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17/06/2010

Le principe de floraison - Manières végétales de faire des mondes

La plante décapitée

Par Thierry Marin

 

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S’il y a bien un impensé de la métaphysique, qui se signale à la fois par son rejet et son retour insistant, cette place semble bien plus occupée par le végétal que par l’animal. Si l’animal semble toujours rejeté loin de l’humanité, c’est parce qu’il n’aurait pas tout ce qui constitue un homme : la parole pour Aristote, l’intelligence pour Bergson, la possibilité de faire un monde pour Heidegger. Mais l’animal reste tout de même proche de l’homme, entrant au moins dans un couple d’opposition, l’homme est avec, et l’animal sans. Mais la plante, elle, n’entre même pas dans la paire d’une opposition, tant elle apparaît à l’homme comme l’hétérogène, le tiers élément hors-la-loi n’entrant pas dans la composition d’un couple (homme ou animal), d’un mixte (et homme et animal) ou d’un neutre (ni homme ni animal). Sa force d’inquiétude viendrait d’un de ses traits, relevé par Francis Ponge dans « L’Opinion changée quant aux fleurs » : « pas de tête ». Cette absence de tête inquiéterait la métaphysique comme discours de la maîtrise ou du chef gardé sur l’être. Cette décapitation fondamentale de la fleur, sa croissance par les deux bouts et les deux sexes et sa dissémination aux quatre vents feraient vaciller la métaphysique, soucieuse d’une essentielle polarisation de l’être sous un seul chef, d’une orientation fléchée vers un horizon téléologique et d’une maîtrise des filiations.

Mais cette force de la plante n’est pas condamnée à être simplement exclue par forclusion complète, elle est seulement refoulée, et fait donc retour de manière insistante. Le statut du végétal chez Hegel dans sa Philosophie de la nature est symptomatique par le paradoxe qu’il dessine : d’une part, Hegel nie l’évolution des espèces, et en particulier la métamorphose des plantes chère à Goethe, pour laisser au concept le monopole du développement, mais, d’autre part, la manière dont Hegel conçoit la dialectique de l’Idée ainsi que le développement du concept semble prédéterminée selon le schéma d'une métaphore privilégiée, qui n’est autre que celle de la croissance végétale, le développement qui mène de la graine à la plante, puis de la plante à la graine, selon un rythme ternaire qui enveloppe la dialectique. La plante, de moment enveloppé sous le chef du concept, semble devenir alors un schème enveloppant. Ce double mouvement d’encerclement encerclé du végétal se dessine aussi chez Bergson : dans le mouvement ascendant de l’élan vital, la plante est vite reléguée pour laisser la place au grand duo entre homme et animal, intelligence et instinct, mais rapidement elle cerne tout l’élan vital par la poussée d’un double schème végétal de pensée, le germe comme totalité originaire d’interpénétration réciproque des lignées à venir et la dynamique de l’élan vital comme gerbe se ramifiant à l’infini.

Ce double trait, d’une force de pensée de la plante et de son refoulement faisant retour comme un spectre, permettrait de penser une anthologie-hantologie dont Derrida a posé les premiers linéaments. L’humus sur lequel pousserait cette anthologie-hantologie serait à chercher du côté d’une certaine philosophie romantique de la Nature (Goethe, Schelling), mais surtout du côté des poètes et des écrivains, qui ont su faire une forme végétale de l’art, comme il y a une forme cristalline du fragment (juxtaposition de parties éclatant toute totalité) et une forme animale de la représentation organique (subordination des parties sous le chef d’une totalité). La dissémination anagrammatique dans Finnegans Wake de Joyce, le bourgeonnement du rythme dans les romans de Claude Simon, l’inachèvement du poème de Francis Ponge, et surtout le schème végétal du roman proustien esquisseront les bases d’une esthétique végétale. Nous montrerons en particulier comment Gilles Deleuze n’a cessé de pressentir cette forme végétale dans l’œuvre de Proust, sans jamais montrer comment et où elle fonctionnait, ou plutôt poussait : partout.

