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17/09/2010

What is crealism ?

 

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Crealism is a philosophical, artistical, political and existencial movement founded by Luis de Miranda in the years 2000. The term "Créel" (Creal, from creation and real) was coined by Miranda in his french novel Paridaiza and his essay on Deleuze - "Is a new life possible ?" The influences are, among others, Nietzsche, Bergson and Deleuze. Creal is the name of Life as a mostly invisible vibration : the vital fluxus in its ever creative becoming. Crealism is the cult of Life as Creal, and the loving respect of the differences that want to emerge to existence.

 

We should not understand crealism as a mere reactivation of the protagorean view, too anthropocentrical, wich considers that Man is the main creator and Life a manipulable stock. Crealism doesn't affirm that Man is the main creative being. Man can't create without the help of the Creal, the chaosmos. Humanity ordinates worlds among the multiple virtual possibilities of the crealia flow : it is Life, essencially, that creates and Man, more or less alive, merely ordinates the flow acording to certain axes, and codes that produce reality. Politically, we should not consider this codes as truth, but mere ordinated realities.

 

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16/09/2010

La tribu créaliste

 

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L’entrée en résistance apparaît à certains comme une figure de rhétorique. Bien que rien en eux, en elles, n’affirme plus le monde totalitaire et déraciné dans lequel nous combattons, l’oniroptimisme et la peur de la marginalisation empêche la plupart d’accéder à une critique radicale, c’est-à-dire active et de cohésion. Pendant ce temps, la pensée est moquée, sous couvert d’une attaque de l’intellectualisme glacé, et l’on prétend le concept superflu au bien vivre. Refuser ce monde du lucre et du sucre avec des postures néo-villageoises prônant l’adoration du soleil et de l’amour peut s’avérer agréable lorsqu’on s’est retiré dans une privacité relationnelle limitée au couple ou à la sphère amicale apolitique. Mais il s’agit de combattre réellement plutôt que de faire un pas de côté, pas de danse d’ailleurs éphémère. La radicalité d’une démarche qui ne s’embarrasse plus de l’illusion d’être entendue de plus de quelques rares et inquiètes oreilles nous porte à croire que l’hypothèse sociologique parfois moquée des tribus, probablement fausse comme diagnostic, devient pertinente comme pronostic, arme de guerre, à condition que ces tribus soit éminemment politiques. Mais le politique tombe si souvent lui aussi dans les mailles d’un humaniste de fête qu’on ne saurait trop lui conseiller de se faire philosophant et entrepreneur. Notre tribu politique sera créaliste, c’est-à-dire qu’elle aura soin de maîtriser, sujet par sujet, les forces de production essentielles à la constitution de mondes les plus autonomes et différentiels possibles. Aussi ne saurait-on que conseiller aux observateurs critiques, mais misanthropes, de faire l’effort de se constituer une place opérante au service de cet équipage relié par une aura magique, mais administré selon des règles parfois moins idéales. Dans cette tribu, il faudra renoncer sans doute au leurre d’être tout à la fois. Tous ne seront pas sorciers, à conditions que les sorciers se singularisent et s'oublient dans le rassemblement de toutes les voix. Des flux de sèves relieront les sujets en partie désindividués. Pour y arriver, long et âpre est le chemin. Mais il ne manque pas de saveur et de musicalité.

 

Luis de Miranda

 

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12/09/2010

Vers une théorie des crealia

 

Chaque système repose sur des éléments primordiaux qui gèrent les échanges entre individus.

Le système réaliste repose sur les realia : ce sont des objets tangibles (briquet, table, téléphone...).

Le système quantique a pour unité le quantum, pluriel quanta : en physique, cela désigne une quantité d’énergie dégagée par une interaction.

Le système sensible a pour unité le quale, pluriel qualia : en philosophie analytique, cela permet de désigner une impression de conscience. C’est une donnée subjective, un ressenti.

