traversé par des vapeurs de Créel qui tantôt le perturbent, tantôt le réjouissent ou le propulsent. Lacan disait que le moment de l’angoisse est précieux, car il nous rappelle à nous-mêmes, à ce point de conjonction entre notre désir d’intégrité et notre pulsion d’éparpillement.
À la fin de L’Être et le Néant, Sartre écrit : « L’agent moral est l’être par qui les valeurs existent. C’est alors que sa liberté prendra conscience d’elle-même et se découvrira dans l’angoisse comme unique source de la valeur, et le néant par qui le monde existe. Dès que la quête de l’être et l’appropriation de l’en-soi lui seront découvertes comme ses possibles, elle saisira par et dans l’angoisse qu’ils ne sont possibles que sur fond de possibilité d’autres possibles. »
Ce fond de possibilité d’autres possibles, c’est le Créel.

Écrit par : Luis de Miranda | 25/01/2014

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