On pourrait alors interroger le « style » d’écriture des philosophes, et montrer en particulier comment le style si singulier de Derrida enfourche les poussées d’une forme végétale, où la dissémination et le double bind de l’érection lumineuse par les feuilles et de l’anthérection tellurique par les racines ne sont pas seulement des thèmes, mais également en abîme tout un style d’écriture anagrammatique des noms de la mère, du père et du fils, comme si on ne pouvait parler de la plante qu’à être emporté par ses poussées de dissémination, de métamorphose et de ramification. Le style d’écriture de Deleuze serait également écouté selon un schème ternaire végétal partout à l’œuvre, orienté par la force de ramification de la plante : position d’une différence de nature à la place des mixtes mal analysés (racines et pousses), degrés coexistants de la différence (le rhizome poussant par le milieu des racines et des pousses), et différenciation (la force de ramification folle de la plante).

Sur le sol de cette double interrogation philosophique et littéraire du végétal, nous voudrions alors proposer les bases pour une philosophie moderne de la Nature, centrée autour des nœuds suivants. D’abord, une reprise de la phusis aristotélicienne analysée par Heidegger, à partir du schème de la plante qui fait entendre différemment le double mouvement de déclosion et de reclosion, ainsi que la dynamique de la vrille, qui n’est pas simple retour circulaire sur soi-même, mais mobilité avec éclosion de nouveauté (croissance du végétal). Puis une relecture végétale de la notion de processualité chinoise par dynamique des polarités, chère à François Jullien, et un redéploiement de la poussée par le milieu, qui, par la conjonction des opposés qu’elle offre, permet de faire vaciller le principe de non-contradiction et offre une nouvelle entre-diction, propre à ouvrir des mondes. Enfin, seraient interrogées les implications d’une économie de la dissémination, lorsque les semences ne reviennent pas toujours à la tête des pères, et les intérêts au capital.

11:18 | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : thierry marin, créalisme, principe, floraison, max milo | |  Facebook | |  Imprimer

Commentaires

Cher Miranda,
Vous aurez peut-être trouvé ce commentaire sur d'autres sites où vous apparaissez. Nous nous excusons donc de cette répétition mais nous ignorons lequel de vos sites est actifs (le sont-ils tous?)
Nous découvrons avec intérêt vos sites et vos ouvrages. Et votre concept de créel.
Un point seulement semble vous avoir échappé : presque tout ce que vous présentez à vos lecteurs et plus généralement au petit milieu des adeptes du post-café philo informatisé ou non, comme étant le résultat de votre réflexion sur Marx, Heidegger, Lacan ou encore Deleuze a été exprimé une bonne fois pour toutes par les sensualistes, dans leur revue (que vous ne pouvez pas ne pas connaître, n'est-ce pas ?) et, en tout premier lieu, dans le Manifeste sensualiste de R.C. Vaudey dont vous semblez même avoir oublié que vous en avez fait, à sa sortie, dans le magazine Epok, un compte-rendu plutôt juste et élogieux. On trouve d'ailleurs votre article reproduit sur le site de l'Avant-garde sensualiste, et cela depuis sa création en 2003.
On peut lire en effet, dans la présentation (page 14) du Manifeste sensualiste, que les « Libertins-Idylliques ont décidé de donner au monde son sens parce qu'ils croient, comme Shelley, que les poètes en sont les législateurs ».
Il s'agit donc pour eux de sensualiser le monde c'est-à-dire (pour ceux qui entendent bien) de lui donner un sens ; et les Libertins-Idylliques sont des sensualistes, au double sens du terme : des « législateurs » du monde et des « sensualistes ».
L'avantage de la formulation est dans son ambiguïté (pour ceux qui ont de l'oreille) : on sait par l'énoncé même comment on donnera le sens du monde : par les sens ; et comment il faut le sensualiser (lui donner son sens) : en le sensualisant ; pour ainsi dire.
Sensualisme présente ainsi un grand avantage sur créalisme qui, pour une oreille délicate, sonne durement. Il ne présente que deux inconvénients : il est antérieur au créalisme, et il n'est pas de vous.
Vous semblez vouloir faire passer l'idée que vous auriez découvert que les hommes créent le réel. Mais le même Manifeste sensualiste exprime directement cela (page 36) : le Spectacle (au sens de Debord, c'est-à-dire l'état présent du monde dans sa totalité et non pas, comme on l'entend parfois aujourd'hui, le seul secteur des médias ou de la représentation médiatique) est le produit des hommes. C'est même une des thèses essentielles de ce Manifeste qui veut dépasser là l'erreur marxiste ou marxienne du complot (capitaliste, financier, politique etc.) pour dévoiler la misère.
Comme le dit un texte d'Avant-garde sensualiste 2, de 2004, plutôt que d'exploitation de l'Homme par l'Homme, il faut plutôt parler de « L'exploitation (de la misère caractérielle, physiologique et poétique) de l'Homme par (la misère caractérielle, physiologique et poétique de) l'Homme.
En conséquence, nous vous suggérons, puisque le réel est bien le produit (et le projet) des humains, (et à considérer ce qu'il est) d'utiliser le terme de crualité en remplacement de créel, celui de crualisme à la place de créalisme pour décrire le monde que créent ceux qui vivent aujourd'hui, puisque, bien évidemment, nous sommes dans l'ère du sadomasochisme, comme l'analysent les sensualistes.
On ne peut pas vous demander d'adopter et de réserver le concept de sensualistes (plutôt que de créalistes) pour décrire ceux qui donneront le sens du monde sur une autre base que celle du sadomasochisme qui domine aujourd'hui les vivants et leur monde, puisque, évidemment, vous n'êtes pas le « créateur » de ce concept.
Qui êtes-vous d’ailleurs, Miranda ? Un inconscient, un imposteur, un homme désespéré (c'est-à-dire un homme qui cherche dans l'activité conceptuelle et/ou sociale-festive à compenser son injouissance de lui-même, du monde et de l'autre) et ainsi un parfait exemple de ce que R.C. Vaudey appelle l'injouissant contemporain?
Bref, plutôt qu'un créaliste n’êtes-vous pas, plus banalement, une énième version du crualiste actuel ?
Créateur ou emberlificoteur philosophique de la poésie vécue et des concepts qu’il trouve chez d’autres ? Proche ou ennemi ? On s'interroge. Et on ne sait comment vous saluer.

