08.02.2010
MANIFESTE DU CRÉALISME
______________
Huit points pour un Infini debout
1. Au coeur du réel agit une création continue, matérielle et spirituelle. "Le monde est/doit être ma création" est l'éthique différentielle des sujets singuliers. Vérité dont l'événement inter-relationnel ne cesse de surgir çà et là au fil de l'Histoire. Vérité souvent oubliée face aux humiliations décourageantes du "monde comme il va" et des "humains comme ils sont". Le créalisme n'est pas un anthropocentrisme qui séparerait artificiellement une nature-objet d'un humain-maître et possesseur. Il y a des complicités et des affinités actives entre le chaosmos et celui qui se rend digne de l'écouter et de l'oeuvrer.
2. Le capitalisme altère le monde et pousse les humains à vouloir altérer leur corps et leur âme selon des standards anxiogènes. Ce qu'il s'agit de viser (tant d'autres l'ont mieux clamé avant moi), c'est à une altérité différentielle en acte, une éthique amoureuse, politique, érotique, esthétique, cosmique, professionnelle faite d'ascèse aventureuse et de tentative héroïque de ne pas monnayer ses extases. La stance contre le nihilisme hypnagogique passe par cette exigence apparemment mégalomaniaque de déconditionnement en devenir, une politique po(i)étique qui tente de redonner à l'imagination désirante, à l'idéation volontaire et généreuse, à l'effort d'invention et de soutien de structures nouvelles leurs lettres de noblesse en matière d'existence.
3. Bien entendu, à l'échelle in-dividuelle, les résultats ne sont pas souvent spectaculaires. Le créalisme est une autodiscipline parfois ascétique dans un monde où les complicités durables sont rares (l'envie compétitive a colonisé toutes les sphères, y compris là où la tradition l'attend le moins), les obstacles froids fréquents (idiotie et indifférence) et les puits de mélancolie omniprésents. Mais le créalisme est aussi une extase sensible et mentale, une source et une manifestation de joie.
4. Le créalisme pose le primat de la créativité au coeur de l'être, et loin d'être agencé aux seules disciplines artistiques, il concerne la dynamique d'extension des territoires vivants, une praxis éprouvable et collective de la singularité. Sous cette acception, le Créel est un bourgeonnement imprévisible, un tissu vif d'interrelations à vocation non-déterministe, tandis que le Réel est son compost, son encadrement automatisé.
5. Pour ceux qui croient en "Dieu", le créalisme revient à supposer qu'Il n'est pas figé une fois pour toutes. Son identité change sans cesse à mesure de sa co-création par ses créatures. L'univers est une partition musicale en constante (re)composition, au fil de laquelle les improvisations sont toujours possibles. Nous sommes tous plus ou moins divins selon les moments de notre vie, tantôt dormeurs avides, tantôt acteurs et senseurs du Créel. L'accès au dialogue lucide avec les forces aimant(é)es du monde est plus aisé lorsque le sujet tient une certaine ascèse antimimétique et maîtrise ses pulsions de consommation et de régression, au prix d'un effort de renoncement aux (dé)plaisirs pavloviens. Pas facile, car le totalitarisme de la consommation et de la fange sans cesse nous mobilise en excitant nos neurones fatigués de ses messages en apparence contradictoires (fausse liberté de choix entre l'hygiénisme et le caboucadin). Chaque jour, le système capitaliste dépense des sommes énormes pour nous débiliser. Mais heureusement, même les débiles sont mentaux...
6. Contre les castrations des sinistres contempteurs d'envol, contre la colonisation de l'intime par les impératifs publicitaires duplicitaires, les créalistes ont toujours été de relatifs sacrificateurs de confort standard (un certain luxe leur est pourtant essentiel). Ils ont été des filtres de l'être, des haut-parleurs, des raffineurs de chaos. Suivons leur exemple, ou supportons encore et toujours les conséquences schizonévrotiques d'un monde rendu stagnant par notre abandon ou notre collaboration avec la misère marchande, la morose émulation simulatrice, la soumission à l'argent que nous confondons, comme l'écrivait Marx, avec autrui. Agir ou subir la honte quotidienne que tentent de nous infliger les soldats (autant de femmes que d'hommes) de la société de classes. Se faire so(u)rcier des formes, des intensités et des coïncidences, plutôt que d'accepter la banalité des codes d'une époque saturée de culs-de-sac.
