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23/11/2009

Deleuze décode le capitalisme

 

Deleuze, cours à Vincennes, 1971

 

"Qu'est-ce qui passe sur le corps d'une société ? C'est toujours des flux, et une personne c'est toujours une coupure de flux. Une personne, c'est toujours un point de départ pour une production de flux, un point d'arrivée pour une réception de flux, de flux de n'importe quelle sorte; ou bien une interception de plusieurs flux.

Si une personne a des cheveux, ces cheveux peuvent traverser plusieurs étapes : la coiffure de la jeune fille n'est pas la même que celle de la femme mariée, n'est pas la même que celle de la veuve : il y a tout un code de la coiffure. La personne en tant qu'elle porte ses cheveux, se présente typiquement comme interceptrice par rapport à des flux de cheveux qui la dépassent et dépassent son cas et ces flux de cheveux sont eux-mêmes codes suivant des codes très différents : code de la veuve, code de la jeune fille, code de la femme mariée, etc. C'est finalement ça le problème essentiel du codage et de la territorialisation qui est de toujours coder les flux avec, comme moyen fondamental : marquer les personnes, (parce que les personnes sont à l'interception et à la coupure des flux, elles existent aux points de coupure des flux).

Mais donc, plus que marquer les personnes - marquer les personnes, c'est le moyen apparent -, pour la fonction la plus profonde, à savoir : une société n'a peur que d'une chose : le déluge; elle n'a pas peur du vide, elle n'a pas peur de la pénurie, de la rareté. Sur elle, sur son corps social, quelque chose coule et on ne sait pas ce que c'est, quelque chose coule qui ne soit pas code, et même qui, par rapport à cette société, apparaît comme non codable. Quelque chose qui coulerait et qui entraînerait cette société a une espèce de deterritorialisation, qui ferait fondre la terre sur laquelle elle s'installe : alors ça, c'est le drame. On rencontre quelque chose qui s'écroule et on ne sait pas ce que c'est, ça ne répond à aucun code, ça fout le camp sous ces codes; et c'est même vrai, à cet égard, pour le capitalisme depuis longtemps qui croit toujours avoir assuré des simili-codes, là, c'est ce que l'on appelle la fameuse puissance de récupération dans le capitalisme - quand on dit récupère : chaque fois que quelque chose semble lui échapper, semble passer en dessous de ces simili-codes; il retamponne tout ça, il ajoute un axiome en plus et la machine repart; pensez au capitalisme au 19eme siècle : il voit couler un pôle de flux qui est, à la lettre, le flux, le flux de travailleurs, le flux prolétariat : eh bien, qu'est-ce que c'est que ça qui coule, qui coule méchant et qui entraîne notre terre, où va-t-on ? Les penseurs du 19e siècle ont une réaction très bizarre, notamment l'école historique française : c'est la première à avoir pensé au 19e siècle en termes de classes, ce sont eux qui inventent la notion théorique de classes et qui l'inventent précisément comme une pièce essentielle du code capitaliste, à savoir : la légitimité du capitalisme vient de ceci : la victoire de la bourgeoisie comme classe contre l'aristocratie.

Le système qui apparaît chez Saint Simon, A. Thierry, E. Quinet, c'est la prise conscience radicale de la bourgeoisie comme classe et toute l'histoire, ils l'interprètent comme une lutte des classes. Ce n'est pas Marx qui invente la compréhension de l'histoire comme lutte des classes, c'est l'école historique bourgeoise du 19e siècle : 1789, oui, c'est la lutte des classes, ils se trouvent frappés de cécité lorsqu'ils voient couler à la surface actuelle du corps social, ce drôle de flux qu'ils ne connaissent pas : le flux prolétariat. L'idée que ce soit une classe, ce n'est pas possible, ce n'en est pas une à ce moment là : le jour où le capitalisme ne peut plus nier que le prolétariat soit une classe, ça coïncide avec le moment où, dans sa tête, il a trouvé le moment pour recoder tout ça. Ce que l'on appelle la puissance de récupération du capitalisme, c'est quoi ça ?

C'est qu'il dispose d'une espèce d'axiomatique, et lorsqu'il dispose de quelque chose de nouveau qu'il ne connaît pas, c'est comme pour toute axiomatique, c'est une axiomatique à la limite pas saturable : il est toujours prêt à ajouter une axiome de plus pour refaire que ça marche.


