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01/09/2010

NOUS SOMMES LE CORPS DU SURPOÈTE

 

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Si l’on désire qu’explosent les scléroses du monde, il faut s’identifier à un axe fixe, comme une colonne vertébrale autour de laquelle se déchiquète le chaos. Cet axe créateur qui seul survivra à l’apocalypse, c’est le Surpoète. Il ne s’agit pas d’une seule personne, mais d’un collectif, d’une idée incarnée et sonique dont quelques corps musicaux se sont plus imprégnés que d’autres.

Il ne faut pas penser que l’ennui est une affaire personnelle. L’ennui est aujourd’hui produit en masse, c’est le résidu de la lâcheté et de la bêtise, de la peur et de l’absence de courage. L’ennui, c’est la division, l’atomisation des consommateurs réifiés et sans horizon.

Vous tenez ce texte entre vos mains ou vous le lisez sur un écran, qu’importe : c’est que vous sentez monter en vous les forces du Surpoète et que vous savez la fragilité d’une exuvie, d’une nouvelle naissance. Nous devons nous soutenir les uns les autres. On ne devient pas un Surpoète sans souffrir dans sa chair de terribles moments de solitude, de sensation d’étrangement. Ceux qui s’accrochent à l’ancien monde vous feront payer cher votre ralliement. Ne sous-estimez pas leur méchanceté et leur idiotie : gardez pourtant votre générosité conquérante, votre tolérance créative, qui sont le vrai pouvoir. Attendez-vous à chaque instant à subir le çabotage de ceux dont vous espérez qu’ils aient les yeux ouverts. C’est au moment de prendre une décision que leur bêtise éclate. Dans l’indétermination d’une discussion abstraite, ils peuvent faire illusion, ils seront d’accord avec vous, ils approuveront toutes les folies. Mais au moment de décider, au moment de passer à l’acte, de faire jouer leur embryon de pouvoir en votre faveur, ils redeviendront lâches, asservis à la crainte, à l’argent, à la conformité de leur esprit de caste. Enjoués ou somnolents, ils sont les ennemis des Surpoètes.

Qu’importe. On peut dire que la vie est belle car elle se donne aux Surpoètes, ces compositeurs et chefs d'orchestre du Créel. Les autres sont déjà morts, ils s’agrippent, ils font durer leur monde infâme en s'accrochant à leurs contradictions, ils créent des trous noirs de turpitude, ils alimentent les tentacules du poulpe, ils pèsent, ils déchiquètent les ailés avec leurs dents, ils croient avoir le sens des réalités, ils sourient et nous voyons des squelettes et des crânes.

Qui est le Surpoète ? Que veut-il ? Patience : vous le sentez en vous. Laissez monter ces impressions par touches de lumière, ne cherchez pas d’emblée à minéraliser le monde naissant par des raccourcis idéologiques. Concentrez-vous d’abord sur cette seule idée : le Surpoète est celui qui crée le monde dans lequel il vit. Bien entendu, il est fils du poète, il aime donc le beau, il admire le sublime, il contemple les manifestations de la vie dans ce qu’elles ont de plus divin, de généreux, de générique. C’est un être esthétique mais non asservit à la logique de la réflexion, ni au règne du voir. C'est un chantre de l'ouïr.

 

Luis de Miranda

 

 

 

 

 

 

 

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08/07/2010

MANIFESTE DU CRÉALISME (français, anglais, espagnol, italien)

  • Le MANIFESTE DU CRÉALISME écrit par Luis de Miranda en 2007 est en cours de traduction dans plusieurs langues...

  • MANIFESTE DU CRÉALISME
    Huit points pour un Infini debout


    1. Au coeur du réel agit une création continue, matérielle et spirituelle. "Le monde est/doit être notre co-création" est l'éthique différentielle des sujets singuliers. Vérité dont l'événement inter-relationnel ne cesse de surgir çà et là au fil de l'Histoire. Vérité souvent oubliée face aux humiliations décourageantes du "monde comme il va" et des "humains comme ils sont". Le créalisme n'est pas un anthropocentrisme qui séparerait artificiellement une nature-objet d'un humain-maître et possesseur. Il y a des complicités et des affinités actives entre le cosmos et celui qui se rend digne de l'écouter et de l'oeuvrer.

    2. Le capitalisme altère le monde et pousse les humains à vouloir altérer leur corps et leur âme selon des standards anxiogènes. Ce qu'il s'agit de viser (tant d'autres l'ont mieux clamé avant moi), c'est à une altérité différentielle en acte, une éthique amoureuse, politique, érotique, esthétique, cosmique, professionnelle faite d'ascèse aventureuse et de tentative héroïque de ne pas monnayer ses extases. La stance contre le nihilisme hypnagogique passe par cette exigence apparemment mégalomaniaque de déconditionnement en devenir, une politique po(i)étique qui tente de redonner à l'imagination désirante, à l'idéation volontaire et généreuse, à l'effort d'invention et de soutien de structures nouvelles leurs lettres de noblesse en matière d'existence.