Le système créaliste repose sur les crealia : c’est le versant « scientifique » de notre recherche que d'arriver à une compréhension exacte de ces unités différentielles génériques, vibratoires. Une société créaliste, me semble-t-il, s’appuiera sur ces éléments créatifs fondamentaux comme unités de relation. Posons pour l'instant, de manière volontairement elliptique, que les crealia sont des moments soniques, des ondes où l'existence rencontre du nouveau.

Luis de Miranda

 

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11/09/2010

Une vie nouvelle est possible

 

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Photo prise à la British Library de Londres, le 20 avril 2010 à midi.

 

 

 

Pour que le Je soit l’expression d’une vérité réelle, il faut que le Je puise dans l’inconscient différentiel, dans le fond de l’être. L’éclair ne sera réel, pleinement vivant, que s’il est l’expression du fond de la nuit. La seule façon pour le Je de devenir singulier, c’est-à-dire de déployer dans la monstration la synthèse active des multiplicités qui le traversent, c’est la volonté de faire exister ce qui n’existe pas. Un Je qui se laisserait prendre dans le jeu des répétitions coupantes finit par tomber dans le vide de sa fêlure, et la parcourt en direction descendante, se débattant en s’accrochant à tort aux lignes de coupure répétitives : « Tu dois recommencer ta routine sociale. » Pour parcourir la fêlure en direction ascendante, l’exercice est de laisser monter le fond, l’éruption monstrueuse, le répéter de la vie. C’est ce que nous appellerons en conclusion une hyperstase.

Pour que l’éruption de la différence ne se fasse pas anarchiquement, sans créer une forme linéaire ascendante, alors il faut une volonté, un axe qui se dit ainsi : faire exister ce qui n’existe pas, « faire exister quelque chose que vous n’emprunterez pas à l’existant. »[1]

Voici ce que Deleuze dit lors d’un cours à Vincennes : « Parce que le monde moderne est tumulte et chaos, la tâche de l’homme moderne est de sortir du tumulte et du chaos. Comment ? En construisant une vie spirituelle à part – voyez, c’est le contraire de la dialectique moderne, de la dialectique hégélienne – en construisant une vie spirituelle à part, c’est-à-dire une vie spirituelle qui ne doive rien à ce qui existe, mais vous devez la faire exister, c’est à vous de faire exister quelque chose que vous n’emprunterez pas à l’existant. »

Voilà la condition pour devenir une figure non fermée sur elle-même, pour ne pas rester dans le possible de la représentation : vouloir non pas sortir de soi, car c’est impossible, mais « faire la différence » par soi : « De la différence, il faut dire qu’on la fait. »[2] Et, ajouterons-nous, il faut faire qu’elle se dise.

Un individu qui ne chercherait pas à laisser la différence se faire par lui, à travers lui, n’atteint pas à la singularité. Là encore, l’inspiration de Deleuze est nietzschéenne : « À l’élément spéculatif de la négation, de l’opposition ou de la contradiction, Nietzsche substitue l’élément pratique de la différence. »[3] Ce que veut une volonté, c’est affirmer la différence, qui n’est pas une différence de l’ego, et il y a une jouissance de la différence qui est d’habitation, de symbiose avec l’être. Il faut comprendre que cette différence n’est pas hiérarchique selon les règles des lignes de coupure sociales, elle n’est pas compétition dans la manipulation des étants, elle est stance axiale accueillante de l’être, de la monstruosité fondamentale infranaturelle, de la lave souterraine coulant entre ce que nous appellerons la novation et le vide. Je répète à chaque instant, retenant mes déterminismes : « Ne pas répéter. » Et je fais la différence – jusqu’à la rechute de la fêlure, car nulle rétention ne peut longtemps tenir face à l’ego.