Quand le capitalisme ne pourra plus nier que le prolétariat soit une classe, lorsqu'il arrivera à reconnaître une espèce de bipolarité de classe, sous l'influence des luttes ouvrières au 19e siècle, et sous l'influence de la révolution, ce moment est extraordinairement ambigu, car c'est un moment important dans la lutte révolutionnaire, mais c'est aussi un moment essentiel dans la récupération capitaliste : je te fous un axiome en plus, je te fais des axiomes pour la classe ouvrière et pour la puissance syndicale qui la représentent, et la machine capitaliste repart en grinçant, elle a colmate la brèche. En d'autres termes, tous les corps d'une société sont l'essentiel : empêcher que coulent sur elle, sur son dos, sur son corps, des flux qu'elle ne pourrait pas coder et auxquels elle ne pourrait pas assigner une territorialité.

Le manque, la pénurie, la famine, une société elle peut le coder, ce qu'elle ne peut pas coder, c'est lorsque cette chose apparaît, ou elle se dit : qu'est-ce que c'est que ces mecs la! Alors, dans un premier temps, l'appareil répressif se met en branle, si on ne peut pas coder ça, on va essayer de l'anéantir. Dans un deuxième temps, on essaie de trouver de nouveaux axiomes qui permettraient de recoder tant bien que mal.

Un corps social, ça se définit bien comme ça : perpétuellement des trucs, des flux coulent dessus, des flux coulent d'un pole à un autre, et c'est perpétuellement code, et il y a des flux qui échappent aux codes, et puis il y a l'effort social pour récupérer tout cela, pour axiomatiser tout ça, pour remanier un peu le code, afin de faire de la place à des flux aussi dangereux : tout d'un coup, il y a des jeunes gens qui ne répondent pas au code : ils se mettent à avoir un flux de cheveux qui n'était pas prévu, qu'est-ce qu'on va faire ? On essaie de recoder ça, on va ajouter un axiome, on va essayer de récupérer ou bien alors il y a quelque chose la-dedans, qui continue à ne pas se laisser coder, alors là ?

En d'autres termes, c'est l'acte fondamental de la société : coder les flux et traiter comme ennemi ce qui, par rapport à elle, se présente comme un flux non codable, parce qu'encore une fois, ça met en question toute la terre, tout le corps de cette société.

Je dirai ça de toute société, sauf peut-être de la notre, à savoir le capitalisme, bien que tout à l'heure j'ai parlé du capitalisme comme si, à la manière de toutes les autres sociétés, il codait les flux et n'avait pas d'autres problèmes, mais j'allais peut-être trop vite.

Il y a un paradoxe fondamental du capitalisme comme formation sociale : s'il est vrai que la terreur de toutes les autres formations sociales, ça a été les flux décodés, le capitalisme, lui, s'est constitue historiquement sur une chose incroyable, à savoir : ce qui faisait toute la terreur des autres sociétés : l'existence et la réalité de flux décodés et qu'il en a fait son affaire à lui.

Si c'était vrai, cela expliquerait que le capitalisme est l'universel de toute société en un sens très précis : en un sens négatif, il serait ce que toutes les sociétés ont redouté par dessus tout, et on a bien l'impression que, historiquement, le capitalisme ... d'une certaine manière est ce que toute formation sociale n'a cesse d'essayer de conjurer, n'a cesse d'essayer d'éviter, pourquoi ? Parce que c'était la ruine de toutes les autres formations sociales. Et le paradoxe du capitalisme, c'est qu'une formation sociale s'est constituée sur la base de ce qui était le négatif de toutes les autres. Ca veut dire que le capitalisme n'a pu se constituer que par une conjonction, une rencontre entre flux décodés de toutes natures. Ce qui était la chose la plus redoutée de toutes formations sociales, était la base d'une formation sociale qui devait engloutir toutes les autres : ce qui était le négatif de toutes formations soit devenu la positivité même de notre formation, ça fait frémir ça.