    3. Bien entendu, à l'échelle in-dividuelle, les résultats ne sont pas souvent spectaculaires. Le créalisme est une autodiscipline parfois ascétique dans un monde où les complicités durables sont rares (l'envie compétitive a colonisé toutes les sphères, y compris là où la tradition l'attend le moins), les obstacles froids fréquents (idiotie et indifférence) et les puits de mélancolie omniprésents. Mais le créalisme est aussi une extase sensible et mentale, une source et une manifestation de joie.

    4. Le créalisme pose le primat de la créativité au coeur de l'être, et loin d'être agencé aux seules disciplines artistiques, il concerne la dynamique d'extension des territoires vivants, une praxis éprouvable et collective de la singularité. Sous cette acception, le Créel est un bourgeonnement imprévisible, un tissu vif d'interrelations à vocation non-déterministe, tandis que le Réel est son compost, son encadrement automatisé.

    5. Pour ceux qui croient en "Dieu", le créalisme revient à supposer qu'Il n'est pas figé une fois pour toutes. Son identité change sans cesse à mesure de sa co-création par ses créatures. L'univers est une partition musicale en constante (re)composition, au fil de laquelle les improvisations sont toujours possibles. Nous sommes tous plus ou moins divins selon les moments de notre vie, tantôt dormeurs avides, tantôt acteurs et senseurs du Créel. L'accès au dialogue lucide avec les forces aimant(é)es du monde est plus aisé lorsque le sujet tient une certaine ascèse antimimétique et maîtrise ses pulsions de consommation et de régression, au prix d'un effort de renoncement aux (dé)plaisirs pavloviens. Pas facile, car le totalitarisme de la consommation et de la fange sans cesse nous mobilise en excitant nos neurones fatigués de ses messages en apparence contradictoires (fausse liberté de choix entre l'hygiénisme et le caboucadin). Chaque jour, le système capitaliste dépense des sommes énormes pour nous débiliser. Mais heureusement, même les débiles sont mentaux...


    6. Contre les castrations des sinistres contempteurs d'envol, contre la colonisation de l'intime par les impératifs publicitaires duplicitaires, les créalistes ont toujours été de relatifs sacrificateurs de confort standard (un certain luxe leur est pourtant essentiel). Ils ont été des filtres de l'être, des haut-parleurs, des raffineurs de chaos. Suivons leur exemple, ou supportons encore et toujours les conséquences schizonévrotiques d'un monde rendu stagnant par notre abandon ou notre collaboration avec la misère marchande, la morose émulation simulatrice, la soumission à l'argent que nous confondons, comme l'écrivait Marx, avec autrui. Agir ou subir la honte quotidienne que tentent de nous infliger les soldats (autant de femmes que d'hommes) de la société de classes. Se faire so(u)rcier des formes, des intensités et des coïncidences, plutôt que d'accepter la banalité des codes d'une époque saturée de culs-de-sac.

    7. Une situation de bouillonnement amoureux, des synchronicités, un désir de justice allant au-delà des revendications salariales, une belle joute sans hypocrisies entre adversaires nobles. Tout sauf la pusillanimité des élans atrophiés, l'abrutissement des stimuli et l'idiotie affamée, larmoyante, ricanante, fataliste. L'Histoire est triste ? Deleuze disait : "L'histoire désigne seulement l’ensemble des conditions si récentes soient-elles, dont on se détourne pour 'devenir', c’est-à-dire pour créer quelque chose de nouveau."

    8. Le créalisme est une politique du Réel en tant que co-création en devenir, où le sujet cohérent-actif occupe une place co-centrale avec l'harmonium cosmique, où l'imagination, la passion, la volonté, l'art, le désir, l'amour redéfinissent sans cesse, au présent et en acte, les conditions de possibilité d'une vie désaliénée, d'une existence libre.

    ____________________________
  • MANIFIESTO DEL CREALISMO
    Ocho puntos para un infinito en pie.


    1. En el corazón de lo real actúa una creación continua, material y espiritual. “El mundo es/debe ser nuestra co-creación” es la ética diferencial de los sujetos singulares.
    Verdad cuyo evento ínter-relacional no cesa de surgir aquí y allá a través de la Historia. Verdad a menudo olvidada frente a las humillaciones desalentadoras del “mundo como va” y de los “humanos como son”. El crealismo no es un antropocentrismo que separaría artificialmente una naturaleza-objeto de un humano-dueño y posesor.
    Hay complicidades y afinidades activas entre el cosmos y aquel que se hace digno de escucharlo y obrarlo.

    2. El capitalismo altera al mundo y empuja a los humanos a desear alterar su cuerpo y su alma según estandartes ansiogénicos. Se trata de aspirar (tantos otros lo clamaron mejor antes que yo) a una alteridad diferencial en acto, una ética amorosa, política, erótica, estética, cósmica, profesional hecha de ascesis aventurada y de tentativa heroica de no amonedar sus éxtasis. La estancia contra el nihilismo hypnagógico pasa por una exigencia aparentemente megalomaníaca de descondicionamiento en devenir, una política po(i)ética que intenta devolver a la imaginación deseante, a la ideación voluntaria y generosa, al esfuerzo de invención y de apoyo de estructuras nuevas, sus letras de nobleza en el tema de la existencia.

