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08/09/2010

Devenons créalisateurs, unissons nos désirs

 

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Extraits du discours de Luis de Miranda du 6 septembre 2010

au bar-librairie de La Belle Hortense, Paris

 

 

 

Votre instinct vous a soufflé que la Vie s’est donné rendez-vous à la Belle Hortense, ici et maintenant. La Vie, et l’existence humaine la plus proche de ce flux créatif incessant et vibrant qu’elle tisse sous les phénomènes. Je vous parle d’un territoire inexploré. Je vous parle de l’aventure de demain, d’aujourd’hui. L’aventure de la Vie qui, plus que jamais, doit s’infiltrer partout. Vous êtes ici parce que vous postulez à la plus grande multinationale qui ait jamais existé. Vous êtes les entrepreneurs de la Vie et vous avez envie d’inventer votre travail, qu’il soit aussi intense que vos désirs, votre émerveillement, votre sens du miracle quotidien et de la réussite la plus intime.

 

Oui, il existe une association créaliste, et cette association a pour but de devenir une fondation, avec des moyens financiers et humains pour réaliser des projets que vous aurez imaginé avec nous. Nous ne sommes pas de simples rêveurs, mais des pragmatiques. Nous sommes et la cigale et la fourmi. Quelle est notre raison sociale ? Nous voulons favoriser la cohabitation de mondes centrés sur l'acte co-créateur, et permettre au flux vital de s’incarner davantage dans nos heures et nos minutes. La Source est immense et seule une infime partie, parfois au goutte à goutte parvient à nos lèvres. Nous ne pouvons imaginer que d’autres que nous détiennent les clés des robinets de la Vie. Nous ne pouvons accepter que d’autres que nous nous dictent les formes et les figures que nous devons prendre pour survivre. Nous nous employons à rendre la Vie historique, sous les formes les plus diverses et riches. Notre ennemi, c’est le standard, l’uniformité des possibles, la consommation de la liberté. La Vie, vous le savez maintenant, c’est le flux de tous les possibles, dont la plupart nous restent généralement invisibles et inaccessibles. Une société humaine vit de la répétition de codes qui ne sont qu’une historicisation infime de la Vie, comme si nos corps n’étaient autorisés à vivre qu’avec une certaine quantité d’énergie. Seuls les individus qui adoptent, cheville au corps, une discipline de sécularisation des multiples que secrète l’Absolu Vital parviennent à apporter du sang frais à nos mondes vieillissants, à nos modes sclérosés...

 

L’entreprise créaliste, le Créel, ce centre de recherche pour l’émergence d’une existence libre, vous embauche. La rémunération est très élevée. Bien entendu, elle ne se chiffre pas en euros ni en dollars. Elle se chiffre d’abord en liberté, en intensité d’existence, en cohésion, en fête de vivre, en don de travail, en dépassement du doute, de la culpabilité et de l’esseulement. Les aventuriers du créalisme, vous, créent aujourd’hui l’espace de travail qui demain leur permettra de vivre de manière épanouie, incandescente, héroïque et sereine. Ils préparent aujourd’hui les miracles de demain.

 

Nous devons être un tant soit peu solidaires. Pas au sens où nous serions collés les uns aux autres avec de la glue, mais au sens où la solitude involontaire ne doit pas exister au sein du mouvement créaliste. Vous devez vous entraider. Comment ? En aidant d’abord l’association. Nous devons louer un local pour que vous puissiez venir travailler et préparer ensemble les projets communs qui nous animeront. Jusqu’ici, nous n’avons procédé à aucune demande de cotisation. Aujourd’hui, nous passons à l’étape supérieure. Il est temps de nous organiser. Il est temps de construire une fondation ambitieuse. Il est temps de lancer aujourd’hui les projets qui nous nourriront demain, matériellement et spirituellement. Déjà, quelques uns d’entres vous, les plus actifs, s’apprêtent à travailler au sein de l’association parce qu’ils ont compris qu’elle était comme une perle qui refermait leur avenir. Je vous demande de marquer votre engagement en faisant un don à l’association. Le don de votre travail par exemple.

