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15/10/2011

Appendice au manifeste du créalisme

 Lire ici le manifeste originel du créalisme

 

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1. Le créalisme est une cosmopolitique de l'intégrité, qui scelle le retour dans les affaires humaines de la fidélité à soi dans la mondification du multiple. C'est la conviction qu'un humain à qui on ne permettrait pas d'inventer une partie de sa réalité est un mort vivant. De la réalité, tant qu'elle existe, nous avons à être les auteurs et non les otages. Commençons aussi à penser à des mondes symphoniques qui ne soient pas des agencements de choses (res) : un monde créel.

2. Le Créel se définit comme un chaosmos de novations tendant vers une infinité de mondes cohérents. D'un point de vue microcosmique, "le monde est ma création". D'un point de vue éthique, "le monde doit être ma création". D'un point de vue cosmologique, le monde est la composition jamais pleinement épuisée du Créel. Le créalisme n'est pas un anthropocentrisme : il est ouvert sur l'altérité vibratoire qui le fonde.

3. Le créalisme est une discipline créanalytique, sensible et sensée, une possibilité de vie philosophique fondée sur un principe de participation sociale, politique, esthétique et éthique des individus et communautés au réel conçu comme actualisation du Créel. Le Créel s'oppose aussi bien aux conceptions objectivistes et déterministes du monde (qui tendent à ne percevoir que le réel) qu'à tout essentialisme idéaliste (qui tend à oublier le réel). Le Créel est un quasi-absolu auquel on peut accorder foi ou que l'on peut maintenir sous le régime du pari volontairement incertain, qui ne serait efficace que par un accord humain, et qui vise à éviter les dogmatismes tout en sortant de l'impasse relativiste, subjectiviste et objectiviste, d'un monde d'étants agencés techniquement et sommés d'être hiérarchiques. 

4. C’est de l’intérieur de la motion de création que nous en dégageons les présupposés, les origines et les écueils possibles, en élaborant, au fil même de notre raisonnement et de nos interactions quotidiennes, l’ébauche d’une méthode « créelle », qui ne soit pas qu’analytique, qui ne décompose pas systématiquement le monde en éléments objectifs, mais qui soit aussi le fait d'un existant le plus libre possible. Créanalyse plutôt qu’analyse, pour nous démarquer du cartésianisme, c’est-à-dire de la position centrale d’une subjectivité mathématisante qui n’aurait d’autres certitudes que son doute, sa volonté de savoir sur le modèle de l’arithmétique et l’affirmation d’un ego cogitans, un je (expéri)mental qui soit une « chose qui pense »[1]. Créanalyse et non « déconstruction », car nous ne voulons pas présupposer que notre société soit construite sur le seul mode des machines ou du bâtiment, matériellement. Nous ne cherchons pas tant à nous représenter le monde, c’est-à-dire à le dupliquer au sein d’un système cohérent, hyperlogique mais empaillé, qu’à lui offrir la joie, le don, le jeu et le désir actif que nous sentons couler dans nos veines.


5. La théorie physique la plus proche du créalisme est ladite théorie des supercordes. Cette question est creusée dans le texte qui suit, une cosmogonie syntonisée par Luis de Miranda : Aux frontières du Créel.pdf

 


En épilogue au Festival Crealia 2011, au Portugal. 


[1] « Mais qu’est-ce donc que je suis ? Une chose qui pense. Qu’est-ce qu’une chose qui pense ? C’est une chose qui doute, qui conçoit, qui affirme, qui nie, qui veut, qui ne veut pas, qui imagine aussi et qui sent. » (Méditations métaphysiques, 1641).

 

  Pour aller plus loin : L'art d'être libres au temps des automates9782353410835.gif

Une vie nouvelle est-elle possible ?

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Ainsi que les autres ouvrages de Luis de Miranda

 

 

 

20:45 Publié dans philosophie | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : créalisme | |  Facebook | |  Imprimer

Commentaires

Merci Luis (et contributeurs), ci-dessous, les extraits de mes passages 'préférés' ou disons, ceux qui motivent la contribution 'SUR' LE VIF ci-dessous (vers une ÉTHIQUE DE L'EXTATIQUE !;-)) :

Le créalisme n'est pas un anthropocentrisme : il est ouvert sur la créaltérité qui le fonde.