Écrit par : chamfort | 22/06/2010

Sans doute ai-je toutes les tares dont vous m'accusez généreusement, et probablement bien d'autres. Par exemple, je bois beaucoup de café le matin et j'ai failli avaler de travers tant votre message m'a amusé. Merci.

Amusant (bien qu'un petit peu insultant, vous ne trouvez pas ?) commentaire, à la manière de ces gargarismes intelloïdes égotripés à vocation intimidante, qui font bâiller après le rire, et dont vous ne pouvez ignorer qu'ils appartiennent à un autre siècle et à un autre discours, celui de la compétition néolibérale appliquée (en vain) au champ de la Vie et de l'Esprit. Par générosité, je prendrai tout cela comme une boutade... Car je ne peux croire que vous prétendiez sérieusement avoir inventé le fil à couper le Graal, pardon, le Créel, ou la passoire à filtrer la Vie... Pardonne-nous, Saint-Friedrich !

Je me souviens avoir lu en effet votre revue, qui m'avait parue très bien à l'époque, ce dont j'ai informé mes lecteurs (on trouve facilement l'article bienveillant que je vous ai consacré dans le journal de la Fnac : http://www.avantgardesensualiste.com/miranda.htm - à le relire aujourd'hui, je trouve ses premières lignes ironiques et prémonitoires). Manifestement, vous semblez croire qu'avant cet article je flottais dans l'éther, vierge de toute pensée et probablement analphabète...

J'ai comme tant d'autres beaucoup lu et je suis le faisceau d'autant d'expériences : au fil de mes modestes livres, poissons au milieu d'un Océan Spirituel qui court depuis des millénaires, habité de noms illustres, je TENTE de donner forme en un faisceau le moins impur possible, selon le créaxe le moins inconstant, et avec l'aide de tant d'attracteurs étranges de la pensée auxquels on a coutume d'attribuer un nom propre, à ce que ma chair traverse et à ce que mon illusoire sujet comprend au plus profond de ce devenir dont je suis un lieu éphémère parmi d'autres.

Or je me rends compte que vous n'avez pas lu mes livres ou alors superficiellement, trop pressés de marquer votre territoire. Vous écrivez que je "semble vouloir faire passer l'idée que j'aurais découvert que les hommes créent le réel", alors que je passe mon temps à dire que cette idée est vieille comme le monde, y compris sous ce résumé simplificateur à la manière de Protagoras.

