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28/03/2012

Luis de Miranda parle de la mutation créaliste

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Enregistré le 27 octobre 2011 - Interview radio (BFM)

 

Le créalisme est un mouvement philosophique, artistique, politique et existentiel nommé par Luis de Miranda dans les années 2000, à partir du néologisme Créel (néologisme forgé à partir de créer et de réel), terme qui trouve son origine dans son roman Paridaiza et dans son essai sur Deleuze, "Une vie nouvelle est-elle possible ?" Les sources sont, entre mille autres, Nietzsche, Bergson, Lacan, Hegel, Heidegger et Deleuze.

Le créalisme est le respect amoureux des différences qui veulent advenir à l'existence et son mot d'ordre est faire exister ce qui n'existe pas en devenant compositeur de sa vie. C'est historiquement la prise de conscience collective, après l'effondrement post-moderniste, que la réalité n'est pas analogue à la vérité, mais que les producteurs du réel tendent à chaque époque à imposer leur codage comme vrai et absolu. La création s'étend dans le domaine public. L'émancipation humaine repose non pas sur l'adaptation aux protocoles existants, mais sur l'ordination de nouveaux ordres reflétant mieux notre âme et notre désir, un processus que les artistes connaissent bien et qu'il s'agit de démocratiser. Il s'agit de faire de la Terre notre oeuvre d'art musicale, harmonieuse. Le créalisme vise à enchanter les pratiques sociales et à introduire du jeu dans nos codes. Désobjectiver notre monde et désautomatiser les humains. Le créalisme ne dit pas que le réel n'existe pas, mais qu'il est toujours déjà mort ou en cours de décomposition (et donc à terme étouffant), puisque sans cesse dépassé par le créel et la nécessité de nouvelles ordinations répondant à l'onde de la novation (qui n'est pas nécessairement une innovation technologique).

 

Le créalisme n'est pas une réactivation de la perspective protagoréenne, trop anthropocentrique, qui fait de l'homme un manipulateur et de la vie un arsenal. Le créalisme n'affirme pas que l'homme est le créateur originel et le maître et possesseur de la nature. Les humains ne peuvent rien créer sans l'aide du chaosmos qu'est le créel. L'humain ordonne des mondes, choisit parmi les multiples possibles du fleuve des crealia, dont la plupart restent des vibrations en puissance. Nous devons retrouver notre capacité à co-construire le monde plutôt que nous adapter à des réalités construites par des créordinateurs qui chercheraient à avoir le monopole de la production du réel.

12:00 Publié dans philosophie | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : créalisme, bfm, mutation, miranda | |  Facebook | |  Imprimer

Commentaires

Très belle introduction en capture ouverte d'une époque ! :)
Et que 'jaillisse la créativité des Co-créateurs de réalité' - Dignité : aptitude à co-créer la part indéterminée de l'homme. Mutations, l'absolu à l'intérieur de nous-même (incarné!;).. Oui, j'aime beaucoup de mots et tes propos qui donnent sens à leurs échos..

Et après la Co-Individuation de Simondon, la transduction par Stiegler, et le Co-Créalisme de Luis, que vienne, vive et devienne un trans-Créalisme ! ;-)

Bonne soirée Luis et merci.

Écrit par : Gaëtan Dhayer | 31/10/2011

Merci de tes enthouragements, Gaëtan...

La question de l'incarnation du Créel est primordiale et reste à affiner. En tant que devenir, le Créel me semble être physique, disons infraphysique. En tant qu'absolu éthique, il ne me paraît pas fétichisable en tel corps plutôt qu'un autre, et c'est en ce sens que dans l'interview je dis qu'il n'est pas incarné individuellement, même si tout corps participe du Créel...

Aujourd'hui, la notion d’éther, longtemps rejetée comme antiscientifique, revient en force en cosmologie à travers les conjectures de la matière noire et de l’énergie sombre. D’après de nombreux scientifiques, l’univers ne serait composé qu’à 5% de matière atomique telle que nous la connaissons. 23 % du cosmos serait constitué de matière noire, une dimension encore inconnue. Et les 72% restants sont nommés dark energy, dont aucun chercheur aujourd’hui ne saurait qualifier la nature. Nous entrons donc dans le débat en proclamant que ces 95% de l’univers qui restent inaccessibles à la science objective, c’est le CRÉEL. Ce qui coïncide parfaitement avec notre thèse selon laquelle le réel est très minoritaire – 5%, c’est une estimation crédible. Ne laissons pas les laboratoires coloniser le créel avec leurs instruments de mesure prosaïques et stérilisants.

Écrit par : LdM | 31/10/2011

Débit parfait, clarté des paroles, hauteur de point de vue et..approche didactique !
Bravo
Signé : Le communicant JS :)

Écrit par : JS | 23/12/2011

Bonjour,

Votre concept de créel fait écho à de nombreuses réflexions que je me fait depuis plusieurs années déjà et aussi à ma propension à modifier spontanément une réalité qui ne me satisfait pas pour en créer une qui me satisferait. Mais j'en arrive à considérer que ce travail est vain, car divin. Aussi la seule solution que j'entrevois passe par le soutien de la simulation informatique, ou l'ordinateur et mon moi fusionnés formeraient ce Dieu. Par extension, je voudrais savoir ce que vous pensez du mouvement tranhumaniste et notamment de la simulation de réalité à travers une interface neuronale directe?

Écrit par : Pascartes | 09/12/2012

Bonjour
Je ne comprends pas la formule : vain car divin...
J'aimes les ordinateurs de tout sorte, et les computeurs sont des machines utiles. Mais en matière de créalisme, le verbe est plus puissant que tous les microprocesseurs. Vous semblez troublé par l'idée de Dieu, lisez ce que j'en dis dans L'être et le néon et dans L'art d'être libres au temps des automates (deux livres lisibles numériquement ou analogiquement)
Amitiés
Luis

Écrit par : LdM | 10/12/2012

Je parle du divin car l'harmonie que j'entrevois est si subtile qu'elle échappe à la pensée rationnelle, Jacobi disait que le rationalisme mène au nihilisme. Le verbe peut beaucoup, certes, mais sans support d'une réalité des sens il a peu d'intérêt.
Cordialement

Écrit par : Pascartes | 10/12/2012

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