    3. Por supuesto, en la escala in-dividual, los resultados no son a menudo
    espectaculares. El crealismo es una autodisciplina a veces ascética en un mundo donde las complicidades duraderas son escasas (la envidia competitiva ha colonizado todas las esferas, incluso donde la tradición menos la esperaba), los frecuentes obstáculos fríos (idiotez e indiferencia) y los pozos de melancolía omnipresentes.
    Pero el crealismo también es un éxtasis sensible y mental, una fuente y una
    manifestación de alegría.

    4. El crealismo plantea la primacía de la creatividad en el corazón del ser, y
    lejos de estar dispuesto sólo a las disciplinas artísticas, se trata de la dinámica de extensión de territorios vivos, una praxis ensayable y colectiva de la singularidad. Bajo esa acepción, lo Creal es un brotar imprevisible, un telar vivo de interrelaciones con vocación no-determinista, mientras que lo Real es su abono compuesto, su marco automatizado.

    5. Para los que creen en « Dios », el crealismo llega a suponer que Él no esta fijado de una vez por todas. Su identidad cambia sin cesar a medida de su co-creación con sus criaturas. El universo es una partición musical en constante (re)composición, al hilo del cual las improvisaciones siempre son posibles. Somos todos más o menos divinos según los momentos de nuestra vida, a veces durmientes ávidos, a veces actores y sensores de lo Creal. El acceso al diálogo lúcido con las fuerzas amantes del mundo es más fácil cuando el sujeto tiene una cierta ascesis antimimética y domina sus pulsiones de consumo y de regresión, al precio de un esfuerzo de renunciamiento a los (dis)gustos pavlovianos. No es fácil, porque el totalitarismo del consumo y del fango nos moviliza sin cesar, excitando nuestras neuronas cansadas de sus mensajes en apariencia contradictórios (falsa libertad de elección entre el higienismo y el pipicaca). Cada día, el sistema capitalista gasta sumas inmensas para debilitarnos. Pero por suerte, aún los débiles son mentales…

    6. Contra las castraciones de los siniestros despreciadores del vuelo, contra la colonización de lo íntimo por imperativos publicitarios duplicitarios, los
    crealistas siempre fueron relativos sacrificadores de la comodidad estandarte
    (cierto lujo les es, sin embargo, esencial). Fueron los filtros del ser, de los
    altos-parlantes, refinadores del caos. Sigamos su ejemplo, o aguantemos más y más las consecuencias esquizonevróticas de un mundo que se ha vuelto estancado por nuestro abandono o nuestra colaboración con la miseria mercantil, la morosa emulación simuladora, la sumisión al dinero que confundimos, como lo escribía Marx, con el prójimo. Actuar o sufrir la vergüenza cotidiana que intentan infligirnos los soldados (tanto mujeres como hombres) de la sociedad de clases. Volverse brujo/zahorí de las formas, de las intensidades y de las coincidencias, en vez de aceptar la banalidad de los códigos de una época saturada de callejones sin salida.

    7. Una situación de borboteo amoroso, de sincronicidades, un deseo de justicia que va más allá de las reivindicaciones salariales, un hermoso torneo sin hipocresías entre adversarios nobles. Todo menos la pusilanimidad de los arranques atrofiados,
    el embrutecimiento de los estímulos y la idiotez hambrienta, llorona, burlona,
    fatalista. La Historia acaso será triste? Deleuze decía : « La historia apenas
    designa el conjunto de condiciones tan recientes sean, de las cuales uno se aparta para « devenir », es decir para crear algo nuevo ».

    8. El crealismo es una política de lo Real como co-creación en devenir, donde el sujeto coherente-activo ocupa un lugar co-central con el armonio cósmico, donde la imaginación, la pasión, la voluntad, el arte, el deseo, el amor vuelven a definir sin cesar, en el presente y en acto, las condiciones de posibilidad de una vida desalienada, de una existencia libre.

 

  • CREALIST MANIFESTO
    Eight points towards an Infinite on your feet


    1. At the heart of reality a continuous, material and spiritual creation is acting. "The world is/has to be our co-creation" is the differential ethics of singular subjects. Truth, which inter-relational event keeps springing up here and there, along the path of History. Truth we often forget because of the disheartening humiliations of the world as it is and of the human beings as they are. Crealism is no anthropocentrism, which would artificially separate a nature-object from a human-master and owner. There are some active complicities and affinities in the chaosmos and the one who elevates himself to the dignity of listening to it and working at it.

    2. Capitalism alters the world and drives human beings to alter wilfully their bodies and souls in accordance to anxiety inducing standards. What is to be aimed at (so many people proclaimed it better before me) is a differential and acting otherness, a loving, political, erotic, aesthetic, cosmic, professional ethics made of adventurous asceticism and of a heroic attempt not to bargain one’s ecstasies. The stanza against the hypnagogic nihilism implies this apparently megalomaniac requirement of processing deconditioning, a poetic poïesis and policy trying to give back its good name to the desiring imagination, to the wilful and generous ideation, to the effort of invention and of supporting new structures in terms of existence.