Ce n'est pas l'homme qui crée, ou si peu, mais surtout la Vie (mais l'Homme est dans la Vie...). L'homme reçoit, édite et ordine à partir d'une infime partie du flux vital (Vie que nous appelons le Créel), selon des filtres plus ou moins arbitraires, plongés dans la chair du Monstre de l'immanence. Lisez la préface de L'Art d'être libres au temps des automates ou encore l'essai Une vie nouvelle est-elle possible ? Vous y comprendrez peut-être le créalisme, qui ne m'appartient pas, qui est un paradigme qui surgit depuis quelques temps un peu partout dans le monde (j'ai depuis été en contact avec un anthropologue serbe qui semble-t-il parle de créalisme depuis un certain temps (lire les articles de Momir Nikic sur http://crealisme.hautetfort.com/ ), et je vous invite à lire un livre paru récemment, CAPITAL AS POWER, a study of order and CREORDER, par deux économistes, Nitzan et Bichler, qui n'avaient sans doute jamais entendu parler du signifiant qui vous chagrine). Avec toutes ces personnes, j'ai des relations cordiales et nous nous alimentons les uns les autres. Je suis prêt à laisser quiconque s'accrocher à ses titres de propriété, mon destin est, je l'espère, plus incarné et ses racines sont plus singulières (mais j'ai la générosité de croire, une fois encore, que votre mail est une demi-boutade). Comme dit la chanson, prenez tout ce que vous imaginez être en moi. J'ai l'habitude de citer mes sources dans mes livres, si possible les germes, les racines, mais je ne passe pas mon temps à parler de l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'Homme... J'avoue que la notion de "sensualisme" m'était complètement sortie de l'esprit. Si ce signifiant vous meut davantage que tout autre, il devrait vous combler de joie plutôt que de susciter ces attaques ridicules. Sensualisme, c'est joli aussi, même si cela sonne à mon oreille un peu sexuel. Mais ce n'est pas moi que cela gênera ! J'adhère ! Je suis sensualiste. Et situationniste ! Et surréaliste !

Relisez le manifeste : on y trouve cette formule : "Ce qu'il s'agit de viser (tant d'autres l'ont mieux clamé avant moi), c'est à une altérité différentielle en acte, une éthique amoureuse, politique, érotique, esthétique, cosmique, professionnelle faite d'ascèse aventureuse et de tentative héroïque de ne pas monnayer ses extases...."

Créros Sélavy, alias Animal du Désir, alias Luis de Miranda, alias Arsenal du Midi...

Écrit par : Créros | 23/06/2010

La colère et la révolte



La colère et la révolte ne sont pas malveillance
N’y a-t-il plus d’homme simple et de bon sens,
Elle revient éveiller à mon cœur inaccessible
Quelques accents légers et pourtant sensibles,

Qui parfois apporte quelques échos du passé
Et ce cache dans l’ombre et qui n’est pas laissé,
Elles n’empêchent pas d’être voluptuseuse ou gaie
Mais permetent à chaque temps de rester apposé.

Elles, si attentives d’accords avec soi-même
Et de notre besoin tous de profonde de paix
Le silence est s’enchainer au mur d’une prison,
Où se décline la faveur d’une tendre guérison.

Écrit par : Marie-Lise EHRET | 04/07/2010

Dans tes yeux

Dans tes yeux quelle étoile va luire,
Chassant l’ennui aux lueurs d’hiver.
Aller, va fluette pour t’aider à souffrir,
Prends le ciel avec ton cœur et chair.

Une flamme vague a dans ton âme,
Scellé ce regard à ton air si fatigué,
Qui bouleverse tour à tour, se fane
À tous les sentiments d’amour lâches.


Quant à effeuiller les pages de caprice,
Pour chasser toutes les peines passées
Puisqu’il faudra bien, dites que je périsse
Et que tout partira à Eumaüs en fumée.


Lui offrir chaque jour un bichon framboise
Les yeux tombés des plus beaux des câlins
Depuis trop longtemps, le mouton apprivoisé
En a assez de l’aurore sans fin ni lendemains

Comme vous fites tous de moi votre route !
L’ombre blanche décimée, naïve et tendre,
Le sourire aux lèvres à mes propres déroutes,
Oh ! Fatale insuffisante, ne veut plus descendre.