Et en quel sens le capitalisme s'est-il constitué sur la conjonction des flux décodés : il a fallu d'extraordinaires rencontres à l'issue de processus de décodage de toutes natures, qui se sont formées au déclin de la féodalité. Ces décodages de toutes natures ont consisté en décodage de flux fonciers, sous forme de constitution de grandes propriétés privées, décodage de flux monétaires, sous forme de développement de la fortune marchande, décodage d'un flux de travailleurs sous forme de l'expropriation, de la déterritorialisation des serfs et des petits paysans. Et ça ne suffit pas, car si on prend l'exemple de Rome, le décodage dans la Rome décadente, il apparaît en plein : décodage des flux de propriétés sous forme de grandes propriétés privées, décodage des flux monétaires sous formes de grandes fortunes privées, décodage des travailleurs avec formation d'un sous-prolétariat urbain : tout s'y trouve, presque tout. Les éléments du capitalisme s'y trouvent réunis, seulement, il n'y a pas la rencontre.

Qu'est-ce qu'il a fallu pour que se fasse la rencontre entre les flux décodés du capital ou de l'argent et les flux décodés des travailleurs, pour que se fasse la rencontre entre le flux de capital naissant et le flux de main d’œuvre déterritorialisée, à la lettre, le flux d'argent décodé et le flux de travailleurs déterritorialisés. En effet, la manière dont l'argent se décode pour devenir capital argent et la manière dont le travailleur est arraché a la terre pour devenir propriétaire de sa seule force de travail : ce sont deux processus totalement indépendants l'un de l'autre, il faut qu'il y ait rencontre entre les deux.

En effet, le processus de décodage de l'argent pour former un capital qui se fait à travers les formes embryonnaires du capital commercial et du capital bancaire, le flux de travail, leur libre possesseur de sa seule force de travail, se fait à travers une toute autre ligne qui est la déterritorialisation du travailleur à la fin de la féodalité, et cela aurait très bien pu ne pas se rencontrer. Une conjonction de flux décodés et déterritorialisés, c'est ça qui est à la base du capitalisme.
Le capitalisme s'est constitué sur la faillite de tous les codes et territorialités sociales préexistantes.
Si on admet ça, qu'est-ce que ça représente : la machine capitaliste, c'est proprement dément. Une machine sociale qui fonctionne à base de flux décodés, déterritorialisés, encore une fois, ce n'est pas que les sociétés n'en aient pas eu l'idée; elles en ont eu l'idée sous forme de panique, il s'agissait d'empêcher ça - c'était le renversement de tous les codes sociaux connus jusque là -, alors une société qui se constitue sur le négatif de toutes les sociétés préexistantes, comment est-ce que cela peut fonctionner ? Une société dont le propre est de décoder et déterritorialiser tous les flux : flux de production, flux de consommation, comment ça peut fonctionner, sous quelle forme : peut-être que le capitalisme a d'autres procédés que le codage pour faire marcher, peut-être est-ce complètement différent.

 

Ce que je recherchais jusqu'a maintenant, c'était de refonder, à un certain niveau, le problème du rapport CAPITALISME-SCHIZOPHRENIE - et le fondement d'un rapport se trouve en quelque chose de commun entre le capitalisme et la schizophrénie : ce qu'ils ont complètement de commun, et c'est peut-être une communauté qui ne se réalise jamais, qui ne prend pas une figure concrète, c'est la communauté d'un principe encore abstrait, a savoir, l'un comme l'autre ne cessent pas de faire passer, d'émettre, d'intercepter, de concentrer des flux décodés et déterritorialisés.


C'est ça leur identité profonde et ce n'est pas au niveau du mode de vie que le capitalisme nous rend schizo, c'est au niveau du processus économique : tout ça ne marche que par un système de conjonction, alors disons le mot, à condition d'accepter que ce mot implique une véritable différence de nature avec les codes. C'est le capitalisme qui fonctionne comme une axiomatique, une axiomatique des flux décodés. Toutes les autres formations sociales ont fonctionné sur la base d'un codage et d'une territorialisation des flux et entre la machine capitaliste qui fait une axiomatique de flux décodés en tant que tels ou déterritorialisés, en tant que tels, et les autres formations sociales, il y a vraiment une différence de nature qui fait que le capitalisme est le négatif des autres sociétés. Or, le schizo, à sa manière, avec sa marche trébuchante à lui, il fait la même chose. En un sens, il est plus capitaliste que le capitaliste, plus prolo que le prolo : il décode, il déterritorialise les flux et là, se noue l'espèce d'identité de nature du capitalisme et du schizo.

La schizophrénie c'est le négatif de la formation capitaliste. En un sens, il va plus loin, le capitalisme fonctionnait sur une conjonction de flux décodés, à une condition, c'était que, en même temps qu'il décodait perpétuellement les flux d'argent, flux de travail, etc., il les introduisait, il construisait un nouveau type de machine, en même temps, pas après, qui n'était pas une machine de codage, une machine axiomatique.

