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11/05/2010

Créalisons l'économie

 

 

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Pour construire un monde, il faut d’abord un langage. Au moment où le discours du capitalisme donne des signes apparents de crevaison, il est temps de poser le vocabulaire de la civilisation qui s’ouvre. Elle sera créaliste ou ne sera pas, au sens où elle donnera la centralité, non plus à la plus-value marchande, mais à la création sociale, à la participation de chacun, en son âme et conscience, à la construction du réel.

Une économie créaliste devra construire un concept du capital qui ne soit pas seulement numériste mais qui rende compte du partage des forces vives dans la créordination de nos espaces de réalité. À ce titre, il conviendra de redécouvrir une vieille fidélité, celle qui nous lie au créel, cette source de toutes les métamorphoses dont nous sommes les ordinateurs, les filtreurs, les sculpteurs plus ou moins respectueux. La rupture souhaitable, c’est un sursaut esthétique et éthique, qui demandera une agilité et une concentration d’équilibriste, pour œuvrer sur cette ligne qui toujours nous relie à la vie, en tant qu’elle ne se laisse jamais encadrer et découper en tranches, ou alors au prix de l’asphyxie. Une innovation de rupture tendra à aménager des environnements techniques (car l’homme est un animal-technique) où l’ordination laissera passer l’air de l’existence, la joie des devenirs intenses et l’élan communitaire dans la sublimation d’un chaosmos immensément plus sacré qu’un impératif aveugle de rentabilité.

Une économie créaliste articulera avec finesse les ordres nécessaires et les flux libérateurs, en donnant à chacun la possibilité d’être créacteur de son domaine de travail. Travail ? Voilà encore un mot usé et teinté de pathos. Pour qui cocrée le monde, l’application ouvrière est une joie, une éthique, une aventure. Une oeuvre.

 

Luis de Miranda, président de l'association Créel.

 

10:49 Publié dans philosophie, Science | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | |  Imprimer

Commentaires

je commence à penser que les problèmes dans l'économie, la politique, etc... ne viennent pas spécialement du système choisi, mais plutôt des gens eux mêmes. En théorie, les systèmes paraissent souvent idéaux au départ, mais ne prennent pas suffisamment en compte l'imprédictabilité humaine (c'est pour ça qu'on voit notre liberté être de plus en plus étouffée d'ailleurs)
aussi longtemps qu'il y aura des gens suffisamment égoistes, je pense qu'il y aura nécessairement des problèmes.
evidemment, sacrifier la liberté, l'égalité, l'humain devrait être la dernière chose à faire.

Écrit par : Sébastien | 23/05/2010

fabulous illustration! en pleine lecture de _Middlesex_ ces jours-ci.

Écrit par : xphrog | 29/04/2012

Les commentaires sont fermés.