Aucune singularité qui ne se soutienne pas de la ligne de rupture, mais qui ne se contente pas de fuir, puisqu’une fuite perpétuelle est d’ailleurs impossible. C’est en tenant compte des trois lignes, de la coupure, de la rupture et de la fêlure que l’individu peut devenir singulier, c’est-à-dire fêlure ascendante. C’est pourquoi il n’y a qu’une seule ligne, comme Deleuze l’a suggéré. Et cette ligne est un flux qui monte ou descend en zig-zag et qui fait parfois éclater les bouchons égotistes, se heurtant ici à une coupure, là à une rechute.

Ce n’est pas seulement un travail de la pensée par lequel la différence se fait singulièrement, car la pensée ne sait pas faire la différence entre le possible et le réel. Pour que la singularité soit singulière, elle doit faire parler le réel par le corps, les sens. Mais le réel qui se manifeste, c’est de la différence couplée au possible de la pensée et aux coupures égotistes. C’est un mouvement incessant, sisyphien, et l’individu qui se croirait arrivé retomberait « hors du plan » et deviendrait objet.

L’exercice du faire-exister-ce-qui-n’existe-pas n’est pas un travail à réaliser une fois pour toutes, mais un perpétuel effort, sans fin, qui a chaque instant risque de retomber dans la coupure ou la séparation représentative. À chaque instant le monde devient objet et à chaque instant la volonté recréé le sujet. Mais peut-on jamais séparer le sujet de l’objet, peut-on couper en deux un éclair, ou dire que d’un côté de l’éclair ce n’est pas la même nuit que de l’autre côté ?

Je suis présent dans un lieu, entouré de personnes. On me somme d’avoir une identité, c’est-à-dire qu’on me somme de choisir ma ligne de conduite. Vais-je montrer une identité de coupure, par exemple un diplôme ou un titre ? Vais-je montrer une identité de rupture, c’est-à-dire pousser un cri, un rire délirant ou tenir des propos « incohérents » ? Vais-je montrer ma fêlure, c’est-à-dire pousser une complainte légère, comme en passant, ou répondre à côté, par une métaphore ? Chaque fois que je tente de manifester ma présence par une ligne de conduite, je me fais objet, je mime le vécu.

Mais alors, dira-t-on, où est le problème ? Il « suffit » donc de vouloir faire exister ce qui n’existe pas, de se mettre dans cette tension d’accueil de la différence, pour devenir un soi plutôt qu’un petit ego ? Rien ne suffit, d’une part parce que la singularité demande un courage quotidien, ensuite parce que le problème du Je est qu’il ne fait jamais qu’exprimer un point de vue local. À la limite, le sujet voudrait bien exprimer tous les points de vue à la fois, mais ce serait sombrer dans la rupture de la folie, et encore sans parvenir à être complètement multiple. Le Je fêlé est inscrit dans la temporalité et ne peut donc exprimer purement le spatium pur de la différence. Il ne peut dire, dans la succession temporelle, que : Je + Je + Je + Je (ou alors non-Je + non-Je + non-Je…) et ne peut jamais être complètement flux continu pour lui-même. Faire exister la différence, ce n’est pas si simple, car l’individualité humaine est un cogito qui est à chaque instant une affirmation menacée d’un doute ou d’un oubli.

Faire exister la différence, c’est la répétition pure du Je ne répète pas, un effort dans le sens de Maine de Biran : « L’effort emporte nécessairement avec lui la perception d’un rapport entre l’être qui meut ou qui veut mouvoir, et un obstacle quelconque qui s’oppose à son mouvement. Sans un sujet ou une volonté qui détermine le mouvement, sans un terme qui résiste, il n’y a point d’effort, et sans effort point de connaissance, point de perception d’aucune espèce. »[4]

extrait de UNE VIE NOUVELLE EST-ELLE POSSIBLE ? (éditions Nous)
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[1] Cours à Vincennes du 17/05/1983 retranscrit par François Zourabichvili,webdeleuze.com.

[2] Différence et répétition, chapitre premier, p. 43.

[3] Nietzsche et la philosophie, chapitre premier, p. 10.

[4] Influence de l’habitude sur la facultée de pensée, 1802.