Marie-Lise EHRET
24juin 2010

Écrit par : Marie-Lise EHRET | 04/07/2010

ici je devait mettre elle est belle la terre et à tire d'ailes mais je ne le trouve plus


Crainte



Ça fait cent ans que l’on apprend à l’être à se briser
Cela ne fait pas partie de mon éducation si spontanée
Elle efface et brise les voix vives, aux roches effacées
En utilisant un langage enfariné aux moulins à vent.

Sans valeur ni poétique, là ou je ne veux pas allez
Allez, enfants de nos entrailles, allez, mais vaincus,
Celui de ma plume vous dit que tout ça va craquer !
La pendule me rappelle des accents sévères et vus

Nos appels las, je pense si doux vont finir par lâcher,
Tous les terrains vagues lassés ont aussi leurs rivages
Ce n’est pas l’ennui de vivre, mais le bruit d’or aiguillé,
Ne flânez pas les yeux fermés, contre les autres est sage.

Et le son du silence estropié, où tous parlent d’argent.
La paix, chacun en porte la moitié, enfants éclatants !
Toute charpente mal équarrie, appel amer la sauvagerie
Je n’ai point peur de l’antre, mais comment, j’y entre.

Ça fait cent ans que l’on apprend à l’être à se briser
Allez, enfants de nos entrailles, allez, mais vaincus,
Celui de ma plume vous dit que tout ça va craquer !
La pendule me rappelle des accents sévères et vus.

Prenez garde aux âmes qui aiguisent !


Marie-Lise Ehret
9 juin 2001

Écrit par : Marie-Lise EHRET | 04/07/2010

A tire d’ailes

Le regard de l’oiseau est une planète,
À l’aube austère, d’efforts parfumés,
Aussi vieille que ma peau qui s’élève,
À l’aurore éphémère, de génie allumé.

Il faut des plumes pour faire du velours
Et des printemps sucré pour la faire piaffer
Lever le matin fourbe, ma belle détourne,
Une plume à l’azur de fée s’est envolée.

Les amoureux clignent de leurs paupières,
En bénissant ce jour, d’un tendre baiser,
Coule sur leurs lèvres une guirlande secrète,
Et tendrement serrés, inclinent leur fierté.


Marie-Lise Ehret
15 juin 2010

Écrit par : Marie-Lise EHRET | 04/07/2010

Elle est si belle la terre


Tant de tracas et tant de guerres
Pour tous les hommes de la terre
Qui tracent encore des frontières
Dressant des murs et des barrières
Entre ennemis et entre frères

Tant de tracas et de misères,
Enterre ici la hache de guerre.

Elle est pourtant belle la terre
Avec ses bois et ses rivières
Ses lacs, ses étangs et la mer
Et la colombe bien passagère
Garde les cendres de nos pères

Elle est si belle notre terre
Enterrons la hache de guerre.

Loin de la foule moutonnière
Il faut bâtir un sanctuaire
Bannir les haines et les colères
Il faut aussi bannir les guerres
Qui remplissent nos cimetières

Rien que la paix et plus guerre
Elle est si belle notre terre

Hommes et femmes de la terre
Loin des massacres ordinaires
Construisons notre sanctuaire
Notre retraite bien solidaire
Nous allons vivre enfin en frères

Rien que des amis sur la terre
Elle est si belle notre terre


Utopie, rêve, espoir, chimère,
Toujours renie à quoi ça sert ?


Il faut lui fiche la paix la terre
Elle offre et ne vous a rien demandé

Écrit par : Marie-Lise EHRET | 04/07/2010

Harmonie

Harmonie du silence
Éternelle errance
Une chanson oubliée,
Souvenir du passé.


Un pétale d'argent
S'est posé doucement,
Rêve de papier
Si vite envolé.

Une perle d'or
Sous les feux de l'aurore,
Mystérieuse magie
Du soleil qui luit.

Écrit par : Marie-Lise EHRET | 04/07/2010

La Pluie



La pluie comme une vague secrète de tendresse,
Plein de résignation elle nous console d’ivresse
Délicieuse musique qui adroitement nous éveille
Et fait vibrer nos âmes vives d'un regard sincère.


C’est une bise suave d'azur que notre Terre reçoit,
Son rythme régulier s’accomplit de nouveau s’accroît
Le frôlement d'une terre et d'un ciel inouï toujours là,
Dans la douceur d'un soir d’un sillon qui n'en finit pas.