    3. Of course, on the in-dividual scale, results are not often spectacular. Crealism is a self and at times ascetic discipline in a world where lasting complicities are rare (the competitive urge has colonised each and every circle, including those where tradition would least expect it), where the cold impediments are frequent (stupidity and indifference) and where the founts of melancholy are omnipresent. But crealism is also a sensible and mental ecstasy, a source and a manifestation of joy.

    4. Crealism establishes the primacy of creation at the heart of the being and far from destining itself to the artistic subjects only, it concerns the dynamical extension of living territories, a collective praxis of singularity, which can be tried. In that sense, Creality is an unpredictable blooming, a quicksilver-like fabric of interrelations meant to be non deterministic, whereas Reality is its compost, its framed automation.

    5. For the ones who believe in « God », crealism assumes « He » is not fixed once and for all. His identity keeps evolving together with his co-creation by his creatures. The universe is a musical score in constant re-composition, among the course of which, improvisation is always possible. We are all more or less divine depending on the moments of our life, at times eager sleepers, at times Creality actors and sense-givers. The access to the lucid dialogue with the loving and magnetic forces of the world is easier when the subject follows some kind of non mimetic asceticism and masters his consumption and regression drives at the price of a constant renouncement to the Pavlovian (dis)pleasures. Not that easy a thing because the totalitarianism of muck and consumption is constantly enrolling us, exciting our neurons with apparently contradictory messages driving them tired (fake freedom of choice between hygienic and yukky). Every day, the capitalist system spend huge amounts of money on lobotomising us, but fortunately, should a person be retarded, there would always be something mental about that person.

    6. Against the castrations of the scornful and sinister wing-breakers, against the deceiving advertising demands intruding on our privacy, crealists have always been giving up somehow on standard comfort (some kind of luxury is however essential to them). They have been filtering the being, voicing out loud chaos and refining it. Let’s follow their example, or let’s bear again and again the schizo-neurotic consequences of a world we made stagnant because of our abandoning it, because of our collaboration to the marketing misery, because of the dull and faking emulation, because of our submission to money we mix up, as Marx said, with others. Acting or enduring the daily shame that soldiers (both men and women) of the class society are trying to impose on us. Becoming wizards and diviners of forms, intensities and coincidences, rather than accepting the humdrum codes of an era glutted with dead ends.

    7. A situation of bubbling infatuation, synchronicities, a longing for justice beyond pay claims, a beautiful joust between noble adversaries exempt from hypocrisies. Everything but the pusillanimity of wasted impulses, the moronic stimuli and the craving and maudlin and sniggering and fatalistic stupidity. Is History sad ? Deleuze said: “History refers only to the amount of conditions, as recent as they might be, from which we drive ourselves away to “become”, that is to say to create something new”.

    8. Crealism is a policy of Reality as co-creation in process, in which the coherent and active subject holds a co-central place together with the cosmic harmonium, in which imagination, passion, will, art, desire, love are unceasingly redefining, now and in deeds, the conditions of a possible life free from alienation, of a free existence.

 

  • MANIFESTO DEL CREALISMO
    OTTO PUNTI PER UN INIZIO CONTINUO

    1) Nel cuore del reale agisce una creazione continua, materiale e spirituale. “Il mondo è, e deve essere, la nostra co-creazione” è l’etica differenziale dei soggetti individuali. Verità la cui evenienza interrelazionale non cessa di apparire qui è là nel corso della Storia. Verità spesso dimenticata davanti alle umiliazioni scoraggianti del “mondo così com’è” e de “gli uomini così come sono”. Il crealismo non è un antropocentrismo che separa artificialmente una natura-oggetto da un uomo-padrone e possessore. Ci sono delle complicità e delle affinità attive tra il caosmo e chi si rende degno di ascoltarlo e di lavorarlo.

    2) Il capitalismo altera il mondo e spinge gli uomini a voler alterare i loro corpi e le loro anime secondo modelli ansiogeni. Quello a cui bisogna mirare (tanti altri prima di me lo hanno già urlato meglio) è a una alterità differenziale in atto, un’etica amorosa, politica, erotica, estetica, cosmica, professionale costituita da un’ascesi avventurosa e da un tentativo eroico di non monetizzare le proprie estasi. La posizione contro il nichilismo ipnagogico passa per questa esigenza apparentemente megalomane di decondizionamento in divenire, una politica po(i)etica che tenta di restituire all’immaginazione desiderante, all’ideazione volontaria e generosa, allo sforzo d’invenzione e sviluppo di nuove strutture il dovuto riconoscimento ufficiale in materia d’esistenza.

    3) Sia chiaro: sulla scala individuale, i risultati spesso non sono spettacolari. Il crealismo è un’autodisciplina a volte ascetica in un mondo in cui le complicità durature sono rare (l’invidia competitiva ha colonizzato tutte le sfere, anche là dove per tradizione meno ce l’aspetteremmo), gli ostacoli freddi sono frequenti (idiozia e indifferenza) e i pozzi di malinconia sono onnipresenti. Ma il crealismo è anche un’estasi sensibile e mentale, una fonte e una manifestazione di gioia.