 

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the ever creative flow of Sound

 

 

 

blossom.jpgHere we are, navigating on this vast sea of data, sometimes looking for something, sometimes just spending time as wanderers. Some of us think this world is new, others feel it is old and decadent. What do we know ? We have our intimate impressions, and we take them for granted, as we sense nothing is surer than our sensations. But this sensations can also be confused.

 

(click on the image to continue...)

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08/09/2010

Devenons créalisateurs, unissons nos désirs

 

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Extraits du discours de Luis de Miranda du 6 septembre 2010

au bar-librairie de La Belle Hortense, Paris

 

 

 

Votre instinct vous a soufflé que la Vie s’est donné rendez-vous à la Belle Hortense, ici et maintenant. La Vie, et l’existence humaine la plus proche de ce flux créatif incessant et vibrant qu’elle tisse sous les phénomènes. Je vous parle d’un territoire inexploré. Je vous parle de l’aventure de demain, d’aujourd’hui. L’aventure de la Vie qui, plus que jamais, doit s’infiltrer partout. Vous êtes ici parce que vous postulez à la plus grande multinationale qui ait jamais existé. Vous êtes les entrepreneurs de la Vie et vous avez envie d’inventer votre travail, qu’il soit aussi intense que vos désirs, votre émerveillement, votre sens du miracle quotidien et de la réussite la plus intime.

 

Oui, il existe une association créaliste, et cette association a pour but de devenir une fondation, avec des moyens financiers et humains pour réaliser des projets que vous aurez imaginé avec nous. Nous ne sommes pas de simples rêveurs, mais des pragmatiques. Nous sommes et la cigale et la fourmi. Quelle est notre raison sociale ? Nous voulons favoriser la cohabitation de mondes centrés sur l'acte co-créateur, et permettre au flux vital de s’incarner davantage dans nos heures et nos minutes. La Source est immense et seule une infime partie, parfois au goutte à goutte parvient à nos lèvres. Nous ne pouvons imaginer que d’autres que nous détiennent les clés des robinets de la Vie. Nous ne pouvons accepter que d’autres que nous nous dictent les formes et les figures que nous devons prendre pour survivre. Nous nous employons à rendre la Vie historique, sous les formes les plus diverses et riches. Notre ennemi, c’est le standard, l’uniformité des possibles, la consommation de la liberté. La Vie, vous le savez maintenant, c’est le flux de tous les possibles, dont la plupart nous restent généralement invisibles et inaccessibles. Une société humaine vit de la répétition de codes qui ne sont qu’une historicisation infime de la Vie, comme si nos corps n’étaient autorisés à vivre qu’avec une certaine quantité d’énergie. Seuls les individus qui adoptent, cheville au corps, une discipline de sécularisation des multiples que secrète l’Absolu Vital parviennent à apporter du sang frais à nos mondes vieillissants, à nos modes sclérosés...

 

L’entreprise créaliste, le Créel, ce centre de recherche pour l’émergence d’une existence libre, vous embauche. La rémunération est très élevée. Bien entendu, elle ne se chiffre pas en euros ni en dollars. Elle se chiffre d’abord en liberté, en intensité d’existence, en cohésion, en fête de vivre, en don de travail, en dépassement du doute, de la culpabilité et de l’esseulement. Les aventuriers du créalisme, vous, créent aujourd’hui l’espace de travail qui demain leur permettra de vivre de manière épanouie, incandescente, héroïque et sereine. Ils préparent aujourd’hui les miracles de demain.

 

Nous devons être un tant soit peu solidaires. Pas au sens où nous serions collés les uns aux autres avec de la glue, mais au sens où la solitude involontaire ne doit pas exister au sein du mouvement créaliste. Vous devez vous entraider. Comment ? En aidant d’abord l’association. Nous devons louer un local pour que vous puissiez venir travailler et préparer ensemble les projets communs qui nous animeront. Jusqu’ici, nous n’avons procédé à aucune demande de cotisation. Aujourd’hui, nous passons à l’étape supérieure. Il est temps de nous organiser. Il est temps de construire une fondation ambitieuse. Il est temps de lancer aujourd’hui les projets qui nous nourriront demain, matériellement et spirituellement. Déjà, quelques uns d’entres vous, les plus actifs, s’apprêtent à travailler au sein de l’association parce qu’ils ont compris qu’elle était comme une perle qui refermait leur avenir. Je vous demande de marquer votre engagement en faisant un don à l’association. Le don de votre travail par exemple.