C'est comme ça qu'il arrivait à faire un système cohérent, à charge pour nous de dire en quoi se distingue profondément une axiomatique des flux décodés et un codage des flux.

Tandis que le schizo, il en donne plus, il ne se laisse pas axiomatiser non plus, il va toujours plus loin avec des flux décodés, au besoin avec pas de flux du tout, plutôt que de se laisser coder, plus de terre du tout, plutôt que de se laisser territorialiser.

Dans quel rapport ils sont l'un avec l'autre ? C'est à partir de la que le problème se pose. Il faut étudier de plus près le rapport capitalisme / schizophrénie, en accordant la plus grande importance à ceci : est-il vrai et en quel sens, peut-on définir le capitalisme comme une machine qui fonctionne à base de flux décodés, à base de flux déterritorialisés ? En quel sens il est le négatif de toutes les formations sociales et par là-même, en quel sens la schizophrénie c'est le négatif du capitalisme, qu'il va encore plus loin dans le décodage et dans la déterritorialisation, et jusqu'ou ça va, et ou cela mène-t-il ? Vers une nouvelle terre, vers pas de terre du tout, vers le déluge ?

Si j'essaie de relier avec les problèmes de psychanalyse, en quel sens, de quelle manière - c'est uniquement un départ -, je suppose qu'il y a quelque chose de commun entre le capitalisme, comme structure sociale, et la schizophrénie comme processus. Quelque chose de commun qui fait que le schizo est produit comme le négatif du capitalisme (lui-même négatif de tout le reste), et que ce rapport, nous pouvons maintenant le comprendre en considérant les termes : codage de flux, flux décodé et déterritorialisé, axiomatique de flux décodé, etc."

 

Gilles Deleuze

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16/11/2009

MANIFIESTO DEL CREALISMO

   MANIFIESTO DEL CREALISMO


Ocho puntos para un infinito en pie.



1. En el corazón de lo real actúa una creación continua, material y espiritual.
“El mundo es/debe ser mi creación” es la ética diferencial de los sujetos singulares.
Verdad cuyo evento ínter-relacional no cesa de surgir aquí y allá a través de la
Historia. Verdad a menudo olvidada frente a las humillaciones desalentadoras del
“mundo como va” y de los “humanos como son”. El crealismo no es un antropocentrismo
que separaría artificialmente una naturaleza-objeto de un humano-dueño y posesor.
Hay complicidades y afinidades activas entre el caosmos y aquel que se hace digno de
escucharlo y obrarlo.



2. El capitalismo altera al mundo y empuja a los humanos a desear alterar su cuerpo
y su alma según estandartes ansiogénicos. Se trata de aspirar (tantos otros lo
clamaron mejor antes que yo) a una alteridad diferencial en acto, una ética amorosa,
política, erótica, estética, cósmica, profesional hecha de ascesis aventurada y de
tentativa heroica de no amonedar sus éxtasis. La estancia contra el nihilismo
hypnagógico pasa por una exigencia aparentemente megalomaníaca de
descondicionamiento en devenir, una política po(i)ética que intenta devolver a la
imaginación deseante, a la ideación voluntaria y generosa, al esfuerzo de invención
y de apoyo de estructuras nuevas, sus letras de nobleza en el tema de la
existencia.

3. Por supuesto, en la escala in-dividual, los resultados no son a menudo
espectaculares. El crealismo es una autodisciplina a veces ascética en un mundo
donde las complicidades duraderas son escasas (la envidia competitiva ha colonizado
todas las esferas, incluso donde la tradición menos la esperaba), los frecuentes
obstáculos fríos (idiotez e indiferencia) y los pozos de melancolía omnipresentes.
Pero el crealismo también es un éxtasis sensible y mental, una fuente y una
manifestación de alegría.

4. El crealismo plantea la primacía de la creatividad en el corazón del ser, y
lejos de estar dispuesto sólo a las disciplinas artísticas, se trata de la dinámica
de extensión de territorios vivos, una praxis ensayable y colectiva de la
singularidad. Bajo esa acepción, lo Creal es un brotar imprevisible, un telar vivo
de interrelaciones con vocación no-determinista, mientras que lo Real es su abono
compuesto, su marco automatizado.


