21/01/2011
Nous
par Luis de Miranda

Lucides, nous le devenions. Extralucides, même, parfois, par refus d’adapter notre vision à la réalité admise. Il nous arrivait de voir par-delà les formes, notre intuition en éveil. Nous respirions alors par le nez – une inspiration profonde qui éveillait notre instinct. Et pourtant nous sentions nos limites. Nous n’accédions au sublime que par instants, impressions furtives, formules. L’un de nous avait dit : Pour celui qui sait où il va, les obstacles sont une nourriture. Une autre avait ajouté : Pour celle qui va vers son atmosphère, tout est oxygène.
Il nous semblait que le Grand Destin du Monde était avec nous. Mais cela dépendait de notre désir, et de la fluidité des résistances. Nous arpentions les villes, encore trop dures, nous caressions la pierre et la paume de nos mains vibrait. Ceux qui nous croyaient fous, nous les décrétions morts. Nous étions des nouveaux-nés.
Chaque être humain était une vibration, agréable ou irritante, qui venait effleurer les triceps. Nous n’étions pas sûrs de les comprendre encore : c’était un terrain à explorer, opaque, en raison du manque de franchise qui était l’ombre de la société. Ce déficit d’honnêteté intellectuelle et émotionnelle, dit l’un de nous, était précisément ce qu’il y avait à comprendre. Une autre ajouta : C’est un déficit de style. Sans axe propre, pas de cohérence de la forme, pas d’esthétique, donc pas de vérité. Nous étions dans la pénombre encore, mais nous nous guidions à l’odorat avec une relative confiance.
Sans doute disposions-nous de peu de temps. La part libre de notre être était le jeu d’une incessante volonté de colonisation de la part des forces de la répétition. Mais en retour nous nous étions faits envahisseurs opiniâtres de l’espace du calcul. Parfois, l’un de nous parlait de l’amour comme d’une arme douce. Une autre répondait : Qui aime bien châtie bien. D’autres voix s’élevaient, citant le hasard vertueux, les conspirations magiques, l’amitié. Là encore, il y avait beaucoup à réapprendre. Nous avions hérité d’une confusion totale des idées, et c’était déjà avancer que d’en faire le constat. Tandis que la sphère réaliste continuait de s’empêtrer dans la boue des définitions, nous faisions table rase, prêts à requalifier un à un les signifiants souillés. Au fond, nous étions joyeux.
Entre nous certains affects tendaient à devenir caducs : la jalousie, sœur de l’esprit de compétition se terrait peut-être dans un coin, prête à nous sauter au cou, mais peut-être aussi l’avions nous terrassée par inadvertance. Il ne suffisait pas de nettoyer les valeurs – certains signifiants étaient à produire sui generis. Parce que notre cœur était grand, nous n’avions pas peur des concepts. Parce que notre intellect était souple, il s’autorisait la sensibilité. Mais là encore, nous étions novices, apprentis de nous-mêmes, et savions que notre humilité seule nous porterait loin. Sans doute fallait-il apprendre à reconnaître ses travers et à les exprimer. Écouter celles et ceux qui, complices de l’air du temps, réclamaient moins de pensée et davantage de simplicité. Simple est le mot le plus compliqué de la langue française, interjeta quelqu’un par malice et cela nous fit sourire.
Les perceptions nous intéressaient. Nous écoutions les bruits de machines, corrosifs, acérés, qui peinaient à couvrir le grand silence qui était la gangue de notre présence. Les voix humaines escaladaient l’air, comme des grappes de raisin. Raisons propres. Nous écoutions la trame du monde et la logique du scénario nous échappait encore. Nous balbutions, cherchant la porte d’entrée, le fil d’Ariane, l’idée derrière les bruits, l’épure derrière la profusion des enveloppes. Nous faisons fausse route, disaient certains. Désignons un chef d’orchestre, cria une voix. Non, fit le chœur. Des premières personnes du singulier cherchaient à poindre. Peut-être avaient-elles toujours été là, suintantes de vouloir, terrées sous la table. Peut-être faisaient-elles partie du plan d’attaque, ou du plan du labyrinthe. Il faut pénétrer les corps, dit quelqu’un.
Le voyageur immobile ne va nulle part s’il ne sait projeter son esprit et l’envoyer courir au loin dans les prairies de l’avenir, cheval, léopard, vent, électricité s’agrippant au sol par les racines des pylônes. Et si l’inanimé voulait davantage que le libre arbitre ? Nous sommes trop abstraits, dit une voix féminine en s’étranglant sur la fin. On voyait que le constat lui coûtait. Nous aimions les idées, et pourtant nos pieds se posaient partout, sur l’herbe d’un jardin, sur le bois d’un parquet, au fil d’un trottoir, graviers, matelas, ascenseur, queue de cinéma, restaurant, et la présence de nos pieds allait jusqu’à mouler des chaussures sans jambes, comme si les objets étaient, là encore, dotés d’une âme propre, et ferme.