7. Une situation de bouillonnement amoureux, des synchronicités, un désir de justice allant au-delà des revendications salariales, une belle joute sans hypocrisies entre adversaires nobles. Tout sauf la pusillanimité des élans atrophiés, l'abrutissement des stimuli et l'idiotie affamée, larmoyante, ricanante, fataliste. L'Histoire est triste ? Deleuze disait : "L'histoire désigne seulement l’ensemble des conditions si récentes soient-elles, dont on se détourne pour 'devenir', c’est-à-dire pour créer quelque chose de nouveau."
8. Le créalisme est une politique du Réel en tant que co-création en devenir, où le sujet cohérent-actif occupe une place co-centrale avec l'harmonium cosmique, où l'imagination, la passion, la volonté, l'art, le désir, l'amour redéfinissent sans cesse, au présent et en acte, les conditions de possibilité d'une vie désaliénée, d'une existence libre.
Luis de Miranda, 2007.
19:21 Ecrit par Luis de Miranda | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
05.02.2010
MANIFESTE DU CRÉALISME (chanson)
Au coeur du réel agit une création matérielle, continue, spirituelle
"Le monde est/doit être ma création" est notre éthique différentielle
Aux yeux singuliers la vérité inter-relationnelle
Ne cesse de surgir au fil de l'Histoire universelle
Vérité souvent oubliée face aux humiliations
Du "monde comme il va" et des "humains comme ils sont"
Le créalisme n'est pas un anthropocentrisme
Pas de vie-objet ni de maître de la Nature
Il y a des complicités dans notre activisme pur
Entre le chaosmos et notre digne tas d’os
Entre le chaosmos et notre digne tas d’os
Vérité souvent oubliée face aux humiliations
Du "monde comme il va" et des "humains comme ils sont"
Du "monde comme il va" et des "humains comme ils sont"
Le capitalisme altère le monde
Et pousse les humains à se croire immondes
À vouloir altérer leur corps en gène
Et leur âme selon des standards anxiogènes
Nous visons l’altérité différentielle en acte
Une éthique amoureuse, un pacte
Politique érotique, esthétique, cosmique, professionnelle
L’ascèse aventureuse originelle
La tentative héroïque de ne pas monnayer ses extases
Non, nous ne passons pas par une phase
Nous ne sommes pas dans le délire
Nous sommes l’avenir
Nous sommes l’avenir
La stance contre le nihilisme hypnagogique
Passe par cette exigence apocalyptique
De déconditionnement en devenir
Une politique po(i)étique fille de l’ire
Qui tente de redonner à l'imagination désirante
À l'idéation volontaire, généreuse, puissante
À l'effort d'invention et de soutien de structures nouvelles
Leurs lettres de noblesse en matière d'existence charnelle
Une tentative héroïque de ne pas monnayer ses extases
Non, nous ne passons pas par une phase
Nous ne sommes pas dans le délire
Nous sommes l’avenir
Nous sommes l’avenir
Nous sommes l’avenir
Bien entendu, à l'échelle in-dividuelle
Les résultats ne sont pas souvent spectaculaires
Le créalisme est une autodiscipline, une veille
Dans un monde sans air
Où les complicités durables sont rares
L'envie compétitive a colonisé toutes les sphères
Nous sommes les sentinelles du nouvel art
Evitant les obstacles froids, l’idiotie, l’indifférence
Les puits de mélancolie et les mers d’absence
Les réalistes et leurs idées rances
Le créalisme est une extase sensible et mentale
Une source de joie qui leur sera fatale
Le créalisme est une extase sensible et mentale
Une source de joie qui leur sera fatale
Une source de joie qui leur sera fatale
Le créalisme ose le primat de la créativité
Au coeur de l'être et de l’espace
Et loin d'être agencé aux disciplines patentées
Il concerne la dynamique de fusion des territoires de glace
Une praxis éprouvable et collective de la singularité
Un voyage où les sens ont retrouvé leur acuité
Le Créel est un bourgeonnement imprévisible
Un tissu vif d'interrelations invisibles