5. Para los que creen en « Dios », el crealismo llega a suponer que Él no esta
fijado de una vez por todas. Su identidad cambia sin cesar a medida de su
co-creación con sus criaturas. El universo es una partición musical en constante
(re)composición, al hilo del cual las improvisaciones siempre son posibles. Somos
todos más o menos divinos según los momentos de nuestra vida, a veces durmientes
ávidos, a veces actores y sensores de lo Creal. El acceso al diálogo lúcido con las
fuerzas amantes del mundo es más fácil cuando el sujeto tiene una cierta ascesis
antimimética y domina sus pulsiones de consumo y de regresión, al precio de un
esfuerzo de renunciamiento a los (dis)gustos pavlovianos. No es fácil, porque el
totalitarismo del consumo y del fango nos moviliza sin cesar, excitando nuestras
neuronas cansadas de sus mensajes en apariencia contradictórios (falsa libertad de
elección entre el higienismo y el pipicaca). Cada día, el sistema capitalista gasta
sumas inmensas para debilitarnos. Pero por suerte, aún los débiles son mentales…

6. Contra las castraciones de los siniestros despreciadores del vuelo, contra la
colonización de lo íntimo por imperativos publicitarios duplicitarios, los
crealistas siempre fueron relativos sacrificadores de la comodidad estandarte
(cierto lujo les es, sin embargo, esencial). Fueron los filtros del ser, de los
altos-parlantes, refinadores del caos. Sigamos su ejemplo, o aguantemos más y más
las consecuencias esquizonevróticas de un mundo que se ha vuelto estancado por
nuestro abandono o nuestra colaboración con la miseria mercantil, la morosa
emulación simuladora, la sumisión al dinero que confundimos, como lo escribía Marx,
con el prójimo. Actuar o sufrir la vergüenza cotidiana que intentan infligirnos los
soldados (tanto mujeres como hombres) de la sociedad de clases. Volverse
brujo/zahorí de las formas, de las intensidades y de las coincidencias, en vez de
aceptar la banalidad de los códigos de una época saturada de callejones sin salida.


7. Una situación de borboteo amoroso, de sincronicidades, un deseo de justicia que
va más allá de las reivindicaciones salariales, un hermoso torneo sin hipocresías
entre adversarios nobles. Todo menos la pusilanimidad de los arranques atrofiados,
el embrutecimiento de los estímulos y la idiotez hambrienta, llorona, burlona,
fatalista. La Historia acaso será triste? Deleuze decía : « La historia apenas
designa el conjunto de condiciones tan recientes sean, de las cuales uno se aparta
para « devenir », es decir para crear algo nuevo ».

8. El crealismo es una política de lo Real como co-creación en devenir, donde el
sujeto coherente-activo ocupa un lugar co-central con el armonio cósmico, donde la
imaginación, la pasión, la voluntad, el arte, el deseo, el amor vuelven a definir
sin cesar, en el presente y en acto, las condiciones de posibilidad de una vida
desalienada, de una existencia libre.

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06/11/2009

CRÉER OU MOURIR

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La scène politique française offre ces temps-ci un spectacle tantôt ahurissant, tantôt désolant. Au mieux, on est surpris par le manque d’élévation et de cohérence programmatique des propos. Si l’on est optimiste, on se dit : « Tiens, quelque chose de nouveau se prépare. Tout cela ne peut qu’imploser. »

 

Je ne voudrais pas ajouter au flux des discours et des opinions. La critique du spectacle fait partie du spectacle. Ce qui m’intéresse, c’est de tenter de sentir si derrière l’apparent chaos, par-delà la manifeste monstruosité du corps politique français contemporain, le germe d’une période nouvelle se dessine.

 

Voici une première piste : la gestion immédiatiste des gouvernements actuels, qui a atteint son climax sous la figure de Sarkozy, est tombée si bas dans le confusionnisme qu’elle prépare, a contrario, un immense désir d’ordre chez les français, donc l’avènement d’un nouveau fascisme.

 

Deuxième piste : ce nouveau fascisme est déjà en place, mais c’est un néo-fascisme qui a appris de ses avatars précédents. Sa forme n’est plus celle de la répétition d’un ordre impérial, d’une hyperdiscipline mais au contraire l’apparence du désordre. Ce serait là une ruse extrême de la raison capitaliste : faire passer l’embrigadement des masses derrière une apparence de sympathique improvisation.