    4) Il crealismo instaura il primato della creatività nel cuore dell’essere, e, ben lontano dall’essere interessato alle sole discipline artistiche, concepisce la dinamica dei territori viventi una prassi facile a provarsi e collettiva dell’individualità. Da questo punto di vista, il Creale è un germoglio imprevedibile, un tessuto vivo d’interrelazioni a vocazione non determinista, mentre il Reale è il suo compost, il suo inquadramento automatizzato.

    5) Per quelli che credono in « Dio », il crealismo torna a supporre che Egli non sia fissato una volta per tutte. La sua identità cambia continuamente a misura della sua co-creazione attraverso le sue creature. L’universo è uno spartito musicale in continua (ri)composizione, nel corso della quale le improvvisazioni sono sempre possibili. Noi siamo tutti più o meno divini secondo i momenti della nostra vita, ora quando dormiamo avidamente, ora quando facciamo o godiamo il Creale. L’accesso al dialogo lucido con le forze amanti ed amate del mondo è più agile quando il soggetto gode di una certa ascesi antimimetica e padroneggia le sue pulsioni di consumo e regressione, al prezzo di uno sforzo di rinuncia ai (dis)piaceri pavloviani. Non facile, certo, perché il totalitarismo del consumismo e della degradazione ci mobilizza continuamente eccitando i nostri neuroni affaticati dai suoi messaggi apparentemente contraddittori (falsa libertà di scelta tra l’igienismo e la buffoneria). Ogni giorno il sistema capitalista dispensa delle somme enormi per rincretinirci. Ma fortunatamente anche i cretini hanno una testa.

    6) Contro le castrazioni delle sinistre spregiatrici del volare alto, contro la colonizzazione dell’intimità da parte degli imperativi pubblicitari duplicitari, i crealisti sono sempre stati dei relativi sacrificatori del confort standard (un certo lusso gli è purtuttavia essenziale). Sono sempre stati filtri dell’essere, del parlare alto, dei raffinatori del caos. Seguiamo il loro esempio, o sopportiamo ancora e per sempre le conseguenze schizonevrotiche di un mondo reso stagnante dal nostro abbandono o dalla nostra collaborazione con la miseria mercantile, la morosa emulazione simulatrice, la sottomissione al denaro, che ci confondono, come scriveva Marx, con gli altri. Agire o subire la vergogna quotidiana che tentano di infiggerci il soldati (siano essi uomini o donne) della società di classe. Farsi mago, quindi curatore, delle forme, delle intensità e delle coincidenze, piuttosto che accettare la banalità dei codici di un epoca satura di vicoli ciechi.

    7) Una situazione di ricuocimento amoroso, di sincronicità diverse, un desiderio di giustizia che va al di là delle rivendicazioni salariali, una bella giostra senza ipocrisie tra avversari nobili. Tutto, salvo la pusillanimità degli slanci atrofizzati, l’abbrutimento degli stimoli e l’idiozia affamata, lacrimosa, sghignazzante, fatalista. La Storia è triste? Deleuze diceva: “La storia disegna solamente l’insieme delle condizioni per quanto recenti siano esse, da cui ci si allontana per divenire, cioè per creare qualcosa di nuovo.”

    8) Il Crealismo è una politica del Reale come co-creazione in divenire, in cui il soggetto coerente-attivo occupa una posizione co-centrale con l’armonium cosmico, in cui l’immaginazione, la passione, la volontà, l’arte, il desiderio, l’amore ridefiniscono continuamente, al presento ed in atto, le condizioni di possibilità di una vita disalienata, di una esistenza libera.

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10/06/2010

L'abandon de la pensée politique est une catastrophe

 

« Il faut participer pour sentir »

 

André Leroi-Gourhan

 

 

 

Demain, demain, demain! Nous sommes sans cesse intoxiqués par la logique promotionnelle nous sommant de croire en des lendemains (publicitaires) qui chantent. Injonctions agressives- derrière des oripeaux scintillants- nous désengageant du créel , de l'ici et du maintenant à fabriquer.

Le passé présenté comme dépassé, nous stagnons dans un maintenant perpétuel, fasciné par une représentation illusoire d'un avenir radieux.

Or, comme le disait déjà Felix Guattari au début des années 90:« tout devrait concourir à mobiliser les esprits, les sensibilités et les volontés. Au lieu de cela, l’accélération d’une histoire qui nous entraîne peut-être vers des abîmes, est masquée par l’imagerie sensationnaliste, et en réalité banalisante et infantilisante, que les médias nous confectionnent à partir de l’actualité.» (1)

 

« Nous », collectivité dans un monde commun à construite, devons absolument nous éveiller au présent. Ce « nous », éminemment problématique, doit être constitué dans cette problématicité même.

Nous éveiller au présent, cela n'équivaut pas à s'avachir dans un carpe diem , bien au contraire. Cela signifie critiquer virulemment le présentéisme béat, fasciné par un futur en kit, afin de construire un  à-venir décent et ce, dès aujourd'hui.