Sans cesse des entités cherchent à nous envahir, commença l’un de nous. En multipliant les points d’accès au monde, nous multiplions les chances d’être infectés par des microbes incompatibles avec notre forme de vie. La question de l’immunité est donc centrale – peut-être la virologie est-elle la porte d’entrée que nous cherchons. Sans cesse la forteresse est prise d’assaut. Mais la vie n’est-elle pas le plus puissant des virus ?
D’autres évoquaient la possibilité de se constituer en trou noir, d’absorber le devenir, d’être une puissance absorbante. Parfois, ce sont des malentendus qui nous font boiter, dit l’une, alors que nous devrions rire. Pourvu que nous marchions, plutôt que d’emprunter systématiquement les transports publics, pourvu que nous ne cédions pas à l’apitoiement sur nous-mêmes, lorsque les signes du destin se faisaient plus sourds. Il convient de constituer une science des impressions, de pénétrer l’univers parallèle autrement que par fulgurances vagues. Que voyons-nous ? Sommes-nous capables de retourner la pensée sur nous-mêmes, sur notre propre regard, sur notre perception ? Et si l’autre côté du miroir était derrière nous ?
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11/01/2011
Numérisme, créalisme, signifiants
Paru dans le bulletin de veille du CLEMI :
"Le CLEMI est chargé de l’éducation aux médias dans l’ensemble du système éducatif français depuis 1983. Il a pour mission d’apprendre aux élèves une pratique citoyenne des médias. Cet objectif s’appuie sur des partenariats dynamiques entre enseignants et professionnels de l’information. Tous les enseignants, quels que soient leur niveau et leur discipline peuvent avoir recours au CLEMI, tant au plan national que régional, pour se former, obtenir des conseils ou des ressources."
08:45 Publié dans philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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06/01/2011
Ce que tu ne peux atteindre, dépasse-le
par Luis de Miranda

Nous vivons en édificateurs de mondes nouveaux et vivants, c’est-à-dire en Surpoètes complices. Nous avons entamé, quelques années plus tôt, un lent et courageux processus d’extirpation de l'ego paranoïaque ainsi que de l'influence d’une époque finissante et enragée. En psychologie, l’expression devenir adulte pourrait être convoquée – à tort. Il ne s’agit pas d’accepter la névrose. Nous sommes des métadultes.
Ce que tu ne peux atteindre, dépasse-le.
Ceux qui croient que la décennie à venir sera l'une des plus intéressantes de l'histoire de l'humanité ont raison.
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23/12/2010
La télé nous lobotomise-t-elle ? - itw de Luis de Miranda
14:33 Publié dans philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : télévision, miranda |
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14/12/2010
Wikileaks : qui règne par le code tombera par le code
par Luis de Miranda
Tribune publiée dans le journal Libération du 14/12/2010 : à lire ici
L’être humain est un animal protocolaire. Nos comportements obéissent, consciemment ou non, à des codes. Jusqu’à une époque récente, le protocole était un instrument de pouvoir hégémonique. Plus on maîtrisait les règles et leur construction, plus on contrôlait la population. L’écriture et la police des protocoles étaient le privilège des élites dominantes.
Internet est aujourd’hui le lieu par lequel l’humanité est en train de prendre conscience que la liberté passe par la reprise en main collective de la construction et de la réinvention des protocoles. Le nom de Wikileaks restera comme l’un des jalons de cette démocratisation. Dans le mot Wikileaks, leaks est important : ce sont les fuites grâce auxquelles les cercles décideurs qui jadis apparaissaient solides comme le roc se liquéfient et perdent de leur superbe. Mais wiki est tout aussi signifiant : cela veut dire que tout un chacun peut contribuer à cette démystification active des protocoles.
Quel est le point commun entre Internet et les cercles diplomatiques ? Ce sont deux mondes régis par des protocoles très stricts, mais de manière inversée. La rigueur diplomatique est un vernis de surface qui permet au fond toutes les hypocrisies, les coups bas et trahisons. Le protocole est mis en scène, tandis que les manœuvres restent dans l’ombre. La rigueur d’Internet se trouve au contraire dans tout ce que l’on ne voit pas : dans ses codes source, dans ses standard universels d’écriture des programmes et de traitement des informations (par exemple, sur Internet, les standards RFC, TCP/IP ou HTML). Ce qui est visible immédiatement, sur le Net, c’est un joyeux chaos, la turpitude, la liberté d’expression, toutes les manifestations du kaléïdoscope humain. Nous sommes depuis longtemps vaguement familiers des codes qui régissent la vie plus ou moins feutrée des ambassades, ces règles plus ou moins tacites d’étiquette, de préséance et de relations entre les États et leurs émissaires. Nous connaissons moins bien la récente logique opératoire de la technologie numérique.