C'est l'aurore des fruits et de la porteuse de fleurs,
La splendeur de dame nature d’une profonde mer
Dont la première répand la vie d’épure nos labeurs
Les bouleversements dérobés à l’abri de nos coeurs.


La nostalgie terrible complainte d'une vie perdue,
Le sentiment funeste d'être hélas trop tard venu
L'espérance inquiète permise peu plus loin au le futur
Où l’Inquiétude et l’espoir aussitôt y battent sa mesure.


Elle réveille l'azur dans le terne de ses rythmes
Notre ciel s'empourpre de triomphe de joie de vie
Perles parfumées à nos yeux de cet accort infini
Aux reflets blêmes de l’horizon secret obscurci.

Chaque goutte ourle et nous voile son clapotis
Alors retentit en nous une musique aveugle
Où la poétesse abasourdie fredonne et médite
Une vérité riposte de jadis, y colore toute heure.

Renferme le feu follet à son propre rythme
De mille papillons criblés de sa propre rime

*aucune modification végétale génétique

Écrit par : Marie-Lise EHRET | 04/07/2010

L’orage,

Elle court, vole, saute là,
Parmi les ronces les potentilles
Son petit corps menu frétille,
La bise siffle et lui murmure
Qu’il est temps de quitter son pré d’azur,
Mais, elle rie aux éclats !

Elle exhale, ici étalée,
L’effluve soufrée qui monte de la terre.
Des nuées noires courent dans le ciel,
Vite, le tonnerre mugit à ses oreilles
Mais cette petite est téméraire.
Dis, pourquoi t’es fâché ?

Elle palpe et goûte, là,
Cette ondée qui sur ses joues ruisselle.
Dans ses yeux d’onyx la joie étincelle,
Son minois rosi de plaisir s’éclaire,
Sa toison, au vent mêlée, reflète l’éclair.
Elle scrute l’éclat, reste là.

Et un, et deux, et trois.
Son doigt pointé sur la voûte peinte,
Compte les lueurs de cette aquarelle
Suppute, pour l’atteindre, fait les pointes,
Tout à coup vacilla, les jambes trop frêles.
Et vlan ! Patatra !

Vas vite ! Écoute !
Les cloches te somment de rentrer.
Prend son élan est tout essoufflée,
Mais avant ses pieds joints sautillent
Dans cette fabuleuse flaque d’eau.
Oh ! Que c’est rigolo !

Le chaton mouillé rentra,
Soudain une grosse voix gronde,
C’est là, une tornade qui s’annonce.
Elle baisse la tête en guise de dépit,
Hausse les épaules, se dit tant pis.
Moi, j’aime bien ça !

C’était un jour de fête
Pour cette enfant là
Elle avait l’âme d’un poète
En ce temps là

Marie-Lise Ehret
14 – déb. Déc. 2003


* de l'eau pour tous

Je suis désolé mon site ne fonctionne pas à cause du vieil ordi


http://psychanalysepoesiepeintureart.hautetfort.com/archive/2008/09/23/psychanalyse-marie-lise-ehret-poesie.html

Écrit par : Marie-Lise EHRET | 04/07/2010

Message aux Sensualistes : inutile de m'envoyer par la poste d'autres lettres délirantes de plusieurs pages comme vous l'avez fait. Vous n'êtes pas les premiers (involontaires ?) parasites du créalisme, ni les derniers. J'ai pris l'habitude de laisser les moucherons s'agiter sans trop m'en soucier. Ceci est mon sang.

Je regrette simplement votre triste contradiction : ce que vous clamez, APRÈS MILLE AUTRES, est le don, le merveilleux, la poésie. La façon dont vous agissez, c'est la discorde, l'insulte blessante et le ridicule. Je n'ai jamais plagié personne et je demande à ceux qui m'en accuseraient de se présenter courageusement devant moi plutôt que d'agir par lettres et messages. Vous me trouverez au 34 rue de Lancry tous les après-midi. Je vous y attend de pied ferme. Mais sans doute êtes-vous trop lâches ou infantiles pour venir.

Si vous voulez oeuvrer au sein du Créel, centre de recherche pour l'émergence d'une existence libre, vous êtes les bienvenus. Il y a du travail. Alors abandonnez la mesquinerie paranoïaque et soyez beaux ! Je vous accueillerais à bras ouverts !

Écrit par : LdM | 08/07/2010

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