 

Critiquer, mais non pas Juger... Nous avons malheureusement abandonné ce premier mouvement, au nom de la nécessaire mise en question du second.  Critiquer veut pourtant dire analyser, décrire, distinguer, chercher, ausculter... pour sculpter les possibles à venir.

"Nous" avons renoncé à la critique, nous complaisant dans un "chacun son point de vue", un relativisme lénifiant, aboutissant in fine au conditionnement esthétique que l'on connaît, à une misère symbolique absolument cata-strophique. Ce dernier mot devant être compris en deux parties, renouant avec le sens grec de la cata-strophè, c'est-à-dire la transition vers quelque chose de radicalement Autre, une nouvelle époque du partage du sensible (2).

Un travail conséquent se révèle impérieux à cet égard, pour échapper au contrôle actuel du sensible - l’an-esthésie conduisant à une misère symbolique -,  pour redonner sa place à l’expérience esthétique, à l’émergence de singularités chez les individus, indispensables à la constitution d'êtres sociaux.

 

Une révolution est impérative, au sens où est révolue l’époque fondée sur le consumérisme et dans laquelle l’évolution du marketing et des médias a inéluctablement conduit à l’exploitation des pulsions des individus et des groupes. Il ne s’agit pas de se complaire dans le fatalisme ambiant, mais de se battre et de trouver de nouvelles armes dans la considération de  cette situation. Tout cela ne constitue pas une fatalité, et il est devenu évident aux yeux de tous qu’un sursaut, qui est la responsabilité de chacun, nécessite une réactivation du débat public et de l’initiative collective.(3)

Les artistes ont une responsabilité spécifique, dans ce contexte. Contexte marqué par un hiatus grandissant entre une hyper-diachronisation des figures de l’art dit contemporain, et une hyper-synchronisation des consommateurs.

 

 

La question esthétique est indissociable de la question politique, et inversement. Autant cette nouvelle donne à venir,  fournit un horizon appréciable, autant nous ne pouvons nous laisser subjuguer par elle, dans une entropie délétère. Il s'agit de lutter, en inventant résolument, et non pas simplement de « résister » (contre la « marchandisation de la culture par exemple), en ces temps de guerre esthétique pour le contrôle comportemental via le marketing pulsionnel, bras armé de la société de contrôle (4).

Les cris contre la marchandisation de la culture sont condamnés à se figer en slogans, lorsque le problème se révèle bien plus conséquent et complexe, c'est-à-dire auquel ne peut répondre aucun "si on faisait cela, alors...".

 

Cette question esthétique, nous avons en tout cas la responsabilité de la poser dans la situation tout à fait singulière qui est la nôtre « pour inviter le monde artistique à reprendre une compréhension politique de son rôle. L'abandon de la pensée politique par le monde de l'art est une catastrophe. Je ne veux évidemment pas dire que les artistes doivent "s'engager". Je veux dire que leur travail est originairement engagé dans la question de la sensibilité de l'autre. Or la question politique est essentiellement la question de la relation à l'autre dans un sentir ensemble, une sympathie en ce sens ».(5)

 

 

 

Nicolas Zurstrassen

 

 

 

(1) Editorial  « La question des questions » de F. Guattari, revue Chimères n°57. Ce texte a été bâti à partir de fragments issus du livre de Guattari Chaosmose, paru aux éditions Galilée.

(2) Expression issue de « Jacques Rancière, Le Partage du sensible. Esthétique et politique, Paris, La Fabrique, 2000 ». Plus généralement, le travail de Rancière se révèle passionnant quant à ces problèmes d'intrications essentielles entre Esthétique et Politique, entre sensibilité et être-en-commun (...dans le dissensus!). Malheureusement, celui-ci ne prend pas assez en compte, à mon sens, les problématiques liées à la technicité.

(3) Extraits de l' «  Appel pour la création d'une branche d'Ars Industrialis à Bruxelles », que vous pourrez, sous peu, consulter sur le site de l'association: www.arsindustrialis.org et sur divers portails.

(4) Selon l 'expression se W. Burroughs, reprise par G. Deleuze dans le magnifique mais trop bref texte: Deleuze, "Post-scriptum sur les sociétés de contrôle", in L 'autre journal, n°1, mai 1990. Celui-ci fut réédité dans « Gilles Deleuze, Pourparlers, Paris, Minuit, 1990 »

(5) « De la misère symbolique » in Le Monde du 10.10.03. Pour d'extraordinaires déploiements de ces problématiques, lire « B. Stiegler, De la misère symbolique I et II, 2004-2005, Ed. Galilée »

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09/06/2010

Sciences dyonisiaques (poème)

 

Sciences dyonisiaques

 

Héraclite

nous rejoint

dans le contemporain

le plus laborantin


Labor d'alégresse

schéma circulaire

vision unitaire

en-deçà

de çà+çà+çà+...

et de toute chose en soi

 

Nous ne rêvons plus de découper le monde

en petites unités discrètes

et bruyantes


(l'art du boucher est bien plus noble...

ou celui

du maçon

qui ne cherche plus

la brique fondamentale

de l'oikos)

 

Logique qui engendre

son contraire


Forces

enfantement doux

et violent


Dyonisos

 


Distinctions

poussées

et

penser

le commun (transnoïa)

ce qui relie

dans le séparé

 

Rien n'est sans

 

Rien n'est (en soi)

Mais co-naissant

Fils

de soie

 

Rien          ne signifie plus rien

isolément


Tout signifie

par la Terre

Les mondes



Nicolas Zurstrassen

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07/06/2010

L'état des libertés en France

 

 

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Dominique Rousseau est professeur de droit public à l’université de Montpellier I, membre de l’institut universitaire de France et ancien membre du Conseil supérieur de la magistrature.