*-* Heureux de lire que l'altérité n'est pas limitée à l'intersubjectivité (humaine;) : une voie ouverte au dépassement du sujet cartésien (de la dualité), à la 'dilatation' du moi psychologique du XXeme au delà et en deçà de lui-même, refus et éclatement de tout système d'auto-objectivation (Ex Hegel) qui est auto-absolutisation (tel que le logos depuis le Platon Post-socratique !) : systémique ouverte (anti-dogmatisme.. anti-solipsisme ET anti-nihilisme (les deux étant à surmonter par leur composition) : logique paradoxale du "moi et du non-moi" comme altérité première et fondatrice => fondement DYNAMIQUE) ; au delà et en deçà de l'exister du sujet, remise en cause de la notion d'individus séparés (d'eux-mêmes, entre eux et du monde.. celà revient au même (dualité à surmonter) => poser la question de la non-dualité. Ex :- celle du "préréflexif" (Husserl posthume et sa phénoménologie génétique (trop ignorée des phénoménologues eux-mêmes qui se limitent à l'apparaître de apparaissant pour la conscience, quand la question préalable est l'apparaître de la conscience à elle-même) et Merleau-Ponty (phéno de la perception : la chair, "je suis un corps de chair", "le monde est chair". Le visible et l'invisible : "LE NON PERÇU EST EN DEÇÀ ET AU DELÀ..!)- Le "préindividuel" de Simondon (qui rejoint la question de la révolution scientifique et philosophique à venir, par exemple sur des travaux d'études conjoints entre philosophie et mécanique quantique vers une "NOUVELLE THÉORIE UNIFIANTE" => ex : corpusculaire ET ondulatoire, visible ET invisible, chose ET mouvement,..) qui peut, à mon sens être posée comme 'relation transductive' entre 'exister' et 'être' => maintenir la polarité (la 'fausse question' de l'essence et de la substance étant alors déplacée vers LA RELATION, plus enfermée au sein des pôles => se libérer (sans le nier) du pôle 'exister' pour penser à partir de la relation à l'ÊTRE (le préindividuel comme fond commun, condition au 'processus de subjectivation' - côté être - et le fond de valeurs et de culture commune - côté exister - Et les propriétés émergentes en chaque pôles mis en relation : les singularités et le processus de Trans-Individuation ! :-) (rappel Simondon : "l'être en tant qu'être n'est pas individué")=> "désusbstantialiser" l'individu sans le "déréaliser" (la relation fait la réalité du réel, l'individu est la RÉALISATION DE LA RELATION" => svp, qu'il cesse de tourner en rond sur lui-même en se regardant le nombril par l'extérieur, ça (lui-dualité) ferait du bien (à tous/tout-non dualité) !)=> par delà la non-identité de l'être de BACHELARD : une PLUS-IDENTITÉ (transductive, "je suis relation à.. donc je pense à partir de la relation à.." et je ne peux ÊTRE que çà !.. sinon, existence comme système bouclé et fermé sur lui-même.. exclusif.. infertile.. entropie.. mort..)‎

Le créalisme s'appréhende comme l'esprit du XXIème siècle, et en cela il doit être autocritique plutôt qu'idéologique. A minima, c'est un mouvement diffus, tendant vers une prise de conscience en acte, après le postmodernisme, de l'équation "instantéisme + épisme = créalisme" : vivre et agir d'abord au présent, intensément et héroïquement, mais réenchanter l'avenir en édifiant par nos actions des mondes amples dans lesquels nous ne soyons pas aliénés ou enfermés.

*-* le "présent" comme "milieu atemporel comprenant plus que lui-même", "OMNITEMPS" 'préalable' au temps qui est hors du temps ET qui n'est 'PAS AVANT LE TEMPS' car LE TEMPS N'EST PAS AVANT L'INDIVIDUATION.=> l'instantéisme + épisme = surf au 'présent' sur la relation entre temps et 'omnitemps' (encore la relation entre temps-exister et omnitemps-être..!)=> Réenchanter l'avenir par l'incarnation au présent (compris comme omnitemps mis en relation au temps : seul 'non-point, champ' de conjonction : le PRÉSENT - hors le 'sujet' (car il) est toujours dans le tout-juste-déjà-passé de l'expérience.. => de la nécessité de refonder le 'sujet' à partir de sa relation à l'omnitemporalité)Ex en ART : JE CHANTE = INCARNER UN CHANT (être) ET INTERPRÉTER UNE CHANSON (exister) : je connais ma chanson, elle a du sens pour moi à partir de 'ma vie', mes expériences ET je suis conscient que ÇA CHANTE à travers moi (et que si je 'saisi' (par le 'mental', hors de l'incarnation puisqu'en observation de moi-même - soit dans le tout-juste-passé, soit dans le presque-à-venir) mon chant, ai un regard réflexif sur mon interprétation (passé ou à venir), je perds la relation ACTIVE-PASSIVE à l'être et ne suis plus qu’interprète... jusqu'à ce qu'à nouveau je "lâche prise" pour 'me' relier à l'être (préréflexif) qui chante à travers moi, via mon corps, par ma voix, par nos mots.. et qui chante mieux que moi (comme lieu du doute), qui "CRÉALISE AVEC/A TRAVERS MOI" !.. (à travers => trans-inductif : transductif)

Le réalisme économique capitaliste se présente comme une vérité indépassable à laquelle il s'agirait de s'adapter sous peine de mort sociale. D'où la proposition du Créel comme absolu exorcisant tous les intégrismes (également les religieux) qui prétendent que leur réalité est la vérité.

