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01/09/2010

NOUS SOMMES LE CORPS DU SURPOÈTE

 

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Si l’on désire qu’explosent les scléroses du monde, il faut s’identifier à un axe fixe, comme une colonne vertébrale autour de laquelle se déchiquète le chaos. Cet axe créateur qui seul survivra à l’apocalypse, c’est le Surpoète. Il ne s’agit pas d’une seule personne, mais d’un collectif, d’une idée incarnée et sonique dont quelques corps musicaux se sont plus imprégnés que d’autres.

Il ne faut pas penser que l’ennui est une affaire personnelle. L’ennui est aujourd’hui produit en masse, c’est le résidu de la lâcheté et de la bêtise, de la peur et de l’absence de courage. L’ennui, c’est la division, l’atomisation des consommateurs réifiés et sans horizon.

Vous tenez ce texte entre vos mains ou vous le lisez sur un écran, qu’importe : c’est que vous sentez monter en vous les forces du Surpoète et que vous savez la fragilité d’une exuvie, d’une nouvelle naissance. Nous devons nous soutenir les uns les autres. On ne devient pas un Surpoète sans souffrir dans sa chair de terribles moments de solitude, de sensation d’étrangement. Ceux qui s’accrochent à l’ancien monde vous feront payer cher votre ralliement. Ne sous-estimez pas leur méchanceté et leur idiotie : gardez pourtant votre générosité conquérante, votre tolérance créative, qui sont le vrai pouvoir. Attendez-vous à chaque instant à subir le çabotage de ceux dont vous espérez qu’ils aient les yeux ouverts. C’est au moment de prendre une décision que leur bêtise éclate. Dans l’indétermination d’une discussion abstraite, ils peuvent faire illusion, ils seront d’accord avec vous, ils approuveront toutes les folies. Mais au moment de décider, au moment de passer à l’acte, de faire jouer leur embryon de pouvoir en votre faveur, ils redeviendront lâches, asservis à la crainte, à l’argent, à la conformité de leur esprit de caste. Enjoués ou somnolents, ils sont les ennemis des Surpoètes.

Qu’importe. On peut dire que la vie est belle car elle se donne aux Surpoètes, ces compositeurs et chefs d'orchestre du Créel. Les autres sont déjà morts, ils s’agrippent, ils font durer leur monde infâme en s'accrochant à leurs contradictions, ils créent des trous noirs de turpitude, ils alimentent les tentacules du poulpe, ils pèsent, ils déchiquètent les ailés avec leurs dents, ils croient avoir le sens des réalités, ils sourient et nous voyons des squelettes et des crânes.

Qui est le Surpoète ? Que veut-il ? Patience : vous le sentez en vous. Laissez monter ces impressions par touches de lumière, ne cherchez pas d’emblée à minéraliser le monde naissant par des raccourcis idéologiques. Concentrez-vous d’abord sur cette seule idée : le Surpoète est celui qui crée le monde dans lequel il vit. Bien entendu, il est fils du poète, il aime donc le beau, il admire le sublime, il contemple les manifestations de la vie dans ce qu’elles ont de plus divin, de généreux, de générique. C’est un être esthétique mais non asservit à la logique de la réflexion, ni au règne du voir. C'est un chantre de l'ouïr.

 

Luis de Miranda

 

 

 

 

 

 

 

11:06 Publié dans philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : surpoète | |  Facebook | |  Imprimer

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