Quel est selon vous l’état des libertés en France ?

En apparence, tout va bien. On peut manifester, acheter des journaux, aller et venir, … En réalité, force est de constater une régression générale des libertés publiques au profit d’une politique de sécurité. Cette régression est invisible, elle se fait par petites touches, loi par loi, un peu à la manière impressionniste : il faut prendre du recul pour apprécier le tableau.

Lorsque l’on compare un à un les articles de la Déclaration des droits de 1789 aux lois votées depuis 2002, force est de constater qu’il y a une régression. L’article 11, par exemple, pose le principe de la libre communication des pensées et des opinions. Pour lui donner plein effet une loi de 1986 avait retiré à l’exécutif le pouvoir de nommer le président de France-télévision et de Radio-France. Une loi de 2008 a redonné au président de la République le pouvoir de procéder à ces nominations. L’article 13 prévoit que l’impôt « doit être également réparti entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés contributives », c’est-à-dire, de leurs revenus. Aujourd’hui, avec le bouclier fiscal, les revenus modestes paient plus que les hauts revenus.

La comparaison peut se faire tout aussi bien avec le Préambule de la constitution de 1946, puisqu’il a valeur constitutionnelle. Article 5 : « chacun a le droit d’obtenir un emploi ». Est-ce qu’aujourd’hui les politiques menées par l’Etat permettent la satisfaction de ce droit ? On assiste à un démantèlement du droit du travail. Article 11 : « la Nation garantit à tous la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs » et pourtant la liste des médicaments non remboursables ne cesse d’augmenter,  on remet en cause la retraite à 60 ans qui est le seul patrimoine des salariés. Article 13 : « la Nation garantit l’égal accès à l’instruction » alors que le gouvernement supprime des postes d’enseignants et propose d’augmenter le nombre d’élèves par classe.

Et sur le plan pénal ?

Ce n’est plus une régression, c’est une véritable rupture. La loi sur la rétention de sûreté de février 2008 rompt avec la politique pénale humaniste puisqu’elle permet de maintenir enfermée une personne qui a terminé sa peine, au motif qu’elle est potentiellement dangereuse. Cette loi est contraire au principe de la présomption d’innocence ,énoncé à l’article 9 de la Déclaration de 1789 : elle repose sur la dangerosité potentielle d’une personne et non sur une culpabilité fondée sur des faits. Il y a encore une rupture dans la distinction du droit pénal des mineurs et les majeurs, que le gouvernement s’efforce de rapprocher depuis 2007, la jeunesse est vécue comme délinquante.

Et le projet de réforme de la procédure pénale ne favorise pas l’indépendance de l’autorité judiciaire. Au contraire, puisqu’il est proposé de transférer les pouvoirs d’enquête au parquet qui est dans une relation de subordination hiérarchique à l’égard de l’exécutif – comme l’a condamnée la Cour de Strasbourg – alors qu’ils sont aujourd’hui entre les mains d’un juge indépendant.

Tout cela crée, par petites touches, – la loi sur les bandes, les peines plancher, le bracelet électronique – une atmosphère beaucoup plus favorable à la peur, à l’insécurité, à la méfiance, et fait tache sur l’état des libertés.rousseau.1275839361.jpg

Pourriez-vous dater ces changements ?

Le basculement se fait je crois en 1997, au colloque de Villepinte, lorsque la gauche, pour des raisons électoralistes, se rallie à la conception de la droite en posant la sûreté comme la première des libertés. C’est une formule détestable, et une imposture : nous n’avons pas gagné en sécurité, mais nous avons perdu en liberté. Il faut revenir au principe démocratique : la liberté est la première des sécurités.

Le terrorisme a-t-il accéléré le recul des libertés ?

Le terrorisme a été un prétexte, apparemment de bon sens, pour restreindre les libertés. On le voit bien en Grande-Bretagne, où le nouveau gouvernement revient sur les lois sécuritaires votées par Tony Blair et Gordon Brown. L’explication doit plutôt être cherchée dans le « grand dérangement », selon l’expression du socilologue Georges Balandier, que connaissent les sociétés contemporaines. On passe d’une société à une autre, et les pouvoirs en place redoutent l’expression collective des libertés qui ferait les citoyens auteurs des nouvelles règles du vivre ensemble. D’où la répression de ceux qu’on appelle « les désobéissants » : les instituteurs qui refusent la base-élèves, les consommateurs qui inventent les systèmes d’échanges locaux (SEL), … Plutôt que de faire de la liberté une chance pour imaginer la société qui vient, le gouvernement, en mettant l’accent sur la peur, instille dans le corps social l’idée que la liberté est dangereuse.