Wikileaks est le produit de la culture hacker. Un hacker, ce n’est pas un méchant boutonneux qui provoque la troisième guerre mondiale en bidouillant des computeurs. Un hacker est un acteur du réel : sa pratique repose sur le « reverse-engeenering », ou rétroconception. Qu’est-ce à dire ? Il s’agit de déconstruire les programmes, les règles ou les protocoles construits par des groupes à vocation monopolistique pour comprendre comment ils sont bâtis à la source, afin de les modifier et de devenir acteur de ses propres instruments de communication, si possible en open-source, c’est-à-dire conformément à l’esprit des logiciels libres, modifiables par tous ceux qui se donnent la peine de connaître la logique numérique des protocoles. Mais cette manière de faire, les hackers ne la limitent pas aux programmes numériques : à force de passer le plus clair de leur temps sur Internet, les jeunes générations ont désormais l’algorithme dans la peau : elles comprennent à quel point nos protocoles mondains, nos règles politiques et sociales, nos comportements, nos goûts, nos croyances, nos identités ont été construites et sont des instruments de contrôle.
Le monde diplomatique, celui des dirigeants, n’est certes pas sacré. Beaucoup l’ont répété dans leurs analyses, les fuites de Wikileaks ne sont pas très surprenantes dans le contenu. Mais n’oublions pas que « le message, c’est le medium », selon la fameuse et toujours éclairante formule de Marshall McLuhan. La force de l’événement historique en cours, dont Wikileaks est une manifestation particulièrement forte, réside dans la forme plutôt que dans le fond. Cet événement se dit ainsi : le numérisme, à savoir la codification globale de nos représentations en suites électroniques binaires est un nouvel ADN universel. Ce numérisme, par effet de contraste, met de plus en plus à jour une tendance humaine complémentaire : le créalisme, à savoir la volonté de s’autonomiser, de se maintenir librement à l’écart des automatismes, tout en reprenant en main une recréation démocratique des protocoles. En anglais, cela se dit empowerment ; en français classique, capacitation.
Face à cette double logique, les vieux mondes analogiques élitistes du double langage et du bluff, ceux notamment de la politique et des institutions diplomatiques, ne peuvent qu’être ébranlés. Le message qu’envoie, entre autres, Wikileaks à ceux qui gouvernent est le suivant : à présent que vous avez recours à la logique numérique pour organiser le monde et contrôler les masses, sachez que les masses pourront avoir accès, comme vous, à ce protocole universel pour le détourner ou en démasquer les usages hégémoniques. Cette démocratisation paraît inévitable, à moins de mettre en prison tous ceux qui connaîtraient la programmation informatique : une tentation qui semble démanger certains dirigeants, y compris en France.
Celui qui règne par le code tombera par le code. Ceux qui entendent contrôler les masses par la biométrie, le contrôle électronique, doivent s’attendre à voir les protocoles numériques se retourner contre eux grâce à la vigilance de quelques uns, pourvu qu’Internet et la presse restent libres. Une liberté qui ne doit pas être que technique, mais critique et constructive. Car n’oublions jamais, avec Orwell, que le numérisme seul, sans créalisme collectif, ne mènera pas à plus de démocratie, mais seulement au meilleur des mondes.
LdM, auteur de L’art d’être libres au temps des automates (Max Milo, 2010)
09:34 Publié dans philosophie | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note |
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02/12/2010
Le créalisme est une éthique du sublime
par Luis de Miranda

Beaucoup de questions existentielles et philosophiques, individuelles et collectives, se nouent autour de la question de la limite et du sublime.
Au long de notre vie, malgré nos progrès, malgré notre accroissement éventuel de puissance ou de pouvoir, malgré nos joies et nos réussites, nous ne pouvons cesser, si nous sommes honnêtes, de nous sentir limités. Cette sensation est sans cesse trouée, contredite et renforcée à la fois, exaltée par le sentiment du sublime. C’est là une expérience humaine fondamentale : nous avons toujours des limites, que celles-ci soient intellectuelles, sociales ou physiques. Mais la spécificité poétique de l’humain est dans le sentiment du sublime, le respect de l'illimité, mis à mal par la logique du numéraire et de l'adaptation, dont la propagande vous dira que vous pouvez être illimité par la voie de l'ego-trip.
Nos limites évoluent. Nos bornes d’hier ne sont pas celles d’aujourd’hui. Ce point est corollaire d’une autre idée importante : il vient un temps où nous nous apercevons que le fait de vouloir repousser sans cesse ses limites est un leurre s’il ne s’accompagne pas de la conscience que notre identité, notre présence au monde sont déterminées par notre rapport cospirituel à autrui autant que par notre désir de rejoindre un absolu sans frontières. Ce qui définit le Surpoète : l’invention des limites par le dialogue, la construction commune de repères qui restent fidèles au sublime.