*-* RAS. si ce n'est attention à ne pas retomber dans le néo-marxisme, lui-même aussi à surmonter.. Cf. économie libidinale ou 'de contribution' : l'économie ('prendre soin') des 'consistances' au delà (et en deça) des économies de "subsistance" et "d'existence" (Bernard Stiegler et http://arsindustrialis.org/category/tags/economie-libidinale => de la nécessité de se réapproprier le langage et de créer de nouveaux symboles.. poétiser le réel.. externalités positives..)

Nous ne cherchons pas tant à nous représenter le monde, c’est-à-dire à le dupliquer au sein d’un système cohérent, hyperlogique mais empaillé, qu’à lui offrir la joie, le don, le jeu et le désir actif que nous sentons couler dans nos veines.

*-* OUI, la question du Désir est centrale !! et il est DYNAMIQUE, ACTIF :-)) et encore à penser à partir de la relation plutôt que des pôles : masculin-féminin action-sagesse ; le tout dans l'incarnation (féminin-masculin comme polarités inhérentes à chacun, principe du désir, visible dans l'enroulement des brins d'ADN, Cf. double hélice des indigènes, serpent cosmique, tantra, etc..), seul lieu de conjonction entre temps (action engagée dans le temps et l'espace) ET omnitemps (sagesse, attitude contemplative, intelligence vivante (du corps), mémoire transindividuelle, DYNAMIQUE de par sa relation au temps..) => activité passive et passivité active (Cf. "passivité" dans son sens phénoménologique : action sans volition égotique => GENÈSE ? Auto-poïèse ou Auto-Poétisation ?.. => la Genèse comme éthique de l'extatique via la relation (fractale) immanence-transcendance, moi-non-moi, etc.. => approche nécessairement paradoxale des parèdres.. union sans fusion : masculin-féminin, terre-ciel, opacité-lumière, matière-énergie,..)=> Conclusion : ne pas "organiser" pour être ouvert au "ça s'organise"=> Poser la question de la relation de l'Être ET de l'Exister comme ORGANISATION DYNAMIQUE (présent comme omnitemps, CHOSE-MOUVEMENT OU "RES-DYNAMICA") à partir du passé (fini) et vers le futur (indéfini, ENCHANTÉ). De mon point de vue, le "organiser" devrait sciemment transcender l'organiser par les "existants réfléchis", ouvrir l'organiser au "ça s'organise", c'est-à-dire non seulement au "vivre comme exister", mais à la vie elle-même comme principe inhérent à tout système organique (organisé !)

Glossaire sur mots courants :DYMANIQUE : Empr. au gr. δυναμικός « PUISSANT » ; 1852 philos. sociologie dynamique « qui étudie la vie en mouvement, les forces créatrices du devenir, le progrès »=> PUISSANCE (sens Nietzschéen) et MOUVEMENT (ce que ne savent pas encore étudier nos sciences qui arrêtent, discrétisent le temps - en dehors de la relation à "l'omniprésent" - la question de la "Nouvelle THÉORIE UNIFIANTE" COMME RÉVOLUTION philosophique et quantique)

EXTASE latin : ex : en dehors, et stas : se tenir, c'est à dire être en dehors de soi, ce que le Robert formule ainsi : « Etat dans lequel une personne se trouve comme transportée hors de soi et du monde sensible ». Notons au passage que, « hors du monde sensible », le plaisir tel que nous l'entendons habituellement, dans un monde sensible justement, soit à reconsidérer. Par ailleurs, se pose la question d'un plaisir, d'une jouissance, hors de soi.
=> REDÉFINITION DU CORPS COMME INDÉFINI (CAR HORS DE SOI NE VEUT PAS DIRE, à mon sens, HORS DU CORPS MAIS HORS DU "MOI RATIONNEL, TEMPOREL, INDIVIDUEL,.." via un corps qui est lien au monde et à "tous les mondes" Cf. Foucault et "le corps utopique" en réaction à http://cafe-psy.over-blog.com/article-prochains-debats-mercredi-14-et-28-avril-2010-47548398.html)

=> PHILOSOPHIE COMME PRAXIS QUI ENGAGE LE CORPS (PAR DELÀ ET EN DEÇÀ DE LA DUALITÉ CORPS-ESPRIT)
=> ... STATIQUE (CORPS) ET EXTATIQUE (TRANSPORT) ps. sur l'action-sagesse : Cf. grecs, temple d'Éleusis,.. "le délire amoureux comme seule accès à la sagesse"
=> l'extase amoureuse ! Alors vive les philosophes et artistes amoureux !..;-))

Écrit par : Gaëtan Dhayer | 16/10/2011

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