 

Car nous devons être pragmatiques. Le créalisme n’est pas que le supplément d’âme des soirées ivres. Ce n’est pas qu’un autre mot pour dire le fun. C’est, je le répète, une entreprise multinationale. Notre vocation, ce sera de transformer vos désirs en réalités. Notre métier, ce sera apparemment l’impossible, l’apparemment fou, le jeu collectif, en adéquation avec les forces vitales, dans toute sa magie. Ce que vous aimeriez voir dans le monde, pourquoi ne pas faire qu’il émerge ? Ces idées fantaisistes qui nourrissent vos rêves d’un monde meilleur, pourquoi ne pas les rendre tangibles, les incarner ? Vous savez bien que rien de grand ne se fait sans passion, comme l’a dit le père de la dialectique, et que la passion est toujours folle aux yeux des réalistes, toujours trop débordante aux yeux des castrateurs. Et il y a en chacun de nous un castrateur ou une castratrice qui sommeille. Notre entreprise sera à l’affût des miracles qui pointent leur nez chaque jour sous la forme d’une idée neuve, d’une proposition inouïe, d’une opportunité de complicités extatiques, d’un besoin imperceptible de sensualité spirituelle. Nous pouvons tout inventer car nous savons que tout ce qui fait monde a été inventé. Les obstacles sont des idées fixes. Or les réussites naissent aussi d’idées fixes. Et notre idée fixe, c’est que le monde doit manifester la richesse qui circule dans nos veines, dans nos têtes, au cœur de notre soif d’harmonie et de notre passion rieuse.

 

Nous vous offrons une aventure et un emploi. Le cadre est là, c’est l’association et demain pourquoi pas une fondation. L’équipe se constitue petit à petit. Les idées, nous en avons, nous en aurons. Il y a des dossiers à monter, des équipages à lancer sur les mers, un mode opératoire à mettre en place. Un monde nouveau ne peut que naître de notre civilisation en mal de changements. Ce monde nouveau, il tient entre autres à nous, créalistes, de lui donner ses couleurs et ses saveurs.

 

À la fin de ce discours, certains se demanderont toujours ce que concrètement nous allons faire au sein de l’entreprise créaliste, en oubliant de penser de manière créaliste, car ce que nous allons faire, c’est ce que vous allez faire. Ne vous adaptez pas au créalisme. Créez le créalisme. Nous sommes, pourquoi pas, le laboratoire et la matrice d’une nouvelle espèce humaine. Nous sommes, tant bien que mal, des embryons de la race des Surpoètes, ceux qui mettent au centre l’acte de poïesis, de création incarnée. Nous concevrons des projets qui nous paraissent favoriser une existence plus libre, plus joyeuse, plus active pour chacun de ses acteurs. Nous aimons l’amour, la philosophie, l’art, l’aventure, le jeu et nous ne voulons pas reléguer ces passions au rang de loisirs du dimanche. Nous en avons assez de l’ego trip vain, et nous ne voulons pas d’un monde où ceux dont on croit qu’ils ont tout génèrent l’envie de ceux qui ont moins. Nous ne sommes pas faits comme des rats. Nous voulons insuffler le meilleur de l’humain dans le travail, dans le quotidien. Demain, la fondation créaliste sera composée de vous et de scientifiques, de juristes, de spécialistes dans tous les domaines pour changer les codes existants et les rendre moins tristes, plus favorables à une vie où tout le monde ou en tous cas beaucoup plus de monde qu’aujourd’hui se sentiront privilégiés. Nous ne sommes pas capitalistes car nous ne croyons pas que l’argent et la plus-value doivent réguler nos rapports sociaux. Mais nous utiliserons pour l’instant, entre autres, le cheval de Troie capitaliste pour financer nos folies et prendre, petit à petit, la forteresse morose et caricaturale des marchés et des actionnaires...