La question prioritaire de constitutionnalité (QPC) n’est-elle cependant pas un progrès ?

qpc.1275840019.pngC’est le seul point sur lequel il y a une avancée. La garantie des droits, disait Montesquieu, repose à la fois sur un équilibre des pouvoirs et sur le droit au juge. L’équilibre des pouvoirs, on ne l’a pas malgré la révision de 2008 qui a consacré la primauté du bloc exécutif-majorité parlementaire. En revanche, avec la QPC, le justiciable a gagné un droit, celui de pouvoir soulever devant n’importe quel juge la question de la constitutionnalité de la loi qu’on veut lui appliquer. C’est une réforme capitale. Et le Conseil constitutionnel, malgré sa composition discutable, reste aujourd’hui l’institution qui permet que soient discutées les lois au regard des droits et libertés fondamentales. Ces droits, ceux de 1789, qui apparemment gênent. Lorsque le Conseil d’Etat dit que l’interdiction de la burqa n’a pas de fondements juridiques solides, le premier ministre répond, « je sais mais je vais prendre le risque de l’inconstitutionnalité ».

Il est toujours grave pour la démocratie que ses plus hauts représentants fragilisent ainsi le droit et les institutions qui le font vivre au temps présent. Car, dans nos sociétés sécularisées, si la régulation sociale ne se fait pas par le droit, elle se fera par le marché. D’où la responsabilité des clercs de dire haut et fort qu’il est important de respecter le droit comme code d’une construction démocratique de la volonté générale.

 

Interview réalisée par Franck Johannès, journaliste au Monde.

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03/06/2010

Le véritable ennemi, c'est l'esprit réduit à l'état de gramophone

 

« Le véritable ennemi, c'est l'esprit réduit à l'état de gramophone, et cela reste vrai, que l'on soit d'accord ou non avec le disque qui passe à un certain moment. »
Orwell

Date :
samedi 5 juin 2010
Heure :
16:00 - 17:00
Lieu :
Été du livre de Metz - Grenier de Chèvremont


Avec Luis de Miranda, auteur de L'ART D'ÊTRE LIBRES AU TEMPS DES AUTOMATES (Max Milo)

« Dans quelques années, les humains communiquerons plus efficacement à travers une machine plutôt que face à face ». C’est ainsi qu’en 1968 J.C.R. Licklider, ingénieur américain parmi les personnalités les plus influentes dans l’histoire de l’informatique, démarrait son article « L’ordinateur comme dispositif de communication » , dans lequel il avance de façon pionnière la notion d’interactivité, notion matrice des nouvelles formes de communication numérique. Quarante années plus tard, où en sommes-nous dans notre relation avec les ordinateurs ? Notre société, est-elle en train de devenir de plus en plus numérique ? Qu’en est-il de la prétendue symbiose entre l’homme et la machine ? A l’avancée des technologies numériques répond une surveillance générale qui s’accroît dangereusement. La loi LOPPSI - LOPSI version 2.0 - loi d'orientation et de programmation pour la sécurité intérieure - semble aller dans ce sens en autorisant l’introduction d’un cheval de Troie dans les computeurs, évidemment sans le consentement de l’intéressé, mais avec l’aval d’un juge. Partout donc, nos faits, paroles et gestes sont potentiellement sous le contrôle des machines numériques et autres outils médiatiques. Nous sommes bien loin de Leibniz et du langage binaire émancipateur dont il rêvait. Ce livre-enquête prend la mesure des cinquante dernières années de révolution informatique en proposant une archéologie des « nouveaux médias », depuis l’introduction en France des ordinateurs par IBM en 1955 jusqu’à l’avènement du « social network » de type Facebook. L’objectif est de comprendre dans quel monde nous vivrons au XXIème et quelles marges d’action et de création résistent et résisteront dans le futur à la dissémination du codage numérique.
L’auteur nous invite ainsi à lire le monde dans lequel nous vivons comme l’actualisation de seulement certaines de ses possibilités. Nous devons donc prendre conscience du pouvoir créateur et transformateur du monde qui veille en nous tous : il ne tient qu’à nous de faire affleurer d’autres mondes possibles. Les computeurs sont appréhendés ici comme les principaux complices de notre rationalité créative. La voie du changement pourrait être celle bâtie par une société future composée par des ordinateurs humains : littéralement des faiseurs d'ordres vivants, des programmateurs de protocoles libérés, plutôt que des consommateurs passifs.

12:00 Publié dans philosophie | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : créalisme, miranda, orwell, ordinateurs | |  Facebook | |  Imprimer

30/05/2010

Quel est le premier obstacle à notre liberté?

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Le premier obstacle est souvent soi-même

 

(Réponses par plusieurs dizaines d'humains) 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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17:57 Publié dans philosophie | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : créalisme | |  Facebook | |  Imprimer

21/05/2010

what is a crealist ?

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schéma tiré de Women in open source, une étude d'Angela Byron sur la sous-représentation des femmes dans le secteur du logiciel libre.

18:33 Publié dans philosophie | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : crealism | |  Facebook | |  Imprimer