 

Car nous devons être pragmatiques. Le créalisme n’est pas que le supplément d’âme des soirées ivres. Ce n’est pas qu’un autre mot pour dire le fun. C’est, je le répète, une entreprise multinationale. Notre vocation, ce sera de transformer vos désirs en réalités. Notre métier, ce sera apparemment l’impossible, l’apparemment fou, le jeu collectif, en adéquation avec les forces vitales, dans toute sa magie. Ce que vous aimeriez voir dans le monde, pourquoi ne pas faire qu’il émerge ? Ces idées fantaisistes qui nourrissent vos rêves d’un monde meilleur, pourquoi ne pas les rendre tangibles, les incarner ? Vous savez bien que rien de grand ne se fait sans passion, comme l’a dit le père de la dialectique, et que la passion est toujours folle aux yeux des réalistes, toujours trop débordante aux yeux des castrateurs. Et il y a en chacun de nous un castrateur ou une castratrice qui sommeille. Notre entreprise sera à l’affût des miracles qui pointent leur nez chaque jour sous la forme d’une idée neuve, d’une proposition inouïe, d’une opportunité de complicités extatiques, d’un besoin imperceptible de sensualité spirituelle. Nous pouvons tout inventer car nous savons que tout ce qui fait monde a été inventé. Les obstacles sont des idées fixes. Or les réussites naissent aussi d’idées fixes. Et notre idée fixe, c’est que le monde doit manifester la richesse qui circule dans nos veines, dans nos têtes, au cœur de notre soif d’harmonie et de notre passion rieuse.

 

Nous vous offrons une aventure et un emploi. Le cadre est là, c’est l’association et demain pourquoi pas une fondation. L’équipe se constitue petit à petit. Les idées, nous en avons, nous en aurons. Il y a des dossiers à monter, des équipages à lancer sur les mers, un mode opératoire à mettre en place. Un monde nouveau ne peut que naître de notre civilisation en mal de changements. Ce monde nouveau, il tient entre autres à nous, créalistes, de lui donner ses couleurs et ses saveurs.

 

À la fin de ce discours, certains se demanderont toujours ce que concrètement nous allons faire au sein de l’entreprise créaliste, en oubliant de penser de manière créaliste, car ce que nous allons faire, c’est ce que vous allez faire. Ne vous adaptez pas au créalisme. Créez le créalisme. Nous sommes, pourquoi pas, le laboratoire et la matrice d’une nouvelle espèce humaine. Nous sommes, tant bien que mal, des embryons de la race des Surpoètes, ceux qui mettent au centre l’acte de poïesis, de création incarnée. Nous concevrons des projets qui nous paraissent favoriser une existence plus libre, plus joyeuse, plus active pour chacun de ses acteurs. Nous aimons l’amour, la philosophie, l’art, l’aventure, le jeu et nous ne voulons pas reléguer ces passions au rang de loisirs du dimanche. Nous en avons assez de l’ego trip vain, et nous ne voulons pas d’un monde où ceux dont on croit qu’ils ont tout génèrent l’envie de ceux qui ont moins. Nous ne sommes pas faits comme des rats. Nous voulons insuffler le meilleur de l’humain dans le travail, dans le quotidien. Demain, la fondation créaliste sera composée de vous et de scientifiques, de juristes, de spécialistes dans tous les domaines pour changer les codes existants et les rendre moins tristes, plus favorables à une vie où tout le monde ou en tous cas beaucoup plus de monde qu’aujourd’hui se sentiront privilégiés. Nous ne sommes pas capitalistes car nous ne croyons pas que l’argent et la plus-value doivent réguler nos rapports sociaux. Mais nous utiliserons pour l’instant, entre autres, le cheval de Troie capitaliste pour financer nos folies et prendre, petit à petit, la forteresse morose et caricaturale des marchés et des actionnaires...