Le Réel est notre compost, notre aliment,
Sur les automates nous nous faisons les dents
Le Réel est notre compost, notre aliment,
Sur les automates nous nous faisons les dents
Pour ceux qui croient en "Dieu"
Le créalisme revient à supposer
Qu'Il n'est pas figé
Comme un petit vieux
Son identité change sans cesse
À mesure de nos créations d’ivresse
L'univers est une partition artisanale
En constante (re)composition musicale
Au fil de laquelle les improvisations
Tissent la toile de nos actions
Nous sommes tous plus ou moins divins
Selon les moments de notre destin
Tantôt dormeurs avides de sommeil
Tantôt acteurs et senseurs du Créel
L'accès au dialogue lucide avec les forces aimant(é)es
Est plus aisé lorsque le sujet passionné
Tient une ascèse antimimétique
Et maîtrise ses pulsions capitalistiques
De consommation et de régression
Au prix d'un effort de renonciation
Aux (dé)plaisirs pavloviens
Aux robinets du Rien
Pas facile, car le totalitarisme de la fange
Sans cesse de l’intérieur nous mange
Mobilise nos neurones fatigués
Par ses messages de fausse liberté
Entre l'hygiénisme et le caboucadin
Notre détresse n’a d’égale que notre faim
Le système dépense pour nous débiliser
Il commande et tout le monde ment
La grande méduse nous use
Mais heureusement, accrochés à nos radeaux
Nous savons que même les débiles sont mentaux
Mais heureusement, accrochés à nos radeaux
Nous savons que même les débiles sont mentaux
Contre les castrations des contempteurs d'envol
Contre la colonisation de l'intime par les viols
Du crâne par les impératifs publicitaires
Et les promesses duplicitaires
Les créalistes ont toujours été de relatifs sacrificateurs
Du confort standard autant que de la peur
Ils ont été des filtres de l'être,
De hauts parleurs, des raffineurs du paraître,
Dans un monde rendu stagnant
Par notre abandon du présent
Et notre collaboration avec le cloaque marchand
Avec la morose émulation simulatrice
Avec la soumission à l'argent factice
Que nous confondons avec autrui
Avec le désir, avec la vie
La morose émulation simulatrice
La soumission à l'argent factice
Que nous confondons avec autrui
Avec le désir, avec la vie
Agir ou subir la honte quotidienne
Que tentent de nous infliger les soldats de la haine
De la non-société de classes
Aux changeantes impasses
Se faire so(u)rcier des formes
Des intensités et des coïncidences
Plutôt que d'accepter la norme
Et les codes timorés de l’indécence
Ne plus se fier qu’au sens des sens
Même accablés par le silence
Ne plus se fier qu’au sens des sens
Même accablés par l’abstinence
Ne plus se fier qu’au sens des sens
Même accablés par l’innocence
Une situation de bouillonnement amoureux
Des synchronicités, un désir heureux
De justice allant au-delà des revendications du vice
Une belle joute sans hypocrisies entre adversaires complices
Tout sauf la pusillanimité des élans atrophiés
L'abrutissement des stimuli et l'idiotie affamée
Larmoyante, ricanante, automatisée
L'Histoire est triste ? Elle suscite le repentir ?
L'histoire désigne les conditions dont on se détourne pour devenir
C’est-à-dire pour rallumer le flambeau
En créant quelque chose de nouveau
Le créalisme est une politique du Réel
Un voyage sur les ailes
De la co-création en devenir
Où le sujet cohérent-actif de notre désir
Occupe une place co-centrale avec l'harmonium cosmique
Où l'imagination, l’amour, la volonté, l'art, l’éthique
Redéfinissent sans cesse, au présent et en acte
Les conditions de possibilité
D'une vie désaliénée
Les conditions de possibilité
D'une vie désaliénée
Les conditions de possibilité
D'une vie désaliénée
Nous vous proposons un pacte
Nous vous offrons cette danse
Pour une libre existence
Quelle chance !
Nous vous offrons cette danse
Pour une libre existence
Nous vous offrons cette danse
12:39 Ecrit par Luis de Miranda | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