 

Que ce soit dans l’art, dans notre rapport à la nature, dans l’éducation, dans l’administration, dans les médias, dans l’architecture, dans la science, dans la pensée, dans la mode, dans tout ce que vous voudrez, nous voulons initier des projets qui se réaliseront et qui changeront notre vision du monde et des possibles. Pour cela nous devons nous appuyer sur des forces de production existantes et en détourner certains canaux, certains flux à notre avantage... Nous ne voulons plus être gouvernés par le chaos organisé de ceux qui pensent détenir les clés du réalisme économique et politique. Pour cela, il conviendra d’agir, d’œuvrer, de jouir et de penser en même temps. Car le créalisme est aussi une philosophie incarnée, une manière de faire des mondes qui s’avance en pensant et en remodelant nos préjugés, nos croyances, nos entraves. On ne devient pas un magicien du monde en contemplant les écrans.

 

Le Créel, le centre de recherche pour l’émergence d’une existence libre existe. C’est notre association. Une entreprise d’un genre nouveau est en train de naître. Le mot d'entreprise convient-il d'ailleurs encore ? C'est une nouvelle civilisation dont nous accompagons l'émergence. Nous ne partons pas de l’objet mais de l’esprit. Nous ne partons pas du marché mais du cœur des hommes. Nous ne partons pas de ce qui est possible mais de l’inconnu. Nous ne partons pas de la société de consommation mais d’un rêve de civilisation où chacun occuperait une place dont il se réjouisse. Nous ne partons pas d’une idéologie belliqueuse mais de la joie aristocratique d’agir ensemble. Nous savons qu’il faudra nous battre, nous savons que dehors c’est la guerre, une forme de guerre absurde qu’on appelle la loi du marché, celle qui met les chiffres au-dessus de nos existences, celle qui place l’argent sur le trône de notre destin. Si vous trouvez notre raison sociale irréaliste ou insensée, alors demandez-vous s’il est sensé d’avoir pour raison sociale de faire fructifier un argent virtuel en créant toujours plus de dette et de pauvreté, s’il est sensé de produire en générant toujours plus d’obésité mentale, de surpopulation, de pollution et de déchets intraitables, demandez-vous s’il est souhaitable d’avoir pour raison sociale de fabriquer de la bêtise et de l’idiotie en masse, demandez-vous s’il est sensé de vouloir que toujours plus de personnes achètent des objets qui ne feront, au-delà du prurit illusoire de l’espoir que l’on place dans les marchandises, qu’augmenter la solitude malheureuse, la frustration et le recours à la vente de soi. Si vous pensez que nous vivons dans un monde de libertés où chacun fait ce qu’il veut, alors faites ce que vous voulez. Si vous avez peur du groupe, dites-vous que vous n’y échapperez pas : si cela n’est pas déjà le cas, vous travaillerez demain en groupe, dans une entreprise ou une administration qui aura pour logique, le plus souvent, le court terme et la gestion panique du désordre. L’aventure créaliste elle (parmi d’autres belles entreprises), tire sa force d’une raison sociale à l’horizon ample : une nouvelle espèce humaine qui aura réussi à historiciser, à socialiser l’épanouissement de notre joie.

 

 

Le désir d’utopie est ce qui nous porte au-delà de nos chaînes. Bien entendu, la perfection est une idée dangereuse. Du passé, nous ne faisons pas table rase mais nous en tirons prudemment les conséquences. Nous croyons qu’une société où chacun puisse se sentir le créateur de sa vie est meilleure qu’une société où il faut toujours s’adapter, renoncer, obéir, suivre, imiter. Nous créons la classe sociale unique de demain, celle des créateurs de mondes habitables, celle des créalistes.