 

Que ce soit dans l’art, dans notre rapport à la nature, dans l’éducation, dans l’administration, dans les médias, dans l’architecture, dans la science, dans la pensée, dans la mode, dans tout ce que vous voudrez, nous voulons initier des projets qui se réaliseront et qui changeront notre vision du monde et des possibles. Pour cela nous devons nous appuyer sur des forces de production existantes et en détourner certains canaux, certains flux à notre avantage... Nous ne voulons plus être gouvernés par le chaos organisé de ceux qui pensent détenir les clés du réalisme économique et politique. Pour cela, il conviendra d’agir, d’œuvrer, de jouir et de penser en même temps. Car le créalisme est aussi une philosophie incarnée, une manière de faire des mondes qui s’avance en pensant et en remodelant nos préjugés, nos croyances, nos entraves. On ne devient pas un magicien du monde en contemplant les écrans.

 

Le Créel, le centre de recherche pour l’émergence d’une existence libre existe. C’est notre association. Une entreprise d’un genre nouveau est en train de naître. Le mot d'entreprise convient-il d'ailleurs encore ? C'est une nouvelle civilisation dont nous accompagons l'émergence. Nous ne partons pas de l’objet mais de l’esprit. Nous ne partons pas du marché mais du cœur des hommes. Nous ne partons pas de ce qui est possible mais de l’inconnu. Nous ne partons pas de la société de consommation mais d’un rêve de civilisation où chacun occuperait une place dont il se réjouisse. Nous ne partons pas d’une idéologie belliqueuse mais de la joie aristocratique d’agir ensemble. Nous savons qu’il faudra nous battre, nous savons que dehors c’est la guerre, une forme de guerre absurde qu’on appelle la loi du marché, celle qui met les chiffres au-dessus de nos existences, celle qui place l’argent sur le trône de notre destin. Si vous trouvez notre raison sociale irréaliste ou insensée, alors demandez-vous s’il est sensé d’avoir pour raison sociale de faire fructifier un argent virtuel en créant toujours plus de dette et de pauvreté, s’il est sensé de produire en générant toujours plus d’obésité mentale, de surpopulation, de pollution et de déchets intraitables, demandez-vous s’il est souhaitable d’avoir pour raison sociale de fabriquer de la bêtise et de l’idiotie en masse, demandez-vous s’il est sensé de vouloir que toujours plus de personnes achètent des objets qui ne feront, au-delà du prurit illusoire de l’espoir que l’on place dans les marchandises, qu’augmenter la solitude malheureuse, la frustration et le recours à la vente de soi. Si vous pensez que nous vivons dans un monde de libertés où chacun fait ce qu’il veut, alors faites ce que vous voulez. Si vous avez peur du groupe, dites-vous que vous n’y échapperez pas : si cela n’est pas déjà le cas, vous travaillerez demain en groupe, dans une entreprise ou une administration qui aura pour logique, le plus souvent, le court terme et la gestion panique du désordre. L’aventure créaliste elle (parmi d’autres belles entreprises), tire sa force d’une raison sociale à l’horizon ample : une nouvelle espèce humaine qui aura réussi à historiciser, à socialiser l’épanouissement de notre joie.

 

 

Le désir d’utopie est ce qui nous porte au-delà de nos chaînes. Bien entendu, la perfection est une idée dangereuse. Du passé, nous ne faisons pas table rase mais nous en tirons prudemment les conséquences. Nous croyons qu’une société où chacun puisse se sentir le créateur de sa vie est meilleure qu’une société où il faut toujours s’adapter, renoncer, obéir, suivre, imiter. Nous créons la classe sociale unique de demain, celle des créateurs de mondes habitables, celle des créalistes.

 

Ne vous demandez pas ce qu’est le créalisme : répondez par vous-même, en agissant, en oeuvrant. En quittant votre quant à soi et l'échelle de valeurs qui a cours dans le monde du pouvoir en place : plus-value et plus-de-jouir. En vous inscrivant, non sans une part de sacrifice, dans le mouvement créaliste plutôt que de rester atomisés dans vos projets dividuels, si beau soient-ils. L’année qui vient sera celle de l’organisation et du développement concret et organisé de la vision créaliste. Les premiers seront les pionniers. Nous créons le monde.

 

 

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Commentaires

Le côté clair de la Force! Rien ni personne ne pourra vous (nous) arrêter! Merci Luis. Merci!

Écrit par : No' | 08/09/2010

oui je vous rejoins !

Écrit par : stéphan ziljak | 12/09/2010

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