 

Autre hypothèse, connexe de la deuxième : le désordre est la forme actuelle de l’ordre. L’humain serait en train de vivre un processus de rebiologisation, de retour à l’état animal, c’est-à-dire de régression vers l’état où il est incapable de créer ses propres ordres. C’est à quoi l’on assisterait de manière épiphénoménale sur les scènes politiques du monde : la gesticulation d’une humanité qui ne sait plus créer, c’est-à-dire qui ne sait plus se donner de nouvelles lois, de nouvelles règles, de nouveaux espaces d’existence et de durable spiritualité. Pendant ce temps, un ordre s'étend toujours, qui n'a pas besoin de nous pour proliférer : l'ordre numérique, la logique des chiffres, des mesures d'ingénierie, du profit.

 

Je ne crois évidemment pas à la fatalité de cette période. Je crois que si notre impératif créatif sait se doter d'un programme, s'il sait devenir autre chose qu'une pratique instantanéiste de l'extase, nous pourrons allier liberté et ordre, aventure et édification, jouissance et civilisation.

 

 LdM

 

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05/11/2009

The sign of crealism

 



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From the standpoint of poetics and semiotics crucial in realism is the icon. It connotes re-production of reality, reflection (Lukacs), exact representation of life and objecti­ve world. The accent is on “fact”, data, event, on artist as a “mobile mirror” (Sten­dhal). Priority is given neither to the signifier nor the signified but to similarity of the signifier and object. Art should be “connected with life” in all its “nudity and truth” (Belinsky). In addition to the concept of reflection, realism is close to Platonism also in its didactic approach (“the writer is teacher”), reformism (“to improve society”) and “pragmatism”.


In modernism the sign is an index. It doesn’t reflect but indicates. It is referential, in-dictive (un-said), associative, indirect. Everything is indexed (story, emotions, cha­racters…), suggestion, allusion, allegory, hint… It is important to point, not to prove. Modernism develops and search for para-language, literarity, silence. Index represents reality as flow and permanent streaming, em­phasizing sophistica­tion of artistic work (artism)… pointing to the writing and artist rather than to the external world.


For postmodernism the sign is the idol, “phantom”, illusion, icon of something what doesn’t exist in reality (pagan statue; icon of god) – simulacrum. Idol implicates ideal without real, hyper, pseudo-reality which is “more real than reality itself” (Baudrillard) where the sign is “the purest and least legible form of domina­tion”. The main canon of postmodernism is cenon. “Algebraization” of semio­tics, “geometrization” of poetics, and mathematical models of com­muni­cati­ons… lead to elimination of the language “content”, meaning. Bor­rowed from structuralism the concept of language as central sign system and base for “deco­n­struction”, is now mystified. The result is sifr and cipher, code, system of re­gulations by which the sign is getting its status. This is the starting point of general cenonization, limitless arbitrary game and juggling, elimination of con­text as well as differences among “universes of discourses” (science, politics, ethics, es­the­tics…). Instead of realistic poetic illusion and modernist allusion we got world oblivion and elusion.


Crealism operates with specific symbolic sign – the virtex. This is a man’s (lat. vir) “yarn” (textum), both internal and external. It is a complete net of subjective and ob­jective: mind, meanings, interpretations…; object, signifier, signified…The sub­jective aspects are: project (sketch, plan, intention, aspiration…), disject (all po­tential meanings), conject (hint, contrivance, presentiment). Objective aspects are: inject (mark, imprint, notch…), adject (raw object, material…), traject (instrument, tool, means of connection…).  Newly obtained  creality is insepara­ble union of abstract and concrete, of material and ideal. Virtex expresses syn­thesis of nature and culture. It is free but not voluntaristic and unfounded. It is the imprint of spirit (longing for limitless horizons) in matter and social practice (its te­mporary limits). The spirit transforms the matter from a natural fact to a cultural artifact. Object (as artifact) transports the spirit to its further development. Inten­tionality (of coding and de-coding) enables polisemy, not chaos of meanings. Social practice favors convention not petrifaction of interpretation.


For the artist, virtex is actually vortex, whirlpool, maelstrom, whirlwind… It is his vertex (highest point) and has the greatest density, exceeding one-sided po­sitions of: dominance of the object (realism); dominance of the sig­nified (modernism); domi­nance of the signifier (post­modernism). The logic of crealism is simple enough: sign is created by men and for men. Creation means full connection of the object, the signified and the signifier.



Momir Nikic

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