 

Ne vous demandez pas ce qu’est le créalisme : répondez par vous-même, en agissant, en oeuvrant. En quittant votre quant à soi et l'échelle de valeurs qui a cours dans le monde du pouvoir en place : plus-value et plus-de-jouir. En vous inscrivant, non sans une part de sacrifice, dans le mouvement créaliste plutôt que de rester atomisés dans vos projets dividuels, si beau soient-ils. L’année qui vient sera celle de l’organisation et du développement concret et organisé de la vision créaliste. Les premiers seront les pionniers. Nous créons le monde.

 

 

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01/09/2010

NOUS SOMMES LE CORPS DU SURPOÈTE

 

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Si l’on désire qu’explosent les scléroses du monde, il faut s’identifier à un axe fixe, comme une colonne vertébrale autour de laquelle se déchiquète le chaos. Cet axe créateur qui seul survivra à l’apocalypse, c’est le Surpoète. Il ne s’agit pas d’une seule personne, mais d’un collectif, d’une idée incarnée et sonique dont quelques corps musicaux se sont plus imprégnés que d’autres.

Il ne faut pas penser que l’ennui est une affaire personnelle. L’ennui est aujourd’hui produit en masse, c’est le résidu de la lâcheté et de la bêtise, de la peur et de l’absence de courage. L’ennui, c’est la division, l’atomisation des consommateurs réifiés et sans horizon.

Vous tenez ce texte entre vos mains ou vous le lisez sur un écran, qu’importe : c’est que vous sentez monter en vous les forces du Surpoète et que vous savez la fragilité d’une exuvie, d’une nouvelle naissance. Nous devons nous soutenir les uns les autres. On ne devient pas un Surpoète sans souffrir dans sa chair de terribles moments de solitude, de sensation d’étrangement. Ceux qui s’accrochent à l’ancien monde vous feront payer cher votre ralliement. Ne sous-estimez pas leur méchanceté et leur idiotie : gardez pourtant votre générosité conquérante, votre tolérance créative, qui sont le vrai pouvoir. Attendez-vous à chaque instant à subir le çabotage de ceux dont vous espérez qu’ils aient les yeux ouverts. C’est au moment de prendre une décision que leur bêtise éclate. Dans l’indétermination d’une discussion abstraite, ils peuvent faire illusion, ils seront d’accord avec vous, ils approuveront toutes les folies. Mais au moment de décider, au moment de passer à l’acte, de faire jouer leur embryon de pouvoir en votre faveur, ils redeviendront lâches, asservis à la crainte, à l’argent, à la conformité de leur esprit de caste. Enjoués ou somnolents, ils sont les ennemis des Surpoètes.

Qu’importe. On peut dire que la vie est belle car elle se donne aux Surpoètes, ces compositeurs et chefs d'orchestre du Créel. Les autres sont déjà morts, ils s’agrippent, ils font durer leur monde infâme en s'accrochant à leurs contradictions, ils créent des trous noirs de turpitude, ils alimentent les tentacules du poulpe, ils pèsent, ils déchiquètent les ailés avec leurs dents, ils croient avoir le sens des réalités, ils sourient et nous voyons des squelettes et des crânes.

Qui est le Surpoète ? Que veut-il ? Patience : vous le sentez en vous. Laissez monter ces impressions par touches de lumière, ne cherchez pas d’emblée à minéraliser le monde naissant par des raccourcis idéologiques. Concentrez-vous d’abord sur cette seule idée : le Surpoète est celui qui crée le monde dans lequel il vit. Bien entendu, il est fils du poète, il aime donc le beau, il admire le sublime, il contemple les manifestations de la vie dans ce qu’elles ont de plus divin, de généreux, de générique. C’est un être esthétique mais non asservit à la logique de la réflexion, ni au règne du voir. C'est un chantre de l'ouïr.

 

Luis de Miranda

 

 

 

 

 

 

 

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