La liberté, nous la définirons comme un pouvoir autonome d’inventer de nouvelles limites en restant fidèle au sentiment du sublime et à une éthique de l'entente. Le sublime est invisible, il est à ouïr.
Les choses dépendent plus ou moins de nous. Ou comme le disait le stoïcien Epictète, « il y a ce qui dépend de nous, il y a ce qui ne dépend pas de nous »[1]. Il ne faut jamais confondre les idées que l’on se fait de la vérité et la vérité. Le sentiment d’une limite peut être une idée fausse : c’est une représentation plus ou moins basée sur l’expérience, les habitudes ou l’opinion commune. Détournant la sagesse de l’école stoïcienne, nous mettrons en évidence une question qui devrait toujours accompagner la sensation d’une entrave : est-ce qu’il dépend de moi de dépasser cette limite ?
Le seul fait de percevoir une limite indique que nous avons une représentation du possible. C’est là le signe que les bornes, lorsqu’elles sont conscientes, ont des chances d’être sociales, culturelles, liées à la somme des connaissances et des représentations à une époque donnée. Il faut lire le bijou de Kant, Observations sur le sentiment du beau et du sublime. On y comprend que le beau est inférieur au sublime parce que plus conservateur : « Le sentiment du sublime, tantôt s’accompagne de tristesse ou d’effroi, tantôt de tranquille admiration, et tantôt s’allie au sentiment d’une auguste beauté. J’appellerai sublime-terrible la première sorte de sublime, sublime-noble la deuxième, sublime-magnifique la troisième. Une profonde solitude est sublime, mais elle inspire l’effroi. Le sublime est toujours grand, le beau peut aussi être petit. »
Dans un monde où l'esthétique est de plus en plus codée, standardiséeet réglée par le numérisme, la catégorie du sublime reste la clé d'un territoire authentiquement artistique, éthique et pratique.Que serait une existence qui garderait pour axe le souci du sublime,lors même que les limites de l’adaptation nous quadrillent ?
Le sublime est peut être l'une des seules voies par lesquelles nous avons encore accès au créel, perçu et senti comme un devenir absolu et créatif. C'est dire que la question de la liberté y est intimement mêlée. Le créalisme ne défend pas un monde plus beau, mais la cohabitation respectueuse de mondes plus proches du sublime, une cohabitation accessible par une éthique de l’âme oyante et non une cosmétique de la représentation.
« Que dois-je faire ? » Agis de telle façon que tu sois fidèle au sentiment musical du sublime en toi, tout en respectant le dialogue avec le sentiment du sublime chez l'autre.
17:03 Publié dans philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note |
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30/11/2010
CREALISM CLAIMS

photo Eric Garault (détail)
Crealism claims that the world ought to be our common work of art.
Therefore, there shall be less and less separation between the everyday life and the esthetical moments that art provides.
Crealism claims that we should stop to adapt to reality as if it were truth.
Therefore, we should be the architects of our reality, by co-creating our orders and game rules.
Crealism claims that the flow of the Creal is the ever creating vibration from wich reality is shaped.
Therefore we should be aware that there's always much more in life than what we see.
Crealism claims that society should be organized around the values of art and creation, and not the market money values.
Therefore, we should all participate in making the art market less absurd and speculative. "A new society would be necessary if art ought to be innocent again" Thomas Mann.
Crealism claims that improvising is existing, but order is necessary.
Therefore we should work on an equilibrium between happenings and protocols.
Crealism claims that numerism wants to rule the world and impose its codes, but that Eros is stronger that Numeros.
Therefore we should play with the automatons to make them produce freedom, and settle our own codes.
A Crealist is a receptor of the Creal, a compositor of existences.
Crealism claims that perception is a point of view.
Therefore we should deconstruct the perception clichés.
Crealism claims that every human being plays a different music, on a personal tone.
Therefore we should encourage singularities and listening.
Crealism claims that too much information kills the imaginative power, and that without imagination reality is dead and reproductive.
Therefore we should let empty spaces copulate with informed spaces.
Crealism is an enemy of standardisation and mimetism.
Therefore we will produce our own ephemerous repetitions to break the routines.
Crealism claims that there are many worlds.
Therefore we will consider our space of expression as a field for multiple systems.
Crealism wants to fluidify heavy dualisms, like man/woman, art/business, poetry/reality, death/life.
Therefore we will try to give birth, alltogether, to a more generous and genuine world.
Luis de Miranda
23:52 Publié dans philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : crealism |
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09/11/2010
Interview de Luis de Miranda - radio Suisse romande
INTERVIEW SUR LA RADIO SUISSE ROMANDE : ICI
12:14 Publié dans philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note |
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